Téléassistance : voici ce que sera la maison du futur

Téléassistance : voici ce que sera la maison du futur
PHOTOS : Martial Ruaud

À Nantes, IMA Protect a entièrement équipé une maison avec ses solutions de télésurveillance. La filiale de l’assisteur mutualiste IMA a pu ainsi valoriser sa capacité d’innovation et donner des idées à de futurs partenaires. Visite guidée.

Derrière son apparente discré­tion, une maison au cœur de Nantes (Loire-Atlan­tique) recèle bien des pouvoirs. Pendant près d’un mois, IMA Protect, filiale d’Inter Mu­tuelles Assistance, spécialisée dans la télésurveil­lance, l’a aménagée pour en faire un showroom grandeur nature. Objectif : présenter ses solutions d’alarme et de pilotage à distance du domicile, ainsi que ses objets connectés. L’intérieur, tout en sobriété, est digne d’une décoration de professionnel.

À y regarder de près, l’endroit est truffé de capteurs et de caméras.

Dès l’entrée, pour pouvoir pousser la porte, il faut s’identifier, avec un code, une carte bancaire ou de transport. Le sésame est personnalisable à l’infini, pour les enfants, la femme de ménage ou la nourrice. Dans le salon, la mezzanine abrite un boîtier aux allures de box Internet. Il permet à IMA Protect de recevoir, en temps réel, les informations relatives à la sécurité, détectées par l’ensem­ble des capteurs de la maison. « Si Internet est coupé, une carte SIM prend le relais », précise Henri Morawek, responsable R&D d’IMA Protect.

Dans la pièce de vie, les baies ­vitrées sont équipées de détecteurs de mouvement. En face, au moindre déplacement repéré, un capteur d’images prend la scène en photos. Les clichés, plus légers que des vidéos, transitent immédiatement chez IMA Protect. Là, les opérateurs analysent les docu­ments – dans 99 % des cas de ­déclenchement d’alerte, il s’agit d’erreurs de manipulations – et réagissent en conséquence (télé­interpellation des intrus via un haut-parleur, envoi d’un agent de sécurité...). Dans le jardin, en cas d’intrusion, une sirène de 100 décibels et un flash lumineux se déclenchent. « Vous êtes dans une zone protégée, veuillez quitter les lieux immédiatement », hurle un haut-parleur. De quoi effrayer plus d’un voleur. Et ce, sans toute­fois réagir à l’oiseau ou au chat de passage.

Au-delà de la prévention des vols, le système gère quantité de risques domestiques. Dans la salle de bains, une sonde repère le moindre dégât des eaux. Le systè­me alerte le client sur son téléphone. Mais surtout, une vanne motorisée coupe l’alimentation générale en eau. Là, comme dans les autres pièces, un détecteur de fumée connecté prévient en cas de problème. Le client reçoit une notification sur son portable. Dans le même temps, un agent peut, via le haut-parleur, aider les personnes à l’intérieur à mieux réagir. Objectif : réduire les ­­risques.

Au total, plus de 50 équipements sont disséminés dans la maison pour avertir en cas d’effraction, d’incendie ou pour simplement simuler une présence. Car ici, les propriétaires peuvent tout ­pil­oter à distance via une appli. Que ce soit pour du confort ou des ­questions de sécurité. Vous voulez vérifier que votre enfant est bien à la maison ? En un instant, vous dirigez une caméra installée dans le salon pour le visualiser en direct. Vous êtes le premier à rentrer à votre domicile ? Désactivez la surveillance en un clic. Toute la famille est allée se coucher à l’étage ? Autant enclencher la télésurveillance au rez-de-chaussée. Le système permet aussi de prévoir des scénarios : fermer les volets à 23 h l’été, allumer la lumière dans le salon à partir de 17 h en hiver pour laisser penser que le lieu est habité...

