Otherwise : une thérapie de groupes pour réduire la facture santé

Otherwise : une thérapie de groupes pour réduire la facture santé

Nouveau venu sur le marché de la complémentaire santé sous la marque Otherwise, le courtier Amalfi propose à ses assurés de leur reverser une partie de leurs cotisations.

La réforme de la généralisation de la complémentaire santé semble avoir éveillé des ­vocations. Coup sur coup, deux start-up se sont lancées sur ce ­marché pourtant mature : si Alan veut se différencier par l’expérience client, ­Otherwise, marque commer­ciale du courtier Amalfi, entend de son côté également apporter une ­dimension collaborative.

Le principe d’Otherwise ? Chaque assuré intègre un groupe compo­sé de 50 à 150 personnes qui affi­chent un profil similaire au sien. Chacun des groupes constitués appartient à une des trois caté­gories suivantes : budget, équilibre et premium. Une partie des primes alimente pour chaque groupe un pot commun destiné à régler les petits sinistres. Si, à la fin de l’année, les prestations sont inférieures au total des ­cotisations, une partie peut être reversée aux assurés sous forme de bonus collaboratif. Un principe qui, dans ses grandes lignes, rappelle la «franchise cautionnée» de France Mutuelle.

L’assuré acteur et solidaire

«Otherwise veut modifier la relation assureur/assuré et faire de l’assuré un acteur de son assurance», affirme Raphaël ­Berger, cofondateur d’Amalfi et prési­dent d’Otherwise. Outre le service client, intégralement internalisé et dématérialisé, la conception même des groupes d’assurés est réalisée via des algorithmes pour optimiser la couverture santé. «Tous les membres du groupe sont solidaires entre eux, mais ils n’ont pas en leur possession toutes les informations des membres», prévient toutefois Cécile Mérine, cofondatrice d’Amalfi et directrice géné­rale d’Otherwise. De même, si le profil de certains des assurés du groupe évolue, ces communautés peuvent être ajustées et modifiées par la fintech. «Le modèle collaboratif s’est ainsi imposé de lui-même, renforçant la responsabilisation des assurés au sein de groupes à taille humaine», ajoute Raphaël Berger.

C’est Thélem Assurances qui porte le risque pour les dépenses les plus importantes et les éventuels déficits dans les cagnottes de groupe. Les garanties des offres d’Otherwise sont d’ailleurs calquées sur les complémentaires santé de Thélem : elles pourraient évoluer avec le temps, en intégrant notamment des postes de soins non pris en charge par la Sécurité sociale (chambre particulière, implantologie…). De même que toutes les offres ne respecteront peut-être pas, à l’avenir, le cahier des charges des contrats responsables. Ce partenariat avec la société d’assurance mutuelle, qui avait exploré également le champ de la franchise cautionnée en 2010, se fait sans prise de participation : ce modèle permet à Amalfi de conserver une indépendance, à laquelle les cofondateurs tiennent beaucoup.

À destination des TNS

L’offre, réfléchie depuis fin 2015, a été lancée au début de l’année 2017 après une mûre réflexion. «Nous avons hésité à débuter notre activité avec la santé, en raison des récentes réformes (NDLR : ANI, contrats responsables…). Mais le fort besoin actuel de couverture en individuelle (NDLR : TNS, retraités, chômeurs…) nous a convaincus», souligne Cécile Mérine. «Ce choix est la conséquence d’une frustration : pourquoi les cotisations continuent d’augmenter, alors même que les prestations ne s’améliorent pas véritablement ?», interroge également Raphaël Berger.

Cette offre vise dans un premier temps, en priorité, les travailleurs indépendants, même si elle peut également intéresser les populations couvertes via l’ANI au niveau du panier de soins en guise de couverture surcomplémentaire. Ce focus particulier n’est pas étranger à la réforme de la généralisation, avec une standardisation des contrats collectifs et un sous-équipement des travailleurs non-salariés en santé. Une étude Ifop/Prévoir de 2012 estimait ce taux de couverture à 53%, nettement inférieur à celui des autres populations actives.

C’est ce qui a, par exemple, amené Otherwise à conclure un partenariat avec la communauté numérique KobOne, regroupant près de 70 000 graphistes indépendants. La récente loi Travail instaure, en effet, de nouveaux droits aux personnes recourant à des plateformes professionnelles de type KobOne (assurance, droit à la formation, droit de grève, constitution d’un syndicat…).

Si le courtier s’inscrit résolument comme une fintech, hors de question pour autant de se ­positionner sur le low cost : «les tarifs qu’Other­wise propose sont les mêmes qu’un produit traditionnel axé TNS», note Cécile Mérine. Le bénéfice est, par principe, ailleurs que sur le prix : les deux cofondateurs estiment le retour moyen sur cotisation aux alentours de 20%. «Nous ne voulions surtout pas créer l’UberPop de l’assurance !» ajoute la directrice générale d’Amalfi. Après la santé, Otherwise devrait, grâce à une prochaine levée de fonds, lancer courant 2017 des offres en assurance dommages bâties sur le même principe. Un essor du collaboratif – de la segmentation à tous crins diront les plus criti­ques – qui, outre Otherwise, touche petit à petit le monde de l’assurance : WeCover et InSpeer viennent ainsi de se positionner sur l’automobile.

Emploi

BNP PARIBAS

Architecte IT H/F

Postuler

CIBLEXPERTS

Expert RC construction ou mécanique H/F

Postuler

+ de 10 000 postes
vous attendent

Accéder aux offres d'emploi

Commentaires

Otherwise : une thérapie de groupes pour réduire la facture santé

Merci de confirmer que vous n’êtes pas un robot

Votre e-mail ne sera pas publié