Le Maroc se dote d'une Sécu à la française

Une assurance maladie obligatoire verra le jour au début de l'année prochaine. Un progiciel doit permettre de concrétiser rapidement le projet.

Le Maroc crée de toutes pièces son système public d'assurance santé. Le 1er janvier 2005, le royaume alaouite disposera enfin d'un régime obligatoire pour ses 6 millions de travailleurs salariés du secteur privé. Sa montée en charge s'étalera néanmoins sur plusieurs années, et les secteurs d'activité y rentreront graduellement. « Le système s'inspire largement du modèle français », explique Antoine Aizpuru, PDG de Soltim-Proval, l'éditeur du progiciel Esquif sélectionné par le gouvernement marocain. La dizaine d'assureurs santé privés, qui étaient jusqu'à présent seuls sur le marché de la santé du royaume (et qui intervenaient au premier dirham), sera dans la même position que les complémentaires santé de l'Hexagone.

Intention politique, difficulté technique

Le projet marocain a vu le jour fin 2002, avec la promulgation du code de couverture médicale de base destinée à couvrir les dépenses de santé de la population. Une deuxième étape a été franchie en décembre 2003, avec la répartition par décret des quatre organismes chargés de la gestion du régime obligatoire. La Caisse nationale de la sécurité sociale (CNSS), qui s'occupe déjà de la prévoyance sociale, des prestations familiales et de la retraite, a été missionnée pour la gestion du régime obligatoire du secteur privé. Trois autres entités publiques ont été retenues pour les fonctionnaires, les artisans et commerçants et pour les démunis. L'un des principaux obstacles du chantier reste le délai de douze mois entre la publication des décrets et le démarrage du régime obligatoire. C'est court, pour des organismes ne disposant d'aucune expérience en santé. Par exemple, les fichiers des professionnels et les paniers de soins ne sont pas encore finalisés. « C'est aussi un grand changement pour la CNSS », ajoute Antoine Aizpuru. La caisse couvrait 1,3 million de salariés et 94 000 entreprises dans son ancienne configuration, contre 6 millions dans le futur.

« Le gouvernement marocain compte utiliser le progiciel Esquif pour accélérer la mise en oeuvre de l'assurance maladie obligatoire », déclare Antoine Aizpuru. Cette solution a le mérite d'offrir une souplesse de paramétrage pour les évolutions futures des régimes obligatoires. Déjà déployé en France pour ceux de la Mutuelle générale et du Gamex, Esquif doit donc structurer le projet sur des points qui restent encore à définir. Un décalage demeure entre les intentions politiques et la mise en oeuvre technique quant au calendrier.

Dépasser le modèle

En outre, les professionnels de santé ne sont ni répertoriés ni informatisés. La tâche s'annonce donc ardue pour mettre en oeuvre l'objectif final de la mise en circulation des cartes électroniques pour les assurés couplée à un échange de données informatisées entre tous les acteurs concernés. « Les pays en développement ont tendance à brûler les étapes dans l'intégration des nouvelles technologies, rassure Antoine Aizpuru. Le Maroc a déjà une longueur d'avance sur la France pour les télédéclarations sociales. »

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