Interruption d’activité – Pertes d’exploitation – Fournisseurs : L’assurance CBI se cherche encore

La multiplication des catastrophes dans un contexte d’interdépendance accrue oblige assureurs et industriels à explorer de nouvelles voies pour anticiper le risque d’interruption d’activité chez les fournisseurs.

73% du commerce international concernent des biens intermédiaires, soit 8 500 md $ sur 11 500 md$.

Source : Scor
Entre les inondations en Thaïlande et le tremblement de terre au Japon, l’année 2011, à marquer d’une pierre noire pour les assureurs et les réassureurs, avait déjà mis en lumière l’importance des Contingent Business Interruptions (CBI), ces interruptions d’activité chez les fournisseurs occasionnant d’importantes pertes d’exploitation pour les entreprises. Deux ans plus tard, la communauté des assureurs a toujours du mal à cerner cette question pourtant cruciale. Un diagnostic qui a été confirmé lors des journées Global Risk organisées par Mapfre, la première compagnie d’assurances espagnole.

les polices cBi actuelles ne répondent pas aux nécessités, ni aux nôtres ni à celles de nos clients.

doris höpke, présidente exécutive de Munich re Madrid

Dans le cas du Japon, producteur de 15% de l’électronique mondiale, le tremblement de terre et le tsunami avaient entraîné des pertes d’exploitation énormes sur toute la chaîne logistique de ce secteur, l’un des plus sensibles aux CBI avec l’automobile. En Thaïlande, qui représente près du quart de la production mondiale de disques durs, 15 000 entreprises avaient été touchées par les inondations. Résultat, les assureurs avaient dû rembourser des coûts de CBI, alors qu’ils n’avaient jamais perçu de primes pour la rupture de l’approvisionnement. D’où la position actuelle, bien résumée à Séville par Peter Bütikofer, directeur du Property Reinsurance Center de Swiss Re : « Les CBI sont assurables, toute la question étant de quantifier l’exposition et de mettre une étiquette de prix appropriée. » Même si « une transparence totale est impossible, c’est un élément clé, qui concerne toutes les parties prenantes de la police », résume Doris Höpke, présidente exécutive de Munich Re Madrid.

En cas de catastrophe, la spécialisation de la production par zones géographiques empêche de remplacer le fournisseur et potentialise le risque.

Pedro de macedo, président de Mapfre re

Créer un marché autonome et structuré
Un appel du pied aux industriels, étant entendu que les risk managers des grands groupes sont parfaitement conscients de la situation. « Il faut identifier un point médian qui est notre appétit de risque et au-delà duquel les coûts augmentent. Aux assureurs, aussi, de percevoir cet appétit », défend ainsi Adrian Clements, directeur du risk management chez Arcelor Mittal. Dans la pratique, cette évaluation se complexifie à mesure que l’on descend dans la chaîne d’approvisionnement, que les centres de production s’éloignent et que les interconnexions se multiplient. Pour cette raison, Doris Höpke en appelle presque à un changement de paradigme : « La couverture CBI n’est possible que si la rupture d’approvisionnement est perçue d’abord comme un problème de risk-management, avant d’être un problème d’assurance ou de réassurance.» En attendant, les alternatives techniques existent, du moins sur le papier. L’une d’elle serait de réformer la pratique du marché (donc les clauses) en sortant ces risques des polices de dommages aux biens traditionnelles, auxquelles ils sont encore bien souvent rattachés. Il s’agirait par conséquent de créer un véritable marché du CBI, autonome et structuré, avec une harmonisation des polices, cellesci différant encore largement d’un pays à l’autre. Une autre solution serait de parvenir à des remboursements standardisés grâce à l’assurance paramétrique, une technique toutefois longue à mettre en oeuvre et encore inadaptée aux dommages complexes. Le tout, bien sûr, en travaillant davantage la notion – capitale pour les réassureurs – de cumul de risques : risques de catastrophes naturelles, de contreparties, juridiques et financiers, de cybercriminalité… Un vaste chantier, dont les (ré)assureurs présents à Séville n’ont pas caché qu’il conditionnait leur image.

Une police qui s’inscrit dans la mondialisation du commerce

  • Connues sous le nom anglais de CBI, les polices de Contingent Business interruption prévoient une indemnisation en cas d’interruption de la production chez un partenaire commercial, le plus souvent un fournisseur. plus un industrielest dépendant d’un ou de quelques partenaires, plus la CBI
  • Les CBI sont souvent une extension  d’une autre police (dommages aux biens ou BI, pour business interruption), conçue sur mesure. les polices BI couvrent les conséquences d’une interruption d’activité au sein de sa propre entité.
  • Selon le Business Continuity Institute, parmi les causes principales d’interruption, figurent, par ordre d’importance, la panne informatique (ou télécoms), les événements climatiques et les tremblements de terre (ou tsunamis).
  • Dans le cas des inondations en Thaïlande et du tremblement de terre au Japon, les pertes assurées par CBI s’étaient élevées, respectivement à 1 md$ et à 1,5 md$, très en deçà des pertes d’exploitation réelles.
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