Comment relever le défi algérien

Voici un marché à très fort potentiel pour les assureurs et leurs intermédiaires. Mais ces derniers n'ont toujours pas le droit de s'y établir. Uwe Otto, DG de Pari Group, a trouvé la parade.

Il est des instincts qui gagnent à ne pas être contrariés. Celui d'Uwe Otto en fait partie. Cet ancien d'Allianz et de Cecar-Marsh a, très tôt, su que le Maghreb serait un formidable eldorado. Une conviction tellement forte qu'il préfère même quitter Marsh, en 2005, pour mener à bien son projet.

Une société créée sur place avec des associés locaux

« En 2002, en tant que responsable du réseau Marsh en Afrique francophone, j'ai été chargé d'étudier une implantation du groupe en Algérie. Après avoir remis plusieurs projets à ma direction, la décision d'ouvrir un bureau à Alger a finalement été refusée. » Qu'à cela ne tienne, Uwe Otto décide de quitter le groupe pour se lancer dans l'aventure, au service de laquelle il met ses deniers personnels et un carnet d'adresses bien rempli.

Pari Group (deux entités, Pari SARL pour le conseil et Pari courtage pour l'assurance) est officiellement créé en février 2006. Une gageure, parce que s'installer en Algérie relève du parcours du combattant : le protectionnisme économique qui a longtemps prévalu a laissé des traces tenaces, surtout dans l'Administration. L'un des atouts d'Uwe Otto est de s'être adjoint des associés natifs de la région et très au fait des réalités du marché de l'assurance algérienne. Nacer Benabid fut ainsi directeur général adjoint de la Caat, société nationale d'assurances, et Noumeir Artebasse, diplômé de l'École des assurances d'Alger, fut, quant à lui, sous-directeur de la Cash, autre société nationale d'assurances. Des compétences et des réseaux indispensables...

Pour son baptême du feu, Pari Group réalise l'audit des assurances du groupe Mittal, qui possède la plus grande aciérie d'Algérie. Un cas d'école. « Il y avait des erreurs à rattraper, conséquences du manque d'expérience des acteurs locaux en gestion des risques des grandes entreprises, témoigne Uwe Otto. Pourtant, les obligations d'assurance sont très importantes en Algérie. Et le défaut d'assurance peut entraîner jusqu'à plusieurs années de prison... » Pari Group a déjà convaincu de nombreux clients. La société travaille ainsi avec de grands courtiers allemands, américains, anglais et français (Aon, Diot, Marsh, JLT...). Depuis peu, les compagnies d'assurances étrangères ont en effet le droit de s'établir en Algérie, mais pas les courtiers. D'où l'intérêt pour eux d'avoir un correspondant sur place.

Pari Group travaille également avec les grands industriels internationaux qui ont des projets économiques dans la zone (ADP, Danone, par exemple). « L'Algérie bouge beaucoup depuis quelques années. Sous l'impulsion du président Bouteflika, le pays s'ouvre peu à peu. Il y a des projets industriels considérables, marqués par une concurrence internationale énorme. »

Les acteurs algériens y trouvent aussi leur compte

Construction d'un million de logements, d'une autoroute reliant l'Algérie au Maroc et à la Tunisie, d'un métro à Alger, travaux d'assainissement du réseau de distribution d'eau : le pays est en plein boom économique. Or, « les Algériens veulent diversifier les apporteurs et les conseils en assurance », constate Uwe Otto. Et le potentiel est considérable, avec un volume actuel de primes d'environ 398,7 ME pour une population de 35 millions d'habitants.

Pari Group répond aussi à la demande des acteurs institutionnels et privés en matière de formation. « Le directeur des assurances au ministère des Finances nous a dit : d'accord pour que vous vous installiez, à condition qu'il y ait un transfert de compétences », résume Uwe Otto. Composée de cinq salariés, Pari Group recrutera localement petit à petit afin de répondre à son développement.

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