Il connaît la valeur des compagnies d'assurances

Les compagnies d'assurances cotées sont suivies de près par des analystes capables de décrypter leurs comptes pour recommander les actions à l'achat ou à la vente. Un métier complexe et technique, qui jongle entre l'actualité des marchés et la stratégie des dirigeants.

Quand on s'appelle « Gérez », le destin semble tout tracé. Surtout quand on aime boursicoter. D'abord analyste financier spécialisé dans le secteur de l'assurance au Crédit lyonnais Asset Management (AM) puis chez Exane, Pierre-Marie Gérez est finalement devenu gérant de fonds à la Banque postale AM. Pour l'instant, il cumule deux métiers, souvent séparés dans les sociétés de gestion : analyste et gérant. Sous sa casquette d'analyste, il s'intéresse de près à l'activité d'une centaine de compagnies cotées sur les places boursières européennes, en particulier les valeurs financières, banques et compagnies d'assurances. Sa mission consiste à déterminer la valeur des sociétés pour en déduire celle de leur action en Bourse à une échéance de six à douze mois.

Jongler sans cesse entre présent et long terme

Selon lui, un bon analyste doit « posséder un esprit de synthèse, être capable d'analyser une grande somme d'informations sans se laisser noyer et en tirer l'essentiel ». Alors, comme il n'a pas toujours le temps d'éplucher les bilans et les comptes de résultats, il s'appuie sur le travail de fond venant de brokers. « Ces courtiers possèdent des services entiers allant jusqu'à cent personnes pour suivre des valeurs, et ils font ce travail en profondeur », explique Pierre-Marie Gérez. Après avoir lu leurs notes, il observe, en fonction de la conjoncture, certains indicateurs d'activité ou de bilan.

Actuellement, il surveille les coûts d'acquisition différés des contrats (deferred acquisition costs, DAC) des compagnies d'assurances, qui peuvent peser lourd dans les comptes. « Je vérifie qu'ils sont suffisamment couverts par le flux de trésorerie, sinon, ils entament le résultat. » Il guette aussi les survaleurs (goodwills) constatées entre le prix d'achat d'un portefeuille et sa valeur de marché. « C'est un élément important par les temps qui courent, car les assureurs doivent les provisionner si la rentabilité n'est pas au rendez-vous. » Une fois qu'il a estimé la valeur du titre, il fournit ses conseils à ses collègues, arguments à l'appui. En fonction de l'actualité, il se tient prêt à réajuster ses estimations à tout moment. C'est pourquoi, tous les jours, en fin de matinée, les analystes-gérants de la Banque postale AM se réunissent pour analyser les informations macroéconomiques ou spécifiques à une valeur et modifier leurs positions si nécessaire.

« L'analyse est un travail quotidien de suivi de toutes les informations sur ces sociétés, qu'il s'agisse des résultats trimestriels, de cessions, d'acquisitions ou d'un changement de dirigeant. » Pour autant, « mieux vaut porter son regard sur le long terme et ne pas se laisser influencer pas les soubresauts du marché ». Jongler sans cesse entre le long terme et l'instant présent exige une forte indépendance d'esprit. Il est impératif que l'analyste comprenne la stratégie des sociétés et se forge sa propre opinion sur chaque valeur, notamment en rencontrant régulièrement les dirigeants des sociétés qu'il analyse. C'est encore plus indispensable lorsqu'on se trouve chargé d'évaluer un secteur aussi exposé à la crise financière que celui des banques ! « En trois mois, les critères de valorisation sur le marché ont changé trois fois : valeur à la casse, puis bénéfices attendus en 2011 et, aujourd'hui, on regarde les prévisions de bénéfices 2012. »

Du côté des compagnies d'assurances, ce n'est guère plus facile. « Le secteur est mal aimé des gérants, car très technique, et les comptes de résultats sont difficiles à prévoir. » Le passage aux normes IFRS tout d'abord, puis l'évaluation des portefeuilles avec l'embedded value (la valeur intrinsèque) ont achevé de perdre les analystes et de « décrédibiliser les mesures, car, d'une année sur l'autre, nous avons vécu des variations de 40 % sur l'embedded value ».

Conserver son sang-froid et profiter des excès

La seconde casquette de Pierre-Marie Gérez est celle de gérant de portefeuille. Il s'occupe en personne du fonds commun de placement LBPAM Actions Finances, avec pour mission de faire progresser la valeur du portefeuille. Le principe est simple en apparence : il achète les actions lorsque leur prix est inférieur à l'estimation et les revend lorsqu'elles ont atteint leur potentiel. Mais là encore, il est essentiel de « conserver son sang-froid face aux situations de crise ou d'euphorie, tout en sachant profiter des excès ».

Il n'est pas évident de garder un tel recul lorsque le titre que Pierre-Marie évalue à 20 E tombe à 15 E et entre ensuite dans une spirale baissière sans fond. « Il ne faut pas céder à la panique et on doit rester suffisamment lucide pour, éventuellement, saisir l'opportunité d'en racheter à bon prix, à 10 E et, ainsi, profiter d'un excès du marché. » Confiance, maîtrise de soi, nerfs d'acier et résistance au stress sont des qualités indispensables pour gérer un portefeuille sur des marchés aussi houleux et imprévisibles.

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