Fraude : Le poison des entreprises

En 2011, un cap a été franchi en matière de prévention et de contrôle des fraudes. En France, près d'une entreprise sur deux déclare avoir été touchée par ce fléau, avec une nette progression de la cybercriminalité.

Les résultats de la 6e édition de l'étude de PwC (1) sur les évolutions de la fraude en entreprise sont édifiants : détournements d'actifs, fraudes comptables, corruption, cybercriminalité... Pas moins d'un tiers des entreprises dans le monde en sont victimes. En France, elle touche près d'une entreprise sur deux, soit une progression de 17 points par rapport à 2009.

Des dispositifs de prévention plus efficaces

La principale explication réside dans l'efficacité croissante des dispositifs de prévention et de contrôle mis en place dans les entreprises. Une fraude sur deux serait détectée grâce à ces dispositifs (61% en France). Pour Dominique Perrier, responsable du département litiges et investigations chez PwC, ces chiffres n'ont rien d'étonnant : « Il y a une réelle tendance au renforcement des mesures prises par les entreprises pour lutter contre ce phénomène. En 2005, plus d'un tiers des fraudes étaient décelées par hasard. En 2007, les formations et les audits internes ont permis une sensibilisation et un éveil de la culture d'entreprise. En 2009, les entreprises se sont mises à évaluer leurs outils de lutte. Et en 2011, plus d'une fraude sur cinq est détectée à l'aide de dispositifs d'identification des transactions inhabituelles. C'est une belle progression ! » Et d'ajouter : « Désormais, la France se rapproche des champions de la lutte antifraude que sont le Royaume-Uni, les États-Unis et l'Australie. »

De fait, les grandes sociétés se dotent de systèmes puissants, capables de concevoir et d'effectuer régulièrement des requêtes pour identifier les anomalies et, surtout, d'en analyser les résultats. Mieux équipées, elles sont logiquement celles qui détectent le plus de fraudes (50% des entreprises ayant décelé des fraudes sont des multinationales, contre 17% d'entreprises de moins de 200 salariés). Mais elles sont également celles qui attisent le plus les convoitises et qui offrent le plus d'opportunités de fraudes, de par la diversité de leurs activités dans de nombreux pays. Ainsi, elles déclarent une progression de 8 points de ce phénomène par rapport à 2009.

La cybercriminalité, au 4e rang des fraudes

Fait nouveau de cette édition de l'étude de PwC, la cybercriminalité devient une fraude presque aussi fréquente que la fraude comptable ou la corruption dans le monde. Elle est même l'exemple qui affiche la plus forte progression en 2011 : 23% des entreprises déclarent en avoir été victimes. « Jusqu'à présent, il s'agissait surtout de hackers individuels, mais, récemment, des bandes organisées ont montré qu'elles étaient capables de provoquer de gros incidents en piratant les données clients d'une banque américaine. Les plates-formes de jeux sont également une cible de choix pour ces nouveaux fraudeurs, qui agissent de l'extérieur, à partir de n'importe quel pays », estime Dominique Perrier.

Face à ces nouveaux risques, les dispositifs de prévention et de contrôle des entreprises ont besoin d'être adaptés : une entreprise sur quatre déclare qu'aucun dispositif de prévention ou de détection des risques de cybercriminalité n'est mis en place...

1. Méthodologie : Comme tous les deux ans, cette étude a été conduite dans 44 pays par PwC. 3 877 entreprises de différents secteurs d'activités ont été sondées, entre la fin juillet et la mi-septembre 2011.

PORTRAIT-ROBOT DU FRAUDEUR EN % DES FRAUDES REPORTÉES

  • HOMME (77%)
  • NIVEAU MASTER (37%)
  • CADRE (41%)
  • ÂGE ENTRE 31 ET 40 ANS (43%)
  • ANCIENNETÉ DANS L'ENTREPRISE ENTRE 3 ET 5 ANS (30%)

SOURCE : PWC

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