[DOSSIER] Révolution de la data : stocker et sécuriser les données 9/11

Blockchain : au cœur de l'expertise d'œuvres d'art

Blockchain : au cœur de l'expertise d'œuvres d'art

La blockchain permet de tracer les données et les métadonnées et offre de nombreuses opportunités. Elle sécurise l’information tout en la rendant accessible partout, tout le temps. Mode d’emploi.

« Est-ce que la blockchain va perdurer malgré la chute des cryptomonnaies ? Oui ! » Leopold Larios de Piña, le directeur du risk management du groupe Mazars, a annoncé la couleur en ouverture d’une table ronde sur les usages de la blockchain, lors des 27e rencontres de l’Association pour le management des risques et des assurances de l’entreprise (Amrae), à Deauville. Selon lui, « le Bitcoin n’est qu’un cas d’usage de la blockchain et il y en a plein d’autres. » Lesquels ? C’était précisément l’objet de cette table ronde : faire découvrir de premiers retours d’expérience concrets d’entreprises utilisant la chaîne de blocs dans la banque ou l’assurance.

Principal exemple mis en avant ? Celui de la start-up Monuma (contraction de Monu pour monument, au sens collection, et de Numa pour numérique) fondée par le Français Emmanuel Moyrand. Celui-ci est parti d’un constat : lorsque survient un sinistre, l’expert arrive toujours après coup. « Or nous voulons généraliser cette expertise, qu’elle soit dans la poche des gens au moment où ils en ont besoin, explique-t-il. Le problème est qu’il y a souvent une suspicion que les datas soient trafiquées. »

Certification durable

Ce passionné de pierres précieuses et diplômé de l’école du Louvre devenu expert d’assurances en objets de valeur est donc parti au CES de Las Vegas à la recherche de compétences, avec l’intuition que la blockchain pourrait être la solution. En effet, cette technologie permet de transmettre et de stocker des informations de manière transparente, sécurisée et sans organe de contrôle centralisé. Cette chaîne de blocs contient l’historique de tous les échanges réalisés entre ses utilisateurs. « Notre intuition fut la bonne, poursuit l’entrepreneur. Nous apportons désormais des preuves sur « quand, où et qui » a pris la photo, avec des métadonnées non modifiables. »

Concrètement, un particulier peut prendre des photos, de manière guidée par l’application Patrimonia, téléchargeable sur smartphone. Il suffit ensuite d’envoyer les clichés à Monuma, qui authentifie les photos en question et, grâce à l’intervention d’un expert juridique, évalue la valeur des biens. Ce service permet de collecter des preuves instantanément et de les certifier durablement. Quel est l’intérêt ? Simplifier la gestion d’éventuels sinistres en permettant aux assurés d’évaluer et de certifier leurs objets de valeur (art, bijou, mobilier, collection ou même vin), ces informations étant traçables et infalsifiables. « Outre l’usage évident lors d’un sinistre, juste après un accident de voiture par exemple, cette application peut aussi être utilisée en prévention, précise Emmanuel Moyrand. Beaucoup l’utilisent déjà par précaution pour enregistrer la valeur de biens à couvrir en amont et, dans une moindre mesure, pour sécuriser et protéger les biens pendant un transport ou un déménagement. » Mais, potentiellement, de grandes entreprises de distribution et de logistique pourraient également s’emparer d’une telle solution afin de mieux identifier les dysfonctionnements dans la chaîne de livraison.

Aligner la sécurité sur les risques métiers

C’est d’ailleurs dans le transport qu’a lieu actuellement la plus grande expérimentation en matière de chaîne de blocs. Chez l’armateur A.P. Møller-Maersk, le capitaine d’un immense porte-conteneurs aura désormais accès à un outil sans précédent, fondé sur la technologie de la blockchain. Cette technologie est-elle aussi infaillible que le prétendent ses plus chauds partisans ? « Aucune innovation n’est à l’épreuve des cyberattaques, la blockchain ne fait pas exception, nuance pour sa part Stéphane Nappo, le Global head information security de la Société générale. Thermo­stat, pacemaker, caméra, le robot Nao : tous ces objets connectés ont déjà été piratés. » Alors que le secteur bancaire cherche de plus en plus à centraliser l’ensemble de ses services sur un seul canal, une sorte d’application client servant de guichet unique, la chaîne de blocs est clairement étudiée pour sécuriser cette porte d’entrée. « Je pense que la blockchain peut devenir la colonne vertébrale de la banque de demain, sous le credo "anywhere, anytime, on any device" », poursuit Stéphane Nappo. Mais le responsable sécurité que je suis appelé aussi à énormément de vigilance, car l’interconnexion peut aussi créer de nouveaux risques. » Le message est clair : la sécurité doit être alignée avec les risques du métier, qui se chiffrent non seulement en milliards d’euros dans le secteur financier mais qui ont aussi le potentiel de déclencher une crise économique internationale.

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