Des risques mieux évalués, pas encore tous maîtrisés

Des risques mieux évalués, pas encore tous maîtrisés
Les collectivités locales doivent gérer de plus en plus de risques... de gouvernance, humains et opérationnels.

Face à la généralisation des démarches de gestion des risques dans le secteur privé, les dirigeants des grandes collectivités ont souhaité évaluer leurs pratiques en la matière.


« Le constat est là : toutes les grandes collectivités doivent faire face à de fortes difficultés budgétaires et ont de plus en plus de dossiers à traiter. Cette mise en tension de nos organisations nous impose de mieux identifier nos risques, pour continuer à répondre aux besoins des usagers », explique Yannis Wendling, directeur de l'audit, du contrôle interne et de la gestion des risques au Conseil général de Seine-Saint-Denis, avant de justifier l'existence de ce baromètre réalisé à l'initiative de l'Association des directeurs généraux des grandes collectivités (ADGGC) et de l'Amrae. « Cela fait 2 ans que nous nous réunissons pour échanger sur nos pratiques de gestion des risques et nos différents outils de pilotage. Avec ce baromètre, nous avons voulu aller plus loin et dresser une image précise à la fois de notre connaissance des risques mais aussi de leur niveau de maîtrise. »

Une diversité des risques

En interrogeant de façon large à la fois les régions, les départements et les communes et intercommunalités de plus de 80 000 habitants, le baromètre a fait ressortir un sentiment global de forte exposition aux risques de gouvernance (échec d'un chantier de modernisation, mutation technologique mal anticipée...), aux risques humains (maladies professionnelles, accident majeur d'un usager...) et aux risques opérationnels (défaillance du système d'information, fraude...). À l'inverse, les risques liés au terrorisme, à la perte brutale d'un collaborateur clé ou à un défaut de fiabilité des informations comptables sont ressenties comme peu critiques. Et lorsqu'on leur demande où se situent les marges d'amélioration en termes de maîtrise des risques, ce sont prioritairement les risques stratégiques, mais aussi sociaux, juridiques et réglementaires qui sont cités. « Ceci s'explique par une logique conjoncturelle : les collectivités expriment leurs difficultés à anticiper l'avenir et à atteindre les objectifs qui leur sont fixés dans un contexte qui est de plus en plus contraint », estime Gilles Proust, président-associé du cabinet Arengi, en charge de cette étude.

Un top 10 des risques prioritaires

En croisant le niveau d'exposition aux risques et la capacité à les maîtriser, le baromètre présente une cartographie détaillée des risques des collectivités locales pour 2013, et permet d'établir le top 10 des risques prioritaires (voir encadré). « Les accidents du travail et maladies professionnelles arrivent en tête, et ce risque est partagé par l'ensemble des collectivités, tant en termes d'exposition que de maîtrise commente Gilles Proust. La seconde position occupée par la "défaillance d'un satellite, d'une concession ou d'une délégation de service public" peut apparaître surprenante vue de l'extérieur mais au sein des collectivités, c'est un vrai sujet de difficultés pour les organisations. » Enfin, le risque d'échec d'un chantier interne de modernisation ou d'un projet de réforme correspond à une inquiétude prégnante des collectivités, dans un environnement en pleine mutation. Pour Christine Cantournet, présidente de la commission ERM 360° à l'Amrae, il est intéressant de faire une comparaison avec le top 5 des risques cités par les entreprises privées, où l'on retrouve les risques politiques et économiques, les risques informatiques et de réputation, ainsi que l'instabilité juridique et fiscale. « Certes, il y aura toujours des différences, mais la maturité et l'évolution des collectivités locales feront qu'on pourra, à terme, se rejoindre sur de nombreux autres points » estime-t-elle.

LE TOP 10 DES RISQUES PRIORITAIRES POUR LES COLLECTIVITÉS LOCALES

  • Accidents du travail/maladies professionnelles
  • Défaillance d'un satellite, d'une concession, délégation de service public
  • Échec d'un chantier interne de modernisation ou d'un projet de réforme
  • Absentéisme
  • Défaillance critique/indisponibilité des systèmes d'information
  • Tension sur des catégories de personnel/des compétences critiques
  • Accident majeur dans un établissement (incendie, effondrement)
  • Fraude interne (agent) ou externe (usagers, autres)
  • Échec/retard/surcoûts d'un projet clé (aménagement, infrastructure...)
  • Mutation (institutionnelle, technologique, sociétale) non ou pas anticipée

Une culture du risque insuffisamment développée

« Une fois les risques identifiés, nous nous sommes intéressés à la façon dont ils étaient gérés au sein de l'entreprise. Or le baromètre nous apprend que la culture du risque est perçue comme largement perfectible par les collectivités elles-mêmes », commente Audrey Lesueur, directeur en charge du secteur collectivité territoriale au sein du cabinet Arengi. Si certains domaines sont particulièrement bien avancés en termes de gestion des risques, comme la sécurité au travail ou la gestion des achats, d'autres nécessitent plus d'impulsions et de moyens, comme la continuité d'activité ou la qualité des services (voir encadré). « Pour les risques budgétaires et comptables, la gestion des risques au sein des collectivités est bien rodée, mais elle se fait encore "en silo", et non de façon intégrée dans un dispositif plus large de risk management », ajoute Audrey Lesueur. Ainsi, d'après les résultats du baromètre, si 76% des élus sont impliqués dans les dispositifs de prévention et de gestion des risques (impulsion, suivi, arbitrage), seule une collectivité sur quatre a mis en place une cellule ou une fonction de pilotage global des risques. Plus inquiétant, seules 15% des collectivités interrogées ont instauré une démarche de cartographie et d'analyse systématique de l'ensemble des risques. « Mais 21% d'entre elles sont en train de l'instaurer, et 30% ont prévu de le faire prochainement », tempère Gilles Proust. « La tendance est bonne, également en ce qui concerne le contrôle interne, déjà en place dans 28% des collectivités. En audit interne, c'est encore mieux, avec plus de deux tiers des organisations déjà opérationnelles ! ».

Et de conclure : « On ressent une vraie impulsion, face aux risques croissants et à un environnement incertain, les collectivités ont désormais compris qu'il est vital pour elles de mettre en place des procédures qui garantissent que ces risques seront parfaitement sous contrôle. Le grand défi sera ensuite d'articuler gestion des risques, contrôle et audit interne... ».

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