Séduire les assureurs

« C’est quoi ce cirque, il n’y a plus d’eau ! », hurle Camille depuis la salle de bains. En fait, l’ado est sous sa douche depuis 30 minutes et, pour la sensibiliser à ce gâchis, son père, alerté d’une surconsommation d’eau par téléphone, a fermé les vannes. La scène se passe le 7 juin, dans la maison où IMA Protect organise une « fête » avec ses salariés et ses clients. D’autres événements bizarres émaillent la soirée. Les invités finissent par comprendre... Il s’agit de comédiens. Ils présentent de façon humoristique les solutions IMA Protect pour piloter son logement, et en faire une smart home. « Nous voulions montrer que notre univers connecté va aider l’assureur à réduire les risques et apporter des informations utiles à la personne équipée », explique Jean-Pierre Deleplanque, directeur délégué d’IMA Protect. C’est la première fois que cette entreprise de la télésurveillance investit dans une telle mise en scène. Jusque-là, elle se satisfaisait de son showroom, à son siège nantais. IMA Protect espère-t-elle que les assureurs intégreront ses solutions dans leurs contrats ? « Aujourd’hui ce n’est pas le cas, mais souvent nos 17 clients assureurs exonèrent leurs assurés équipés chez nous de franchise en cas de sinistre. Parfois aussi, ils organisent des promotions durant lesquelles ils offrent les frais d’installation de la protection », remarque Nathalie Camus, responsable marketing et communication d’IMA Protect.

100 % innovation

Au début de l’été, IMA Protect a fait visiter cette maison, louée plusieurs semaines, à ses salariés, ses clients assureurs – parmi lesquels ses actionnaires comme la Maif, la Macif et la Matmut –, mais également des partenaires éventuels. La société a voulu valoriser sa capacité d’innovation mais aussi suggérer de nouvelles perspectives autour de l’Internet des objets (IoT). « IMA Protect n’a pas vocation à vendre des objets connectés de santé, par exemple, mais les assureurs auront de plus en plus envie de mettre ce genre d’outils à disposition de leur clientèle. Notre but sera de leur fournir une plateforme IoT », explique Nathalie Camus, responsable marketing et communication d‘IMA Protect.

L’entreprise entend donner des idées à d’autres fabricants d’objets connectés. De fait, en permanence mise à jour, sa box peut intégrer des solutions satellites et les rendre pilotables. Alors, pourquoi ne pas tenter de séduire Amazon pour son fameux assistant personnel, Alexa, aux allures d’une mini-enceinte ? Il serait, ainsi, possible de l’interpel­ler depuis sa chambre : « Alexa, éteins la lumière ». « Alexa, allume la radio »... De même on pourrait utiliser un tensiomètre connecté et dans ce cas, afficher sa pression artérielle sur l’écran de télé. Quand la sonnette retentit, c’est au tour du visiteur d’apparaître sur l’écran. D’un clic, la grand-mère peut déclencher la serrure connectée sans avoir à se déplacer. La box IMA Protect fait entrer la domotique dans une nouvelle dimension.

  • Alerter Les capteurs de mouvement et les détecteurs d’ouverture déclenchent une alarme en cas d’intrusion. Un agent vérifie alors, à distance, s’il s’agit ou non d’une fausse alerte. Un haut-parleur peut également intimer aux intrus de quitter les lieux.
  • Télésurveiller Les capteurs d’IMA Protect sont reliés à une plateforme de télésurveillance 24h/24. En cas d’alerte, les opérateurs commencent par lever le doute sur le problème supposé (99 % des déclenchements sont des fausses manipulations) en regardant les images fournies par le système. Le cas échéant, un agent de sécurité se rend sur place et la police est avertie.
  • Piloter Depuis une appli, le client gère entièrement sa télésurveillance et bien d’autres fonctionnalités. Il peut allumer la lumière dans une pièce pour simuler une présence, fermer les volets, arroser le jardin...
  • Anticiper Demain, la box peut être reliée à toutes sortes d’objets connectés, par exemple dans l’univers de la santé. Sur l’écran de la télé, la personne est avertie la veille de ses rendez-vous médicaux. Quand elle prend sa tension, le résultat s’affiche et il est envoyé à son médecin...
  • Filmer Avec l’appli, on oriente la caméra pour filmer telle ou telle partie de la pièce. Quand ? Par exemple, pour surveiller le déroulement de la première boum du petit dernier. Considérées comme un outil de confort et non de sécurité, ces images ne sont pas stockées chez IMA Protect. Les autres sont conservées 30 jours.

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