Innovation : Axa fait le tri

Innovation : Axa fait le tri

Le groupe d’assurance français a décidé de déployer ses capacités d’innovation sur de nouveaux segments. Quitte à délaisser certains axes jugés pourtant porteurs il y a encore peu de temps.

Les dirigeants d’Axa le répè­tent tous à l’envie : « dans le cadre du plan stratégique Ambition 2020, l’assureur entend passer d’un rôle de payeur de sinis­tres à celui de partenaire de clients ». Or, pour ce faire, le groupe mise beaucoup sur l’inno­vation, un segment dans lequel 200 M€ seront désormais investis chaque année. « Nous voulons construire un nouveau moteur de croissance », insiste Guillaume Borie. Le directeur de l’innovation d’Axa, nommé il y a trois mois, fourmille d’idées pour développer cette activité. « Pas question pour nous de bâtir notre modèle sur des lancements de produits qui nécessiteraient 18 mois d’investissements et de développement, avec des processus d’approbation très longs en interne. Nous devons développer un portefeuille d’options, sans savoir à l’avance si toutes fonctionneront », expli­que-t-il. Autrement dit, selon lui, si certains axes méritent d’être développés, d’autres projets – s’ils ne rencontrent pas le succès attendu sur le marché – seront progressivement abandonnés. Revue des innovations en cours qui ont la cote chez Axa… et de celles qui ne l’ont déjà plus.

Les services en santé

« Notre premier objectif est de développer des services qui vont au-delà des services traditionnels proposés par un assureur », indique Guillaume Borie. Précisément, Axa entend déployer ses capacités d’innovation dans les services en santé. C’est à cette fin que l’assureur a annoncé, début janvier, avoir conclu un accord afin d’acquérir Maestro Health, une société nord-américaine de gestion numérique des couvertures de santé. « C’est une plateforme technologique que nous voulons développer en proposant des services de coordination, afin que les patients nord-américains soient correctement orientés dans leur parcours de soins », précise le directeur de l’innovation. Avant d’ajouter : « Cette plateforme doit devenir le canal principal d’interaction des salariés dans les entreprises, en ce qui concerne leur santé et leur bien-être. » Aujourd’hui, Maestro couvre près d’un million d’employés aux États-Unis, travaillant essentiellement pour des entreprises de 50 à 300 salariés. « Nous allons voir si la plateforme peut viser, désormais, des sociétés de taille beaucoup plus significative », précise ainsi Guillaume Borie, qui n’exclut pas de proposer ce type de services, à moyen terme, sur le marché français.

L’assurance des entreprises

C’est l’autre levier sur lequel la direction de l’innovation veut s’appuyer. « Aujourd’hui, les acteurs qui captent le plus de croissance sont ceux qui arrivent à multiplier les points d’accès avec les clients », constate Guillaume Borie. Or, outre la santé, l’entreprise est le créneau où, selon lui, « les opportunités de créer de l’interaction avec le client sont les plus grandes. Les PME et les entrepreneurs sont notamment des segments où les besoins sont croissants, mais non satisfaits ». Le directeur de l’innovation prend l’exemple des risques cyber. « Pour les PME, face à une potentielle attaque, ce qui est essentiel – au-delà d’avoir une couverture assurantielle – c’est d’être capable d’analyser quels sont les risques potentiels qui peuvent toucher le système informatique de l’entreprise », souligne-t-il. De fait, Axa entend proposer de plus en plus aux PME des solutions de prévention. « C’est de ce service dont nos clients ont aujourd’hui le plus besoin. »

L’assurance à la demande

C’est une nouvelle forme d’assurance qui intéresse toutes les compagnies. à titre d’exemple, Generali a annoncé, il y a un mois, s’être associé avec la start-up Leocare, pour lancer une solution 100 % mobile, à la demande et sans engagement. De son côté, Axa travaille depuis 2016 – uniquement sur le marché britannique – avec la start-up Trov, qui propose au particulier d’assurer le produit qu’il veut, pour le temps qu’il veut. « Il faut désormais que l’on accélère dans ce domaine », reconnaît Guillaume Borie. « Les assurtechs qui développent ces nouvelles offres d’interaction avec le client ont notamment besoin de calibrer la bonne solution en termes de prix, de souscription, de prise en charge du risque. C’est là que nous devons intervenir », précise-t-il. Ainsi, chez Kamet, l’incubateur d’innovations technologiques au service des assurés d’Axa, une start-up baptisée Setoo est en passe de finaliser une solution à la demande pour l’assurance dommages. La commercialisation de ce produit est prévue au deuxième trimestre 2018, au Royaume-Uni.

L’assurance paramétrique

C’était l’un des grands thèmes d’innovation portés par Axa l’an dernier. En mars 2017, l’assureur annonçait le lancement d’Axa Global Parametrics, une entité visant à accélérer le développement des offres d’assurance paramétrique, dont la couverture repose sur des indices corrélés aux pertes du client. Fruit de ce nouvel axe, Fizzy, une plateforme d’assurance paramétrique permettant de couvrir les retards d’avion, voyait le jour en septembre dernier. « Si votre avion atterrit avec plus de 2 heures de retard, vous recevez automatiquement une compensation financière, sans avoir à remplir des formalités administratives », précise Guillaume Borie. Cinq mois après sa création, ce contrat intelligent – qui utilise la technologie blockchain – n’a pas encore rencontré son public. « Le volume des primes perçues est aujourd’hui très faible, il est inférieur à quelques dizaines de milliers d’euros », reconnaît le directeur de l’innovation d’Axa. Déployée uniquement pour l’instant sur les vols au départ de l’aéroport Paris–Charles-de-Gaulle à destination des États-Unis, Fizzy est perçu par l’assureur comme « un pilote » et n’a pas vocation à devenir « une activité majeure du groupe », indique Guillaume Borie. « Commercialement, ce n’est pas le modèle B to C aujourd’hui en place qui va marcher », ajoute-t-il. Afin que cette offre soit viable, Axa travaille avec plusieurs compagnies aériennes pour que la solution soit déployée à plus grande échelle. Et ce, dès cette année.

Les objets connectés

En octobre 2015, Axa France proposait, à titre expérimental et dans le cadre de ses contrats d’assurance habitation, des services de prévention et d’assistance reposant sur des objets connectés. Depuis, l’enthousiasme autour de ce sujet semble être retombé. « Les objets connectés ne font pas partie de nos priorités », précise Guillaume Borie. Le directeur de l’innovation d’Axa observe ainsi que « de nombreux fournisseurs d’objets connectés ont désormais disparu de la carte ». Il doute également de la réponse apportée par ces équipements aux clients. « Pour les populations diabétiques, beaucoup d’objets connectés ont été développés. Or si l’adoption de ces solutions par les patients est bonne au départ, elle décroît rapidement au bout de six mois », constate-t-il. Avant de conclure, « Même si cela ne signifie pas que nous ne croyons pas en cette innovation, nous n’allons pas pour autant y investir des ressources significatives. »

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