Blockchain : pourquoi les assureurs doivent l'adopter

Blockchain : pourquoi les assureurs doivent l'adopter

Le développement de smart contracts (ndlr : contrats intelligents basés sur le transfert automatisé de valeurs), le concept au coeur de la blockchain, va permettre de réduire les coûts, d'améliorer la gestion des sinistres et d'encourager le développement de l'assurance indicielle ou paramétrique, selon une étude de PwC.

Plus de la moitié des assureurs ne savent pas encore comment s'approprier la Blockchain, selon le cabinet Pwc. Pourtant, cette technologie, qui permet de stocker et de partager de l'information de manière sécurisée sans tiers de confiance, devrait bouleverser les usages et la chaîne de valeur dans l'assurance, en réduisant les coûts et en permettant le développement de nouveaux marchés.

La Blockchain peut ainsi servir à établir des smart contracts. Egalement appelés contrats intelligents en Français, il s'agit d'un contrat entre deux ou plusieurs parties, électroniquement programmable et dont l’exécution se fait automatiquement en fonction de l’apparition d’événements particuliers prévus dans le contrat. La donnée nécessaire à l’exécution d’un contrat est remontée en temps réel par un nouveau tiers de confiance, « l’oracle », qui utilise une série de capteurs (objets connectés) pour tracer les événements. Dans le cas d’une assurance annulation pour un voyage en train, par exemple, l’oracle rapporte l’heure d’arrivée du train en temps réel pour la comparer avec l’heure d’arrivée prévue initialement dans le contrat.

Assurance à la demande

Les smarts contracts - au coeur de la technologie blockchain - devraient ainsi encourager le développement de l'assurance indicielle ou paramétrique, qui se déclenche lorsqu'un seuil est franchi (niveau de pluviométrie, température, vitesse du vent), ainsi que l'assurance à la demande grâce à une indemnisation automatique des sinistres. "De plus en plus aujourd’hui, du fait notamment du boom de l’économie de partage, les assureurs proposent déjà des produits dont la souscription peut être activée à la demande. Avec la blockchain et l’IoT, le contrat d’assurance, la déclaration de sinistres et le remboursement pourront s’activer automatiquement à partir du moment où le bien partagé est équipé d’un capteur détectant le début ou la fin de la prise en main par l’assuré, ou tout autre événement déclenchant une déclaration de sinistre ou un remboursement", explique Pauline Adam-Kalfon, directrice PwC spécialisée dans l’assurance.

Les processus de gestion de la souscription, de la tarification et du traitement des sinistres pourraient devenir plus rapides et plus efficaces, ce qui permettrait également aux assureurs de proposer des offres plus compétitives en matière de prix. La blockchain devrait ainsi permettre aux assureurs d’accélérer la personnalisation de leurs produits mais aussi de proposer de nouveaux services comme par exemple les remboursements en temps réel dans le cas d’un sinistre. "Dans quelques années, la blockchain devrait même permettre de réévaluer les prix en direct en fonction du comportement et des profils de risque des clients", estime Pauline Adam-Kalfon.

Un cadre juridique inexistant

Avant de pouvoir être mise en application à grande échelle, la Blockchain devra toutefois surmonter quelques obstacles. A commencer par la définition d'un cadre juridique approprié. « L’enjeu réglementaire dépasse le cadre national au regard de la diversité des lieux géographiques et des acteurs ayant recours à la blockchain. Il appelle donc à l’établissement de normes techniques standardisées au niveau international, mais aussi à un encadrement international du consensus d’utilisation des données personnelles des participants afin de garantir les droits des personnes concernées, et d’encadrer la sécurité du système », analyse Pauline Adam-Kalfon. A horizon 5 ans, prédit PwC, la Blockchain devrait révolutionner les processus des entreprises.

La blockchain, mode d'emploi

La blockchain est une technologie permettant le stockage et l’échange d’information/valeur de pair-à-pair (P2P). Elle est structurellement accessible, partagée et sécurisée grâce aux algorithmes de consensus. Il s'agit de programmes informatiques grâce auxquels les différents nœuds (ordinateurs indépendants) se mettent d’accord sur un résultat : d’abord, chaque ordinateur vérifie une information, puis l’envoie aux autres. Une fois toutes les informations reçues, chacun exécute le même algorithme pour choisir le bon résultat. La blockchain est ouverte et fonctionne de manière décentralisée et continue grâce à l’activité des utilisateurs qui peuvent héberger l’information ; et aux algorithmes de consensus qui la certifient par bloc, ou unité d’information. Les utilisateurs qui font tourner ces algorithmes sont appelés mineurs. Lorsqu’un bloc est validé, il est ajouté à la chaîne de blocs (blockchain) et partagé avec le réseau. Les blocs sont liés les uns aux autres de telle sorte que si l’on veut modifier un bloc, on doit modifier toute la chaîne. La Blockchain permet ainsi la désintermédiation, ou le remplacement des « tiers de confiance ».

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