La Matmut, partenaire du premier test de voitures autonomes

La Matmut, partenaire du premier test de voitures autonomes
Cette Renault Zoe électrique est l’une des voitures 100?% autonomes, testées sur les routes de Rouen dans le cadre du projet de mobilité urbaine de la métropole normande.

Lancé à Rouen, en partenariat avec Transdev et Renault, le projet de mobilité à la demande met pour la première fois des véhicules 100 % autonomes en situation de partage de la route.

Un premier test grandeur nature. La voiture autonome ne devrait pas être commercialisée avant une vingtai­ne d’années, mais constructeurs, équipementiers et assureurs sont déjà dans les starting-blocks.

À la demande de la métropole rouennaise, la Matmut s’est ainsi associée au projet « Rouen Norman­dy Autonomous Lab » aux côtés des industriels Transdev (filiale de la Caisse des Dépôts et de Veolia), et du groupe Renault. Ce service de mobilité à la deman­de, présenté le 2 octobre à Rouen, constitue une premiè­re en Europe.

Après une phase de tests, cinq véhicules électriques 100 % autonomes seront mis à la disposition des habitants de la métropole rouennaise à partir du printemps 2018 pour une durée de deux ans. Ces véhicules effectueront trois boucles de 10 km au Technopole du Madrillet (à Saint-Étienne-du-Rouvray) avec 17 points d’arrêts à partir desquels les usagers pourront les commander en temps réel depuis une appli. « L’idée est de couvrir les derniers kilomètres séparant le dernier arrêt de la ligne de métro, du domi­ci­le des habitants de la métro­pole », explique Olivier Requin, directeur groupe au sein de la DGA production de la Matmut. La flotte sera constituée de quatre Renault Zoe électriques. Les deux premières seront équipées de la technologie embar­quée conçue par Renault, les deux autres par l’opérateur Transdev, les équipementiers Delphi, Esigelec et d’autres acteurs locaux. S’y ajoutera en 2019 une navette équipée des technologies Transdev.

Financement public/privé

Initié par la filiale de la Caisse des Dépôts qui opère sur le réseau de transport urbain pour le compte de la métropole Rouen-Normandie depuis plus de vingt ans, ce projet a pu voir le jour grâce à un partenariat public/privé. Il est soutenu par l’institution financière publique, actionnaire de Transdev, dans le cadre de son programme Smart Cities à destination des collectivités locales innovantes. L’investissement global de 11 M€ est financé à hauteur de 60 % par les partenaires privés, dont près d’1 M€ apporté par la Matmut et 2,75 M€ par Renault, et à 40 % par les parte­naires publics (l’État, la métropole Rouen-Normandie, la région Normandie et la Caisse des Dépôts).

L’enjeu est de taille : il s’agit d’étudier le comportement de ces véhi­cules autonomes sur la voie publique, en situation de partage de la route avec les autres véhicules et les piétons. « C’est une occasion unique d’aller au-delà du stade de la réflexion, pour mettre les mains dans le cambouis », s’enthousiasme Olivier Requin. Dans un premier temps, ces véhicules autonomes seront équipés, par sécurité, d’un chauffeur qui, bien qu’inactif, pourra réagir en cas de nécessité. L’offre d’assurance de la Matmut est donc conçue selon des principes actuariels traditionnels, repo­sant sur la responsabilité du chauffeur. Mais cette expérimentation constitue un « terrain d’observation idéal en milieu urbain pour étudier les comportements du véhicule autonome et voir quelles seraient ses réactions en l’absence de chauffeur », explique Olivier Requin. Des données essentielles pour pouvoir construire l’offre assurantielle adaptée de demain.

L’arrivée des véhicules autonomes pose, en effet, des questions inédites en termes éthiques, juridiques et réglementaires. « En cas de possibilité de collision frontale avec un deux-roues, le véhicule va-t-il préférer se déporter et faucher la mère de famille avec sa poussette en bord de route en estimant que les dégâts sont moindres ? », cite, par exemple, Olivier Requin.

Une technologie coûteuse

Autre enjeu pour l’assureur, ces véhicules, du fait de la technologie embarquée, ont un coût significatif : entre 500 000 et 600 000 €. « En cas de choc, ce sont des dizai­nes ou des centaines de milliers d’euros qui sont en jeu », relève Olivier Requin. Pas de quoi faire peur, pour l’heure, au porteur du risque, qui estime que dans cette zone urbaine, où la vitesse est limitée à 50 km/h maximum, « les chocs ne devraient pas être violents ». Des questions inédites se posent également en termes de gestion de cette flotte. « En cas de choc arrière, il peut y avoir une demande d’expertise contradictoire. Mais les partenaires industriels, Renault et Transdev, qui gèrent eux-mêmes les réparations de ces véhicules dans leurs usines, vont-ils l’accepter ? », s’interroge Olivier Requin.

Autant de cas pratiques qui permettront de nourrir la réflexion de la profession sur cette mutation qui promet de bouleverser la conception de l’assurance automobile. La Matmut, qui participe au groupe de travail « automobile connectée » de la Fédération française de l’assurance (FFA), devrait ainsi partager son expérience avec les autres assureurs de la place.

Emploi

KAPIA RGI

DVELOPPEURS ANGULARJS H/F

Postuler

KAPIA RGI

CHEFS DE PROJETS Vie et/ou IARD H/F

Postuler

+ de 10 000 postes
vous attendent

Accéder aux offres d'emploi

Commentaires

La Matmut, partenaire du premier test de voitures autonomes

Merci de confirmer que vous n’êtes pas un robot

Votre e-mail ne sera pas publié