[DOSSIER] Les courtiers des principales entreprises françaises [...] 4/5

Flottes Auto : Premiers tours de vis tarifaires

Les prémices du redressement tarifaire de l'assurance des entreprises se sont fait sentir dès septembre 2010 en automobile. Tous les segments de clientèle sont concernés : du particulier aux plus importants parcs de véhicules des entreprises.

« Lors des récents renouvellements, et alors que les branches traditionnelles dommages et RC restaient sur une tendance baissière, le risque automobile a fait l'objet d'un début de resserrement tarifaire », commente Daniel Bohbot, à la direction des services aux entreprises de Verspieren. Parce que l'automobile mixe fréquence et intensité, les assureurs cherchent à redresser les tarifs au moindre dérapage technique. « Les tensions sont notables sur le marché des flottes. Allianz, notamment, est très attentif aux statistiques », confirme Laurent Belhout, directeur général adjoint d'Aon Risk Solutions.

Si l'heure est à la hausse des primes, l'exercice 2010 n'a toutefois pas été homogène. « En automobile, le frémissement n'est palpable que depuis septembre », remarque Marc Michoulier, directeur de la division grandes entreprises de Marsh. En parallèle, tous les courtiers observent attentivement la lente diminution des parcs automobiles des entreprises depuis la crise, « entre 3 et 5% selon les cas », d'après Bruno Vesval, directeur général délégué de Gras Savoye.

Chasse au gaspi

Il est vrai qu'un parc de véhicules représente un centre de coûts considérable. « Le poste assurance fluctue entre 400 et 1 000 € par véhicule et par an, en fonction des catégories et des franchises. Pour des flottes qui comptent de 1 000 à 20 000 moteurs, les enjeux financiers sont colossaux », rappelle Pierre Bessé, dirigeant du cabinet de courtage éponyme.

Dans ce contexte de réduction des parcs, « Gras Savoye gérera cette année 5% de véhicules de plus qu'en 2010 », commente Bruno Vesval. Désireux d'accompagner ses clients dans leur chasse au « gaspi », « Gras Savoye a mis en place un réseau de 930 réparateurs auto, totalement piloté et contrôlé en interne ». Résultats : une diminution de l'immobilisation du véhicule endommagé, son remplacement pendant la durée des réparations et, surtout, une réduction du coût des réparations « comprise entre 10 et 15% ».

Mais au-delà de ces évolutions conjoncturelles, où en sont les grandes tendances à l'oeuvre ces dernières années sur le risque automobile des entreprises ? Les programmes d'assurances auto internationaux ont-ils encore le vent en poupe ? La diversification vers le fleet management (gestion de flotte auto),initiée voilà quelques années par Aon, a-t-elle fait des émules ?

Relocalisation

Concernant les programmes internationaux, la réponse est en demi-teinte. « Gras Savoye ne croit pas au dogme de l'assureur monde entier. Dans plusieurs zones géographiques, il s'agit plus d'un mythe que d'une réalité, surtout en auto, où la gestion au quotidien est primordiale et où des acteurs locaux sont très performants », remarque ainsi Bruno Vesval.

Au bout du compte, ces programmes internationaux génèrent-ils les économies escomptées par les assurés ? « Les porteurs du risque automobile capables d'accompagner une entreprise partout en Europe sont rares. Dès lors, il est souvent plus judicieux d'aller chercher un assureur spécialisé sur son marché domestique. En 2010, nous avons récupéré la gestion de flotte d'un important transporteur international titulaire d'un programme d'assurance européen. Pour répondre à ses attentes, nous détricotons ce programme », indique Pierre Bessé.

Même les tenants de solution européenne ou mondiale mettent de l'eau dans leur vin. « Par rapport à un programme totalement intégré, avec un assureur unique et l'émission de polices locales standardisées, une solution émergente et plus opérationnelle a notre préférence actuellement : l'approche dite du "programme coordonné" », indique Paul-Émile Leroy, de la direction grandes entreprises de Gras Savoye. Dans chaque pays concerné ou sur une zone géographique homogène, le courtier sélectionne les assureurs les mieux à même de traiter du risque automobile. Une approche pragmatique qui s'appuie sur le réseau mondial de l'intermédiaire et tient compte des particularités des marchés automobiles, souvent purement domestiques et où un grand assureur international n'est pas toujours le mieux placé.

