[DOSSIER] Auto - MRH 4/6

L'assurance connectée, bientôt une réalité

L'assurance connectée, bientôt une réalité

Le développement de l'Internet des objets remet le dogme de l'assurance à l'usage au goût du jour. Les assureurs s'intéressent de près au sujet et flairent déjà les applications potentielles en auto et habitation. Mais des freins économiques, éthiques et technologiques demeurent.

Décrivez-moi vos habitudes de conduite, votre comportement au volant ou votre mode de vie à la maison et je vous dirai quelles assurances automobile et habitation ultra-personnalisées souscrire. Ce changement de paradigme dans l'approche presque culturelle de l'assuré vis-à-vis de ses produits d'assurance auto et habitation et au-delà de sa relation avec les sociétés d'assurances pourrait bien s'inscrire comme la norme dans un avenir proche.

L'objet que l'assureur assure se transforme

« Ce qui intéressera le consommateur, ce n'est pas d'avoir mais de pouvoir. L'assureur doit donc accepter de passer à une logique où la notion

La bataille du data s’engage quelles alliances... pour quels secteurs ?

AUTO : ASSUREURS

  • Constructeurs automobile
  • Professionnels de la donnée (Facebook, Twitter, Amazon)
  • Équipementiers automobile
  • Opérateurs Télécoms

MULTIRISQUE HABITATION : ASSUREURS

  • Professionnels de la donnée
  • Opérateurs traditionnels (EDF, GDF...)
  • Professionnels de la domotique
  • Téléassisteurs
  • Opérateurs Télécoms et/ou FAI (Fournisseurs d’accès à Internet)

GOOGLE : Deux stratégies possibles

  1. Prospective : développement d’algorythmes brevetés
  2. Offensive : rachat d’une compagnie d’assurance ou société de courtage
de propriété est en train d'être supplantée par la notion d'usage », relève Bertrand Lauzeral, associé assurance chez Exton Consulting. Cette nouvelle conception de l'assurance pourrait être encouragée par les réflexions en cours des constructeurs automobiles en matière de télématique (technologies embarquées) et des acteurs de la domotique et de « l'immotique » (immeubles connectés) pour la partie habitation. D'autant que le potentiel de croissance existe à en croire une étude menée en septembre dernier par le cabinet Booz&Company à propos de la voiture intelligente. Ce marché pourrait peser près de 31 Md€ en 2015 et 113 Md€ à l'horizon 2020, principalement dans l'assistance à la conduite, la sécurité et la mobilité. Et dans cette course à l'innovation, les constructeurs automobiles allemands - BMW, Volkswagen/Audi et Mercedes - jouissent d'une longueur d'avance en ce qui concerne en particulier le domaine des systèmes d'information et de communication et d'aides à la conduite.

Pourtant, les initiatives commerciales menées ces dernières années en matière de tarification personnalisée n'ont pas su convertir massivement les consommateurs au dogme de l'assurance à l'usage. En témoigne le bilan en demi-teinte du « Pay as you drive » (Payd) dont les offres peinent à percer sur le marché français à l'instar des tentatives avortées de MMA et d'Aviva. « Face à la frilosité des assureurs sur le risque jeune, nous nous sommes interrogés début 2008 sur la façon d'imaginer un système de boîtier permettant de moraliser le risque et de rassurer les porteurs de risques avec lesquels nous travaillons », relève Emmanuel Vallée, directeur développements et projets chez Solly Azar. Face à ce constat, quatre ans après le lancement de sa première offre, Amaguiz, qui compte à ce jour près de 25 000 contrats « Payd » en portefeuille, a souhaité remodeler son offre en 2012 en s'appuyant davantage sur les évolutions technologiques et la nouvelle génération de boîtiers OBD (lire encadré). Mais pas seulement : « Nous avons bâti une offre plus ajustée en allant au-delà d'une assurance purement au kilomètre, en l'adaptant à l'utilisation du véhicule par le client », évoque Nelly Brossard, directrice générale d'Amaguiz. Outre-Atlantique, où la télématique a déjà convaincu un assuré sur cinq, certains assureurs sont allés encore plus loin dans le « Pay how you drive ».

