« Le niveau des risques augmente plus vite que la croissance économique »

« Le niveau des risques augmente plus vite que la croissance économique »
Robert Brown, Directeur Général de Aon Risk

Convaincu que le risk management fait désormais partie des priorités des dirigeants d'entreprises, Robert Brown, directeur général de Aon Risk, apporte sa vision de l'évolution des risques.


Le risk management a-t-il changé dans la période récente sous l'effet des catastrophes et de la crise économique ?
Les priorités restent dépendantes de la localisation géographiques et de l'activité des entreprises. Mais nous remarquons que les risk managers s'appuient davantage sur les faits et les données pour évaluer leurs risques et s'y préparer. Ce qui suppose de s'organiser pour collecter ces données, les traiter et les analyser de manière fiable et appropriée. Nous sommes de plus en plus sollicités dans ce domaine dans lequel nous avons beaucoup investi.

Les entreprises réduisent-elles leurs programmes d'assurance ?
Au contraire, je pense que les besoins de nos clients augmentent. Il y a d'importantes opportunités d'assurance en particulier sur le marché français qui reste solide et présente pour nous de bonnes perspectives de croissance.

Dans quel domaine par exemple ?
Concernant les assurances de personnes, les entreprises attendent de l'aide pour faire face à leurs engagements vis à vis de leurs salariés. Ils nous demandent, par exemple, comment anticiper les frais croissants en assurance santé. Nous les aidons à structurer des programmes qui permettent de préserver la qualité des prestations qu'ils veulent offrir à leurs salariés tout en limitant les coûts.

Ces nouveaux besoins d'assurance sont-ils avant tout en assurance de personnes ?
Non, mais deux types de nouveaux risques sont actuellement très en pointe. D'une part, les risques liés à l'expansion internationale des entreprises, surtout vers des pays éloignés. D'autre part, les « cyber risks » qui n'avaient pas une telle importance il y a trente ans.

PARCOURS

Entré chez Aon en 2001, Robert Brown a été en charge de la direction générale des opérations de courtage d'assurance et de réassurance au Royaume-Uni avant de devenir responsable du courtage pour l'Europe, le Moyen-Orient et l'Afrique. Il a tout d'abord travaillé pendant 17 ans comme responsable de la souscription pour une compagnie d'assurance notamment à Londres, en Suisse et à Hong-Kong.

Êtes-vous sollicités en matière de cartographie des risques ?
Les risques sont de plus en plus interconnectés dans notre économie mondialisée. Nous avons réalisé d'importants investissements dans des outils de collecte et d'analyse de données, et avons les compétences et l'expertise pour aider les entreprises dans leur cartographie des risques. Nous travaillons en collaboration étroite avec nos clients, afin de leur garantir une évaluation et une maîtrise optimales de leurs vulnérabilités.

La catastrophe de Fukushima, en mars 2011, a-t-elle fait évoluer la cartographie des risques ?
La cartographie est directement liée à la compréhension globale des enjeux et des mécanismes. De ce point de vue, l'accident du Japon a montré les interactions des entreprises entre elles. Elle a révélé la nécessité de prévoir à l'avance des solutions alternatives. La pression vient aussi bien des entreprises clientes qui veulent être sûres qu'elles seront servies en toutes circonstances, que des assureurs qui imposent aux entreprises de préciser le fonctionnement de leur chaîne d'approvisionnement et leur exposition à un risque d'interruption d'activité d'un ou plusieurs fournisseurs avant d'accorder des garanties plus élevées.

Les risk managers sont-ils suffisamment écoutés dans les entreprises françaises ?
Oui, je pense que l'influence des risk managers est croissante car la gestion des risques est au centre des préoccupations des directions générales. Les événements qui n'ont pas été étudiés, anticipés et gérés, peuvent avoir de très graves conséquences pour la poursuite de l'activité.

Vous pensez donc que le risk management fait partie des premières priorités des directions générales ?
Oui, ne serait-ce que du point de vue juridique. Il est de la responsabilité du dirigeant de connaître les risques auxquels l'entreprise peut être confrontée. Il doit pouvoir justifier ses choix devant les actionnaires, par exemple la décision de se développer dans tel ou tel pays et indiquer quelles mesures il a prises pour protéger l'entreprise des risques que cela implique.

Mais il y a tant de priorités aujourd'hui...
Certes, mais le niveau des risques augmente plus vite que la croissance économique. Or, particulièrement en ces temps difficiles, les entreprises ne peuvent pas se permettre de ne pas couvrir leurs risques car cela peut conduire à des retraits de produits, à des procès... Bref, menacer les résultats financiers voire la pérennité même de l'entreprise.

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