Quelles stratégies data pour les assureurs ?

Quelles stratégies data pour les assureurs ?

Notre baromètre L’Usine Nouvelle, L’Usine Digitale, LSA et L’Argus de l’assurance en partenariat avec Wavestone montre que les entreprises de l’assurance, de la distribution et de l’industrie ont pris conscience du potentiel des données pour leur croissance, mais sont encore loin de les utiliser comme elles le devraient.

Collecter, uniformiser, enrichir, analyser… Les données ont profondément modifié les pratiques des entreprises. En termes de stratégie data, le secteur de l’assurance part avec une longueur d’avance sur ceux de la distribution et de l’industrie. Sans conteste, il est le plus mature, car il manipule de la donnée depuis toujours via l’actuariat. La distribution, bousculée par l’e-commerce, se trouve contrainte de se réinventer. Enfin, l’industrie est « encore largement tournée vers la production plutôt que vers le service client. De plus, elle possède peu de marge de manœuvre financière pour investir sur la data », analyse Ghislain de Pierrefeu, partner data et intelligence artificielle chez Wavestone.

Mais la lecture de notre baromètre montre une évolution de ces présupposés. L’assurance est sans surprise le secteur qui se sent le plus prêt en matière d’analyse des données avec comme note 6,2 sur 10 de décideurs estimant leur entreprise « mature ». Plus étonnant, l’industrie se juge prête (5,8 sur 10) juste devant la distribution (5,7), dans l’analyse des données. Des résultats qui font dire à Justine Corbel, manager experte en data client grande consommation et e-commerce chez Wavestone : « J’ai été assez surprise de l’autoévaluation des acteurs de l’industrie. J’imaginais l’assurance arriver première, mais je pensais que la distribution se serait autoévaluée meilleure que l’industrie. Je suis impressionnée de voir à quel point l’industrie a déjà mis un pied dans l’étrier, sur la donnée. »

Données clients avant tout

L’essentiel des informations provient des données clients, surtout pour l’assurance, où 92 % des personnes interrogées les citent comme source d’information, contre 82 % dans la distribution et 80 % dans l’industrie. Un constat que relativise Yann Bougaux, manager expert en data chez Wavestone. Selon lui, dans l’industrie, il n’existe « que peu de collecte auprès des clients alors que ce secteur pourrait rassembler plus d’informations via les réseaux sociaux et les bases de données externes. Elle collecte des données internes (l’adresse de leurs clients, les conditions de livraison…) puis s’interroge sur la qualité et la cohérence de ces données. C’est un frein à leur exploitation. » Le deuxième principal foyer d’information est fourni par les données d’exploitation et d’opération. Surtout dans l’industrie, où 72 % des répondants citent cette source de data, quand ils sont 62 % dans l’assurance et 57 % dans la distribution. Viennent ensuite les ressources humaines et les données externes qui s’affichent à 47 % dans l’industrie, contre respectivement 37 et 38 % dans la distribution et 43 et 42 % dans l’assurance.

Les canaux par lesquels les entreprises rassemblent ces données sont issus pour une large part des directions métier pour l’assurance (62 %), l’industrie (51 %) et la distribution (49 %). Chez cette dernière, le site internet prend logiquement une large place, à 53 %, mais l’assurance fait encore mieux, à 58 %, quand l’industrie n’affiche que 43 %. Les industriels recueillent désormais 26 % de leurs données via les objets connectés. L’industrie « s’est équipée en capteurs et en capacités de faire de la maintenance prédictive avec des interfaces de restitution. Et c’est visible dans le baromètre, l’industrie s’est équipée massivement », juge Justine Corbel. A contrario, l’assurance et la distribution sont en retrait avec 12 % de données provenant d’objets connectés.

Trop peu de valorisation

Les entreprises concèdent que les données collectées ne sont pas suffisamment analysées – l’industrie à hauteur de 62 %, la distribution à 61 % et l’assurance à 54 %. Et sont encore plus dubitatives sur la valorisation de leurs données, qu’elles estiment insuffisante à 69 % dans l’industrie, 67 % dans la distribution, 57 % dans l’assurance. Pour pallier ce déficit, les technologies clés à mettre en œuvre sont, pour les personnes interrogées, principalement le data mining (exploration de données), la business intelligence et le machine learning pour les trois secteurs. Il est à noter cependant que 20 % des décideurs ont répondu « ne sais pas » à cette question, dont 27 % dans l’assurance.

Au final, mieux connaître son client est l’objectif principal dans la valorisation des données, l’assurance à 89 %, la distribution à 82 % et l’industrie à 70 %. Cette dernière évoque également comme objectif l’innovation (58 %), l’optimisation des process de supply chain et la prévention des pannes. Quant à l’avenir, l’optimisme est de rigueur. L’industrie pense augmenter sa productivité grâce aux données, avec 89 % de réponses positives, et générer plus de chiffre d’affaires, à 88 %. La distribution imagine créer des produits et services et augmenter son chiffre d’affaires, à 89 %, quand pour l’assurance, l’espoir de mettre au point des produits et services s’établit à 91 %, et celui d’accroître son chiffre d’affaires, à 90 %.

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