Une assurance sur mesure

Les assureurs américains Allstate et Progressive ont élaboré un produit où le calcul de la prime tient non seulement compte de l'usage du véhicule mais aussi une évaluation du comportement de l'assuré à travers la collecte de données : heure de prise de route, coup de freinage, accélération, kilométrage... « Aux États-Unis, même si les profils actuariels ne sont pas encore adaptés à ces nouveaux modèles et possibilités, les assureurs conservent un petite longueur d'avance par rapport à leurs homologues européens », relève Bénédicte Daull-Massart, consultante Internet dans l'assurance. En habitation, les offres dites « Pay how you live » relèvent encore de la prospective. « Étant donné le taux de rotation des logements en France et leur modernisation lente, le phénomène prendra du temps contrairement à l'automobile où le parc tourne plus vite (8 à 10 ans) », ajoute Bertrand Lauzeral. Les unités de R&D des assureurs internationaux se penchent actuellement sur des offres où le tarif de l'assurance habitation serait ajusté selon les informations recueillies par des capteurs de présence, de fermeture des portes, de mesure de volume...

Mais pour l'heure des verrous demeurent : économiques d'une part, aucun des acteurs du marché n'étant en mesure de concevoir un business model efficient ; culturels, d'autre part en raison de la méfiance viscérale de nos compatriotes à l'égard de dispositifs embarqués (mouchards). Sans compter les freins technologiques pour l'assureur, liés au volume sans cesse croissant de données comportementales à traiter. « Les données moyennes ou faiblement échantillonnées sont en effet moins riches que celles collectées à haute fréquence telle qu'une accélération au volant. L'essor de technologies pour traiter en masse des données (big data) peut s'avérer d'un grand secours », note Arnaud Giraudon, président d'AcommeAssure.com. Pour maîtriser l'exploitation de ces données, certains acteurs traditionnels à l'image d'Axa, Covéa et Cardif se sont engagés dans une modernisation de leurs systèmes d'information. Mais dans la bataille qui se prépare autour de l'appropriation de la valeur de la data, les assureurs seront également amenés à nouer des partenariats stratégiques (voir schéma). « Les constructeurs automobiles préparent leurs stores d'applications issues des données collectées tandis que les rapprochements entre télésurveillance, domotique et assurance se dessinent », précise Arnaud Giraudon.

Les technologies pour traiter en masse des données (big data) peut s'avérer d'un grand secours.

Arnaud Giraudon, président d'AcommeAssure.com

Internet et assurances, le lent rapprochement

Ces obstacles à l'assurance connectée ne sont toutefois pas immuables. Pour Delphine Maisonneuve, directrice du marché IARD des particuliers d'Axa France : « Ces réticences peuvent tomber dès lors que le client identifie un bénéfice que ce soit en matière de services (informations, prévention, assistance...) et/ou de tarifs. Quant au coût d'installation, soit les constructeurs ou installateurs les prennent en charge, soit l'assureur s'appuie sur des objets connectés moins contraignants. » Et d'ajouter : « De ce point de vue, le smartphone disposera sans doute à terme d'une capacité à récolter des données de manière plus large que des boîtiers installés par les constructeurs. » Une fois ces freins levés, les assureurs seront en mesure de revisiter leurs chaînes de valeurs : souscription, individualisation de la relation, personnalisation des produits et garanties, prévention, détection des fraudes, gestion de sinistres.... Et surtout de procéder à une personnalisation du tarif sur la base de ces variables comportementales captées tout au long de la vie du contrat d'assurance et non plus seulement au moment de son établissement. Selon Bertrand Lauzeral, « les offres pourront être pensées dans une logique de yield management (tarification en temps réel) ». Tout en écartant le risque de démutualisation du portefeuille, principe élémentaire à la garantie de l'équilibre technique. « Notre métier reste la mutualisation même si elle ne signifie pas renoncer à une segmentation plus efficace », conclut Delphine Maisonneuve.

LES PRÉMICES DU « PAY AS YOU DRIVE » : L'EXEMPLE D'AMAGUIZ

Quatre ans après le lancement de sa première offre « Pay as you drive », la filiale de Groupama commercialise depuis avril 2012 la deuxième génération d'offre assurantielle au kilomètre ajustée selon l'utilisation du consommateur. Principale nouveauté : le boîtier plug and play (« branche et utilise ») peut s'installer directement soit sur la prise OBD (également appelée prise diagnostic), soit sur la batterie du véhicule sans passer par un garage.

Quant au tarif, il se compose d'un abonnement mensuel fixe - qui varie de 9,90 € à 14,90 € - selon le profil, le véhicule et la formule retenue et d'une prime au kilomètre déterminée en fonction du véhicule, des antécédents, de la zone de circulation, de la fréquence et de la nature des trajets. Au-delà du pur kilomètre, la tarification de cette offre prend en compte l'utilisation du véhicule (type de trajets effectués par l'assuré et leur nature). « Même si la consommation kilométrique constitue l'essentielle de la tarification, la nouvelle offre introduit une dose de comportemental », souligne Nelly Brossard, directrice générale d'Amaguiz.

 

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