... ou globalisation ?

« Les programmes européens restent intéressants, car ils offrent la possibilité pour les grands groupes d'optimiser leurs frais généraux. Avec un seul assureur et les divers mécanismes de gestions intégrés par le courtier, les résultats économiques sont au rendez-vous », insiste toutefois Stanislas Chapron, président du directoire de Marsh. L'exemple de Ciments français est emblématique. Le groupe dispose d'un véritable programme auto international, dont il a confié le placement et la gestion à Marsh à partir du 1er janvier. « Ce programme global nécessite une forte coordination du réseau Marsh et une capacité à faire remonter l'information de partout dans le monde. Seuls quelques courtiers en sont capables », explique Marc Michoulier.

Quant à l'offre complète de gestion de flotte, proposée par Aon comme par la plupart des loueurs de longue durée, elle ne fait pas non plus l'unanimité parmi les courtiers. « L'assurance reste spécifique. Même s'il est vrai que les loueurs sont aujourd'hui présents sur les flottes, parfois de bonne taille, ils n'ont pas bouleversé le marché », remarque ainsi Daniel Bohbot, de Verspieren. En outre, la capacité du courtier à gérer la sinistralité sur la base de statistiques toujours plus fines, documentées et fouillées est sans égale par rapport à des intervenants dont le métier de base reste la mise à disposition d'un véhicule, la logistique et les services qui y sont liés.

La finesse des montages financiers de l'assurance des grandes flottes, les spécificités de la gestion des sinistres corporels, l'accompagnement et le conseil en matière de prévention ou d'« écoconduite », ou encore le reporting toujours plus fin sur des extranets de gestion dédiés sont autant de services différenciants pour les courtiers. Lesquels fournissent aujourd'hui des prestations de services entièrement sur mesure, contre lesquelles, pour l'heure, les loueurs de longue durée n'ont pas pu faire grand-chose. Pour preuve, dans le classement de l'Argus, la ligne flotte auto est quasi désertée par les loueurs. Un signe du peu d'empressement des entreprises en général, et des risk managers en particulier, à déléguer à un seul et même interlocuteur l'ensemble de sa problématique automobile : du changement de pneu, en passant par les révisions, la revente ou la gestion d'un corporel grave.

Aon croit au management

Et Aon dans tout cela ? « L'activité flotte auto représente une part significative de l'activité d'ARS. Nous avons beaucoup investi ces dernières années tant en matière de ressources humaines que d'offre de services intégrée. Aon est le seul courtier à proposer une offre complémentaire de fleet management. Depuis deux ans, notre croissance est supérieure à 20% par an sur cette activité », indique Laurent Belhout. Et même si tout n'a pourtant pas toujours été pour le mieux chez Aon sur le sujet, les ambitions sont intactes. Les velléités d'Aon d'externaliser le back-office auto, qui avaient irrité bon nombre d'entreprises clientes, font, semble-t-il, partie d'un lointain passé. « Avec les recrutements récents de Dominique Sabalot et d'Ernesto Garcia, Aon dispose sur les flottes de la meilleure équipe du marché. Nous allons capitaliser sur nos deux offres et les résultats ne se feront pas attendre », insiste Laurent Belhout.

Le poste assurance fluctue entre 400 et 1 000 € par véhicule et par an. Pour des flottes importantes, les enjeux sont donc énormes.

Pierre Bessé, dirigeant du cabinet Bessé

Lors des derniers Renouvellements, alors que les dommages et la RC restaient sur une tendance baissière, le risque auto a fait l'objet d'un début de redressement tarifaire.

Daniel Bohbot, directeur des services aux entreprises de Verspieren


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