Reavie 2018 : l'assurance de personnes, terre de croissance... et de réorganisation

Reavie 2018 : l'assurance de personnes, terre de croissance... et de réorganisation
Jean-Christophe Amusan Thomas Saunier, DG de Malakoff Médéric et Jean-Laurent Granier, PDG de Generali France

La 29e édition de Reavie a encore été marquée par les nombreuses évolutions que connaît l’assurance de personnes. Lors de la conférence plénière de clôture, Jean-Laurent Granier, PDG de Generali France, et Thomas Saunier, DG de Malakoff Médéric et du Groupe Humanis, ont livré leur vision du marché. Oui, il existe encore des gisements de croissance et des perspectives de développement... Tour d’horizon en six points clés, par Gwendal Perrin et Laure Viel.

La complémentaire santé

Bien choisir les affaires que l’on fait et celles que l’on refuse : telle est la « discipline stricte » qui permet de conserver des perspectives de développement en complémentaire santé pour Jean-Laurent Granier, PDG de Generali France. « Ce n’est pas parce que les marges sont ténues qu’on ne peut rien faire », a renchéri à ses côtés Thomas Saunier, DG de Malakoff Médéric et du Groupe Humanis, faisant entre autre allusion aux réseaux de soins. Certes, les organismes d’assurance en complémentaire (Ocam) évoluent dans un environnement de plus en plus contraint du fait des réformes, comme celle du reste à charge zéro (Rac 0) pour l’optique et les prothèses dentaires et auditives. Une évolution qui n’est pas sans risques : « Plus on réglemente, plus on arrive aux limites du système. Si on va trop loin, on crée un système à deux vitesses », a affirmé Jean-Laurent Granier. Pour Thomas Saunier, il existe aussi un risque de créer du mécontentement : si les réformes devaient encore abaisser les niveaux de remboursement, en touchant encore aux plafonds et aux planchers des contrats responsables, elles pourraient faire des millions de laissés-pour-compte…

Les services

Interrogés sur la menace d’étatisation de la complémentaire santé, une crainte souvent évoquée lors de cette 29e édition de Reavie, les deux dirigeants se sont voulus rassurants, car les contraintes budgétaires font que l’État ne peut pas être partout.

L’espace d’innovation dont disposent les Ocam réside bien entendu dans les services : ils jouent maintenant un rôle décisif dans un appel d’offres sur deux en santé, a indiqué M. Saunier. La téléconsultation s’impose de plus en plus comme un standard – et tous les grands acteurs possèdent des programmes qui constituent leur marque de fabrique. Sous la bannière Entreprise territoire de santé, Malakoff Médéric s’est engagé dans la lutte contre l’absen­téisme. Alors que ce dernier a augmenté de 16 % au cours des cinq dernières années, les entreprises qui ont mis en place des programmes pour maîtriser cette problématique ont constaté une baisse de 12 %.

Chez Generali, c’est Vitality, le programme dédié au bien-être lancé en 2016, qui tient la vedette. Les critiques que Vitality a essuyées ont laissé Jean-Laurent Granier « de marbre » car, aujourd’hui, plus de 3 000 entreprises ont adopté ce programme qui concerne 65 000 salariés.

La dépendance

Pour Jean-Laurent Granier comme pour Thomas Saunier, la dépendance est un autre champ de développement pour les assureurs de personnes. Mais les deux hommes sont restés prudents sur les perspectives. Aujourd’hui, la perte d’autonomie représente un enjeu de 30 Md€ – et les besoins pourraient s’envoler. Mais il est prématuré de faire des paris sur l’avenir, alors que la ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn, vient tout juste de lancer, le 1er octobre, une grande concertation nationale sur le sujet. Autre raison d’être prudent, des « bases statistiques imparfaites », pour M. Granier. « Il est vrai que sur l’assurance dépendance, nous ne connaissons pas tous les paramètres techniques », a confirmé M. Saunier. Dans ce contexte, la seule piste que l’on peut aujourd’hui évoquer est une mobilisation du patrimoine. Une solution justifiée par le comportement d’épargnant des Français.

Épargne et retraite

Plus que d’autres, le thème de l’épargne est révélateur des différences de stratégies. L’absence sur le terrain de l’assurance vie n’est pas un handicap pour Thomas Saunier. « Ce n’est pas notre métier. On n’en fait pas du tout, c’est un choix clair et assumé », a-t-il constaté.

Sur la retraite supplémentaire d’entreprise, l’acteur paritaire affiche une attitude plutôt défensive, d’autant que le contexte fiscal n’est guère incitatif. De plus, les interlocuteurs dans les entreprises ne sont pas les mêmes que pour la santé et la prévoyance, qui représentent le cœur de l’activité du groupe.

En tant que « multispécialiste », Generali est plus optimiste quant aux perspectives de l’épargne retraite. Jean-Laurent Granier s’est dit convaincu qu’elle va se développer, même si les Français privilégient l’assurance vie pour leur épargne longue. Pour booster l’épargne retraite, il souhaite toutefois que le contexte fiscal devienne plus incitatif sur la sortie en rente.

L’organisation interne

Aujourd’hui, presque tous les dirigeants de l’assurance évoquent le mot « agilité » dans leurs discours. Dans un univers toujours plus concurrentiel et, surtout, toujours plus concentré, les géants de l’assurance de personnes doivent concilier taille critique et flexibilité organisationnelle. Generali France s’est par exemple réorganisé autour de cinq marchés-cibles : protection sociale des indépendants, protection sociale des entreprises, IARD particuliers, IARD entreprises et épargne. « Notre organisation tout entière est désormais tournée vers l’efficacité des segments de marché que nous servons », souligne Jean-Laurent Granier. Avec le rapprochement de Malakoff Médéric et d’Humanis, Thomas Saunier espère de son côté des « synergies » pour rester compétitif : « aucun doute que le futur MMH sera une entreprise agile malgré sa taille », assure-t-il.

Les start-up

L’engouement du monde de l’assurance pour les assurtechs est croissant ces dernières années en France, avec près de 80 M€ investis en 2017 – un montant qui devrait être dépassé en 2018.

Generali France et Malakoff Médéric ont déjà développé de nombreux partenariats avec l’écosystème start-up, recevant par ailleurs des dizaines d’appels à financement… L’assureur, historiquement doté d’une stratégie multipartenariale, se veut sélectif quand au choix des start-up avec lesquelles travailler. « Il leur faut, outre un bon business-model, être pratico-pratique dans la mise en œuvre de l’offre assurantielle… et que la valeur ajoutée soit évidente pour le client », résume Jean-Laurent Granier.

Malakoff Médéric s’est, de son côté doté, d’un fonds d’investissement dédié de 150 M€ sur cinq ans, en plus de ses partenariats actuels sur la distribution (+Simple.fr, Utwin…). Un mouvement de fond qui induit un changement d’habitudes, entre des assureurs toujours plus gros et des start-up toujours plus nombreuses… pour, in fine, devenir, là aussi, toujours plus « agile ».

« Dans notre industrie, lancer un produit se fait en six mois… et changer de culture, en cinq ans minimum ! », résume Thomas Saunier.

Aucun doute que le futur MMH sera une entreprise agile malgré sa taille.

Thomas Saunier, DG de Malakoff Médéric

Notre organisation tout entière est désormais tournée vers l’efficacité des segments de marché que nous servons.

Jean-Laurent Granier, PDG de Generali France

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