[DOSSIER] Dossier risk management : Risques émergents 6/9

Les chaînes d'approvisionnement donnent le vertige aux assureurs (Dossier risk management)

Les chaînes d'approvisionnement donnent le vertige aux assureurs (Dossier risk management)

Les chaînes d’approvisionnement sont de plus en plus complexes et ce mouvement n’a aucune raison de s’arrêter. Mais elles affrontent également de plus en plus de menaces immatérielles (cyber, violence politique, etc.). Leur protection est donc un défi de taille pour les entreprises... et pour les assureurs.

L’année 2011 fut un électrochoc avec la catastrophe de Fukushima et les inondations en Thaïlande. Ces deux événements mirent en lumière l’interdépendance des chaînes d’approvisionnement avec par voie de conséquence des secteurs entiers tournant au ralenti, comme l’automobile ou l’industrie de l’informatique. Mais si le marché a désormais pleinement réalisé le potentiel danger, celui- ci n’est pas facile à écarter pour autant. « Nous sommes dans une période de concentration pour les entreprises qui cherchent à faire des économies en réduisant le nombre de leurs fournisseurs, ce qui crée des positions dominantes, donc un risque fort lorsqu’une usine qui fournit plusieurs acteurs d’un même secteur est défaillante », expose Thierry van Santen, directeur général France d’AGCS (Allianz Global Corporate & Specialty) qui vient de publier un baromètre des risques où les interruptions d’activités génératrices de pertes d’exploitation figurent à la première place pour la quatrième année consécutive. « Il y a eu une telle dépendance entre les entreprises que nous voyons maintenant des situations où le principal client de l’une d’elle entre à son capital car il ne peut pas se permettre de voir cette entreprise disparaître, même s’il a lui-même fait pression sur les prix », précise l’assureur.

Un casse-tête industriel

Cette interdépendance entraîne donc des cumuls potentiels sur des chaînes d’approvisionnement de plusieurs milliers de fournisseurs. Un constructeur automobile comme PSA-Peugeot Citroën compte ainsi plus de 1 500 fournisseurs uniquement pour l’Union européenne, sachant que ceux-ci utilisent 2 000 usines, qui ont elles-mêmes des dizaines voire des centaines de fournisseurs.

« Le plus grand défi d’assurabilité est la mesure de l’exposition des clients. Nous savons que la chaîne d’approvisionnement de l’entreprise est souvent trop complexe pour être cartographiée exhaustivement et trop mouvante pour être figée. Ce qui est important pour nous, c’est donc d’avoir le sentiment que le risk manager maîtrise son exposition et qu’il a mis en place des plans B, C, D, etc. en cas de défaillance de l’un de ses fournisseurs », commente Tristan Huon de Kermadec pour Axa CS. Autant dire qu’assureurs et risk managers doivent travailler main dans la main. Sauf que l’assureur ne peut pas gérer chaque entreprise indépendamment du reste de son portefeuille. « Un assureur peut donner une grande capacité à une entreprise pour couvrir sa supply chain, mais il ne peut pas la donner à plusieurs entreprises du même secteur avec le même fournisseur critique », rappelle Thierry van Santen, justifiant ainsi que les capacités soient limitées sur le marché. « Mais si le marché est conscient qu’il ne peut pas répondre à 100 % au risque supply chain, il n’est pas pour autant dans un constat d’impuissance », ajoute-t-il. La solution ? Une collaboration de place vertueuse entre risk managers et assureurs. La communauté de risk managers s’organise donc pour se doter d’outils de gestion de la supply chain, d’autant que le rôle de l’assurance est mis à rude épreuve par la multiplication des pertes d’exploitation sans dommages. L’Amrae, l’association française des risk managers, appelle d’ailleurs le marché de l’assurance à faire montre de plus de créativité.

La question de l’intégration des données

En effet, même si les sinistres les plus fréquents de la supply chain restaient toujours majoritairement liés à des dommages matériels en 2015, les menaces changent de nature, notamment sous l’effet de la digitalisation, qui superpose des flux de données aux flux de marchandises. Cela pose un défi de taille pour les assureurs traditionnellement focalisés sur les dommages comme FM Global. Cet acteur souhaite conserver son positionnement… tout en multipliant les incursions dans le domaine de la perte d’exploitation sans dommage matériel. « Pour la carence de service, nous intervenons aussi après un événement accidentel, comme l’erreur d’un opérateur chez un fournisseur d’électricité par exemple, et nous couvrons la gestion de risque après un décès sur site, mais aussi désormais après un accident de travail », explicite Emmanuel Bernuchon, directeur adjoint souscription de FM Global.

Pour faire face aux menaces cyber qui se multiplient (lire p. 46- 48), FM Global a choisi de considérer la donnée comme un bien. Mais il reste maintenant à fixer les limites de ces extensions de couverture car les données circulent de plus en plus entre les entreprises et les centres de gestion de celles-ci hébergés par des sociétés de services informatiques. « Si on intègre les données dans la problématique des chaînes d’approvisionnement, ce qui correspond à la réalité du développement de nos entreprises, cela décuple les problématiques de cartographie avec des flux infiniment plus compliqués à localiser et à tracer », développe Sophie Mauvieux, risk manager, qui anticipe déjà les « grandes discussions à mener dans les années à venir avec les assureurs ».

  • Les chaînes d’appprovisionnement sont traditionnellement couvertes par la police dommages et perte d’exploitation qui n’a toutefois pas vocation à couvrir la globalité du risque de supply chain. Depuis trois à quatre ans, quelques assureurs ont cherché à mettre en place des polices sur mesure (incluant les dommages, le risque d’insolvabilité, le risque politique ou la RC produits), encore destinées à un nombre limité de fournisseurs.
     
  • Ce que l’assurance couvre : la police dommages et perte d’exploitation inclut les carences fournisseurs consécutives à des dommages physiques aux bâtiments, aux équipements et aux stocks.
     
  • Ce que l’assurance ne couvre pas (ou peu) : les risques de faillite, de grève, le risque politique ou sanitaire provoquant des fermetures de frontières... Des polices globales existent mais elles n’ont pas rencontré le succès attendu (souscription difficile, nombre de fournisseurs restreint, tarification élevée).

Sophie Mauvieux, risk manager et administratrice de l’Amrae : «Les assureurs sont confrontés à l’accumulation du risque»

  • Peut-on cartographier de façon exhaustive une chaîne d’approvisionnement ?
    L’objectif pour l’entreprise n’est pas de cartographier de façon exhaustive ses flux de supply chain, mais de partager une vision juste et pertinente des risques avec son assureur. À cet effet, elle doit identifier ses fournisseurs critiques, ses expositions majeures, permettre à son assureur d’évaluer le risque en lui ouvrant (dans la mesure du possible) les portes de son fournisseur pour des visites de prévention.
     
  • Ces dispositifs rendent-ils le risque plus assurable ?
    Malheureusement, il faut garder à l’esprit qu’une telle compréhension des risques ne permet pas toujours de susciter l’appétit d’un assureur. Par exemple, si une entreprise identifie un fournisseur critique qui sert également d’autres clients du même assureur, ce dernier, confronté à un risque d’accumulation du risque peut vouloir limiter sa couverture et/ou augmenter le niveau de prime demandé, ou tout simplement refuser de l’assurer. Avec le risque supply chain, les assureurs sont confrontés à l’interdépendance des chaînes et à l’accumulation du risque.

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