Contrats santé au 1er euro, un marché convoité

Contrats santé au 1er euro, un marché convoité

Malgré la réforme de l’assurance santé des frontaliers travaillant en Suisse, le remboursement des frais de soins au 1er euro attire de nouveaux acteurs.

Depuis 2014 et la fin du droit d’option qui permettait aux résidants français travail­lant en Suisse d’être affiliés dans le pays de leur choix, le marché des contrats santé au 1er euro s’est singulièrement rétré­ci. S’il existe encore quel­ques dizaines de milliers de frontaliers travaillant au Luxembourg et en Allemagne à assurer, le plus gros bataillon des 170 000 résidants français salariés au sein de la confédération helvé­tique a disparu. De ce fait, le marché des contrats au 1er euro est surtout constitué des expatriés. Selon le ministère des Affaires étrangères, près de 1,8 million de Français vivaient à l’étranger fin 2016. Ce chiffre ne constitue qu’une indication : l’enregistrement auprès des consulats n’a rien d’obligatoire, et il faut lui soustraire les personnes qui bénéficient du maintien de la Sécurité sociale, à l’instar des 90 000 adhérents de la Caisse des Français à l’étranger et leurs ayant droits.

Le contrat au 1er euro se différencie vraiment de la complémentaire santé : c’est un risque de pointe. Dans certains pays, une hospitalisation en urgence peut se traduire par une facture dépas­sant les 100 000 €. L’assureur doit avoir les reins solides, et les acteurs du marché sont bien les poids lourds du secteur : Allianz, Axa, Groupama-GAN, Generali… qui se partageraient de 800 M€ à 1 Md€ de primes, commissions comprises, selon des estimations partagées.

Un dispositif coûteux

Répondre aux besoins en santé des assurés installés à l’étranger exige également une gestion adaptée, et certains courtiers y ont vu une opportunité de développement. « La gestion, c’est le nerf de la guerre. Le rôle de l’assureur est principalement de tarifer correctement et d’absorber la vola­tilité des résultats », résume Cécile Schechter, responsable prévoyance internationale chez Gras Savoye. « Nous conservons la gestion et pour cela, nous avons ouvert au fil du temps quatre centres de gestion qui nous permettent de rester ouverts 24 h/24, 7 j/7 », expli­que Laurent Cochet, directeur exécutif de MSH International, filiale de Siaci Saint Honoré.

La gestion de l’assurance santé à l’international demande des plateformes coûteuses, mais implique des commissions à deux chiffres, assises sur des cotisations conséquentes – 2 000 à 3 000 € pour un risque faible comme un jeune de moins de 30 ans expatrié en Europe de l’Est, parfois plus de 30 000 € pour des pays comme la Chine, Singapour ou la Suisse.

« C’est un métier de niche du courtier gestionnaire, qui nécessite à la fois de mettre en place des plateformes de gestion, et des réseaux de soins à travers le monde entier. Nous pensons que ce marché est appelé à se concentrer », poursuit Laurent Cochet. MSH, qui a acheté en 2016 un courtier spécialisé à Singapour, n’exclut pas de nouvelles opérations de croissance externe. « C’est un axe de développement pour Willis Towers Watson, sur lequel Gras Savoye a l’ambition de se renforcer », annonce de son côté Cécile Schechter.

Pourtant, rien n’indique clairement une forte croissance du marché. « Le nombre des expatriés “réels” a tendance à se rédui­re, au profit de la “localisation” des contrats de travail à l’étranger. Ainsi, l’étendue des garanties qui est offerte aux salariés en mobilité internationale est plutôt en baisse », estime Cécile Schechter.

En fait, le marché des contrats au 1er euro s’élargit à d’autres populations que les seuls expatriés des entreprises. « Nous portons nos efforts sur les organisations internationales où MSH est trop peu présent. C’est un marché dominé par quelques leaders historiques, des assureurs, où les contrats rempor­tés par appels d’offres sont remis sur le marché tous les trois à cinq ans », indique Laurent Cochet, qui vise aussi les individuels se lançant dans l’expatriation en solo, de plus en plus nombreux.

Des étudiants de plus en plus mobiles

« Nos équipes commerciales sont de plus en plus souvent interrogées au sujet de la mobilité internationale. Certaines disciplines sont désormais concernées alors qu’elles ne l’étaient pas il y a quelques années », indique Aurore Hanskens, directrice marketing de La mutuelle des étudiants (LMDE). 100 000 étudiants partiraient, chaque année, pour des durées en général plus courtes que les salariés (de quelques semaines à dix, voire onze mois). Sur ce marché, on retrouve April (Groupama), Allianz et AIG, mais également des mutuelles étudiantes.

En 2016, l’offre distribuée par MIS Santé, mutuelle initiée par la Mutuelle des étudiants de Provence (MEP), a permis de couvrir 15 000 étudiants pour une durée moyenne de 4 mois et demi. LMDE a refondu son offre à l’étranger : la mutuelle couvre le risque et Axa Assistance s’occupe du reste. Enfin, la MGEN a, depuis sa rupture avec LMDE, lancé sa propre couverture.

 

Un service très spécifique

Difficile à cartographier, le marché des contrats au 1er euro est en tout cas dans les écrans radar de nombre d’assureurs et de courtiers. Début juillet, Allianz a lancé un nouveau contrat pour les orga­nisations internationales et la compagnie américaine Cigna une offre spécifique pour le marché français. Même la MGEN a créé, en 2016, une structure dédiée à la mobilité internationale, recrutant au passage chez Allianz.

Des étudiants de plus en plus mobiles

« Nos équipes commerciales sont de plus en plus souvent interrogées au sujet de la mobilité internationale. Certaines disciplines sont désormais concernées alors qu’elles ne l’étaient pas il y a quelques années », indique Aurore Hanskens, directrice marketing de La mutuelle des étudiants (LMDE). 100 000 étudiants partiraient, chaque année, pour des durées en général plus courtes que les salariés (de quelques semaines à dix, voire onze mois). Sur ce marché, on retrouve April (Groupama), Allianz et AIG, mais également des mutuelles étudiantes.

En 2016, l’offre distribuée par MIS Santé, mutuelle initiée par la Mutuelle des étudiants de Provence (MEP), a permis de couvrir 15 000 étudiants pour une durée moyenne de 4 mois et demi. LMDE a refondu son offre à l’étranger : la mutuelle couvre le risque et Axa Assistance s’occupe du reste. Enfin, la MGEN a, depuis sa rupture avec LMDE, lancé sa propre couverture.

 

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