DMP : une bonne idée toujours critiquée

Après le démarrage des expérimentations sur le DMP, de nombreuses questions subsistent, sur le plan économique comme sur son fonctionnement.

Quelques jours après l'annonce du lancement imminent de la carte Vitale 2, Xavier Bertrand, ministre de la Santé, ne dissimulait pas sa satisfaction lors de la présentation du dossier médical personnel (DMP) « in vivo ». À Amiens, lieu d'une expérimentation menée par le consortium Santeos, la mise en scène était minutieusement réglée. Dans le cabinet témoin du docteur Gilles Revaux, médecin généraliste, un premier patient venait créer son dossier médical personnel devant une meute de journalistes. Démonstration réussie en quelques minutes. La consultation d'une patiente, tellement vraie qu'on aurait dit une figurante, a achevé de convaincre de l'intérêt du DMP.

Plus tard, au CHU d'Amiens, le ministre a promis que le calendrier serait tenu : en juillet 2007, chaque assuré social qui le souhaite pourra ouvrir son DMP. Dès lors, « c'est un système de soins dans lequel le patient est de plus en plus acteur de sa santé, a affirmé Xavier Bertrand. C'est un système de santé plus rapide, plus efficace et de meilleure qualité qui se dessine. »

Les médecins dubitatifs

De fait, la création du DMP a tout de la « vraie bonne idée », et « c'est à se demander pourquoi on ne l'a pas fait plus tôt », disait une patiente. Mais bon nombre de professionnels de santé se demandent plutôt si on ne le fait pas trop tard. Dans un entretien accordé au « Quotidien du médecin », Jacques Roland, président du conseil national de l'Ordre des médecins, s'est dit « inquiet » du retard pris par le projet. Il est aussi persuadé « qu'il demandera de gros investissements, que l'entretien coûtera cher. Et on n'est pas du tout sûr qu'il y aura un retour sur investissement en termes économiques ».

Michel Chassang, président de la CSMF, le premier syndicat de médecins libéraux, ne cachait pas non plus son inquiétude. « Le DMP, qui aurait dû être la pierre angulaire du parcours de soins, est en panne », a-t-il lancé, craignant ainsi « la mort de ce qui aurait pu être une bonne idée. Pire, il risque d'être inutile si les patients sont autorisés à dissimuler certaines informations de leur dossier à l'insu du médecin. »

Ces critiques sont loin d'être incongrues. Selon les calendriers initiaux, le déploiement aurait déjà dû commencer et de nombreuses questions demeurent sans réponse. Tout d'abord, cette possibilité éventuelle, pour le patient, de masquer certaines données, peut être considérée comme légitime. Mais quelles seraient ses conséquences en matière de responsabilité médicale pour les professionnels de santé ? À cet égard, rien n'est réglé. Le ministre a promis la tenue, début décembre, d'un colloque sur la partie éthique du DMP. Une association de patients, le Collectif interassociatif sur la santé (CISS), s'est aussi interrogée sur le rôle de la Caisse des dépôts (actionnaire historique de la CNP), qui pourrait se retrouver dépositaire des dossiers.

Au chapitre des coûts, le DMP est censé réduire les interactions médicamenteuses, à l'origine de 128 000 hospitalisations par an, entraînant une dépense annuelle estimée entre 283 et 472 ME. De même, le ministère considère que 15 % des actes médicaux sont redondants, générant un coût de 1 à 1,5 MdE par an. En théorie, le DMP devrait contribuer à leur suppression, au moins partielle.

Des chiffres à la louche

Sur le papier, ces économies devraient rentabiliser les investissements consacrés au DMP, chiffrés par le ministère à 1 MdE sur cinq ans. Mais les estimations de gains ont une fourchette d'incertitude de 50 % et le détail des investissements n'a pas été rendu public. Les inquiétudes sont donc compréhensibles, d'autant que le projet britannique, souvent cité en exemple, est en pleine dérive.

Enfin, si des actes inutiles étaient supprimés, les complémentaires y trouveraient aussi leur compte. Mais comment traiteront-elles leurs assurés qui seraient moins remboursés par l'Assurance maladie parce qu'ils auront refusé d'ouvrir un DMP (la loi prévoit une telle pénalité) ? Reste une autre question, plus anecdotique : comment les assurés sociaux seront-ils identifiés ? Car le numéro de Sécurité sociale est toujours en concurrence avec une nouvelle codification. L'avis de la Cnil, début octobre, est vivement attendu.

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