Le fonds euros, produit d'appel : ça ne pourra pas durer !

Le fonds euros, produit d'appel : ça ne pourra pas durer !

Y aurait-il de la friture sur la ligne ? Le message délivré par le marché à l’occasion des ­premières annonces des taux de rendement des fonds euros n’est pas très limpide. Comment espérer inciter les épargnants français, déjà peu enclins au risque, à investir davantage leur épargne en unités de compte (UC) quand les taux servis continuent à être attractifs, et sans doute plus élevés qu’ils ne le devraient vu le contexte monétaire et réglementaire ? 3,05 % pour l’emblématique Afer, entre 2,85 % et 3 % pour la Macsf, 3 % pour le Groupe Pasteur Mutualité, 3,30 % pour MIF, jusqu’à 3,34 % pour Monceau assurances… Pourtant, le secteur n’a pas changé d’avis : les UC restent le but à atteindre. À cet égard, la gestion pilotée se développe, des nouvelles UC immobilières font leur apparition, et les taux bonifiés (conditionnés par la proportion d’UC) se multiplient. Il reste que les assureurs, contraints par leur obligation de « bons conseils » ont bien du mal à parler d’UC et de prise de risque à leurs clients. Dans ce contexte, le fonds euros reste un produit d’appel dont il est difficile de se passer. Une stratégie qui pourrait coûter cher si les taux d’intérêt restent durablement très bas.

Cyrille Chartier-Kastler, président de Facts & Figures : «Les opérateurs ont encore du mal à parler des UC aux clients»

  • Les taux de rendement des fonds euros restent assez élevés...
    Le taux annoncé est une chose. Ce qui est plus révélateur, ce sont les baisses pratiquées par rapport à l’an dernier, ce qui donne une idée globale de la tendance qui s’amorce. Or, les baisses de taux se situent en moyenne autour de 25 centimes, ce qui conforte les prévisions de taux pour 2015 à 2,25 % puisqu’en 2014, la moyenne était de 2,50 %. Autre constat, les opérateurs qui annoncent des rendements plutôt élevés en ce début d’année ne sont pas ceux qui réalisent la part la plus importante de l’encours du marché. Les acteurs majeurs en termes d’encours, comme Axa par exemple, annoncent des taux plus faibles.
     
  • Les assureurs veulent augmenter leur part d’UC. Le message n’est-il pas un peu brouillé ?
    Disons que les stratégies se déclinent en deux étapes : attirer des épargnants via les fonds en euros puis sélectionner les encours les plus élevés (en général supérieur à 20 000?€) pour proposer des conversions en unités de compte. Les opérateurs ont encore du mal à parler des UC aux clients et cela est particulièrement visible au niveau des mutuelles sans intermédiaires qui peinent à franchir le cap des UC.

Sandrine Lemery, 1re secrétaire générale adjointe de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution : « Le marché n’a pas suffisamment pris la mesure du risque »

  • Que pensez-vous des premières annonces de taux de rendement des fonds euros ?
    Le constat que l’on peut faire pour le moment est que les assureurs ont baissé les taux de rendement des fonds euros des contrats d’assurance vie, mais pas autant qu’ils le devraient pour être prudent. Le marché n’a pas suffisamment pris la mesure du risque que les taux d’intérêt restent bas sur le long terme. Pourtant le message de prudence et de modération sur les taux de rendement a été renouvelé cette année par le haut conseil de stabilité financière, par l’ACPR de façon individuelle auprès des opérateurs et encore tout récemment par le Gouverneur de la Banque de France.
     
  • Y a-t-il un risque systémique pour les assureurs ?
    Les assureurs apparaissent solvables en normes Solvabilité 1 comme en Solvabilité 2 et ils ont majoritairement doté leurs provisions pour participation aux bénéfices. Mais tout ce qui est donné dès maintenant via des taux de rendement élevés n’est pas mis en réserve. Sur la base de notre analyse « Orsa taux bas », nous constatons qu’avec la courbe des taux actuelle, les assureurs restent solvables sur l’horizon considéré moyennant des actions à prendre comme la modération des rendements servis. Mais avec le scénario de taux très bas, sans changement de stratégie, il y a un risque d’entrer dans une zone rouge pour un certain nombre d’organismes.

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