[DOSSIER] L'observatoire de l'innovation en assurance 4/7

Interview de Laurent Deganis, associé de Kurt Salmon en charge de la practice assurance : « Accélérer le rythme d'innovation »

Interview de Laurent Deganis, associé de Kurt Salmon en charge de la practice assurance : « Accélérer le rythme d'innovation »
DR LAURENT DEGANIS, associé de Kurt Salmon en charge de la practice assurance

Laurent Deganis apporte son analyse des résultats de l'Observatoire de l'innovation en assurance et l'éclaire par un benchmark sectoriel.

Par comparaison avec ce que Kurt Salmon peut observer dans d'autres secteurs, quels éléments de cet Observatoire de l'innovation en assurance vous ont le plus frappé ou étonné ?

Il y a tout d'abord d'importantes similitudes communes à la plupart des secteurs d'activité... En effet, pour tous, l'innovation, étant à la fois processus et résultat, est un concept souvent difficile à appréhender. Par ailleurs, dans de nombreux secteurs, il apparaît que les innovations récentes sont essentiellement de type incrémental et relèvent pour la plupart de l'extension de produits existants. De même, celles portant sur le business model et les processus sont rarement recherchées de façon active. Côté management, leur sélection pose problème ainsi que leur commercialisation, et d'autant plus que l'entreprise est grande, puisque la capacité d'innovation est inversement proportionnelle à la taille des entreprises.

Quelles sont les spécificités en matière d'assurance ?

Ce qui distingue les innovations en assurance c'est qu'elles sont moins visibles, moins mises en avant que dans d'autres secteurs, moins valorisées par les médias. Je trouve finalement les assureurs contactés dans le cadre de l'Observatoire très sévères avec eux-mêmes. Car, en réalité, ils savent trouver des solutions pour aller sur de nouvelles niches de marché que ce soit par le marketing, la distribution ou de nouveaux modèles. Le marketing affinitaire, le développement du direct - y compris pour des acteurs purement intermédiés - ou les courtiers grossistes en sont autant d'exemples. Ils savent aussi se positionner sur de nouveaux risques et repousser les limites de « l'assurabilité ». Ce qui me frappe néanmoins, c'est le décalage qui existe aujourd'hui entre d'un côté une accélération des bouleversements de l'environnement économique, réglementaire, de risque, d'usage, et de l'autre un rythme d'innovation qui n'est pas toujours au rendez-vous.

Comment aller plus loin ?

Les défis de l'innovation en assurance sont bien soulignés par nos interlocuteurs : la connaissance intime des clients, faire travailler de concert marketing et actuariat, l'accès aux données et la qualité des données, le poids de la réglementation et la question de la culture : regarder ce qui se passe ailleurs, savoir sortir du cadre logique, accepter l'échec...

Grâce à une telle prise de conscience du contexte, il existe de multiples moyens de dynamiser l'innovation. Je pense en particulier aux approches qui permettent de décloisonner le processus d'innovation telles que « l'open innovation » ; d'innover « main dans la main » avec les clients comme la « coconception » ou les living-labs par exemple ; ou encore aux pratiques permettant de raccourcir les cycles d'innovation façon test and learn. Il me semble que les acteurs de l'assurance pourraient s'inspirer avec profit des avancées réalisées dans d'autres secteurs tels que les télécommunications, les médias ou la grande distribution.

Avez-vous le sentiment que les managers sont en ordre de marche pour initier et conduire des stratégies d'innovation ?

Notre observatoire est là pour le montrer, l'innovation suscite un très vif intérêt. Les sensibilités et la maturité varient entre les acteurs qui y voient un caractère vital et ceux qui placent cette thématique en second rang après d'autres leviers jugés plus stratégiques. Mais ils se rejoignent tous sur la nécessité d'innover pour prendre en compte les nouveaux usages, les nouvelles attentes, les nouveaux critères de satisfaction des clients ou encore les risques émergents. Dans tous les cas, c'est le management qui fait la différence. Pour exister, l'innovation a besoin d'être incarnée par le management qui seul peut définir les objectifs, créer l'environnement de confiance indispensable, solliciter les collaborateurs, libérer du temps et valoriser la prise de risque.

Comment dégager le temps nécessaire ?

L'exemple de Google est à ce titre à méditer. En effet, le géant américain a mis en place l'« Innovation Time Off » selon lequel les ingénieurs consacrent 80% de leur temps de travail rémunéré à la réalisation de mission pour l'entreprise et 20% à l'accomplissement de projets personnels. Une stratégie destinée à maintenir un réflexe innovation et à challenger les ingénieurs en permanence. En ce qui concerne notre secteur, et au-delà des résultats statistiques de l'étude, il nous apparaît que certains acteurs de l'assurance ont déjà engagés des ruptures organisationnelles de nature à faire la différence.

Pour exister, l'innovation a besoin d'être incarnée par le management qui seul peut définir les objectifs.

 

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