Le mythe de la délocalisation équitable

Dans son ouvrage, « Délocalisations, Chômage, les Remèdes » (L'Harmattan, 2006), l'économiste Élie Sadigh démontre que les délocalisations ne sont favorables ni aux pays d'origine ni aux pays où l'activité est transférée.

Certaines entreprises voient dans les délocalisations un bon moyen de diminuer leur coût de production afin de sauvegarder l'emploi. Qu'en pensez-vous ?

Les délocalisations sont l'une des principales causes du chômage dans les pays industrialisés. Certains auteurs et responsables politiques tentent de nous faire croire que le chômage est avant tout un problème d'organisation du travail, de flexibilité et de coût du travail. Des mesures législatives sont prises dans ce sens... qui n'aboutissent, au mieux, qu'à la précarité. Selon la relation keynésienne, c'est le niveau des investissements qui détermine le niveau de l'emploi. Les pays industrialisés peuvent financer des investissements dont le niveau leur permettrait de rétablir le plein-emploi. Mais les fonds sont actuellement consacrés, en grande partie, à financer les délocalisations de la production ou des entreprises.

Mais les entreprises n'ont-elles pas de bonnes raisons de le faire ?

Les entrepreneurs des pays industrialisés constatent que la main-d'oeuvre est nettement « moins chère » dans certains pays que dans leur pays d'origine. Ils n'hésitent donc pas à délocaliser tout ou partie de leur production. C'est cette différence de coûts due à des taux de change arbitraires qui leur permet de réaliser des profits considérables et de satisfaire les exigences des financiers, sans se préoccuper des conséquences néfastes. Dès qu'une entreprise d'un secteur délocalise, toutes les entreprises de ce secteur sont obligées de le faire. C'est ainsi qu'ont disparu, dans les pays industriels, les secteurs du textile, de la chaussure, de l'électroménager, etc.

Vous affirmez que les délocalisations ne sont pas favorables aux pays en développement...

Les arguments généralement avancés par ces entreprises sont l'apport des technologies et du savoir-faire dans ces pays, la facilité d'écoulement des produits sur le marché international, etc. Mais les entrepreneurs qui délocalisent ne sont pas philanthropes et ils n'agissent pas en faveur des pays en développement. Les deux principales conditions qui permettraient aux pays en développement de profiter de l'implantation des entreprises délocalisées ne sont absolument pas réunies : il s'agit de l'établissement des taux de change dans le respect de la parité des pouvoirs d'achat et du rapatriement des résultats des exportations dans ces pays en développement. De ce fait, les pays où ces entreprises sont implantées ne profitent pas de la production réalisée chez eux.

Existe-t-il des remèdes pertinents aux délocalisations ?

Si les taux de change étaient établis dans le respect de la parité des pouvoirs d'achat, les délocalisations ne présenteraient aucun intérêt pour les entrepreneurs. Le fonctionnement actuel des économies nationales et de l'économie internationale est régi par des règles arbitraires qui favorisent les délocalisations et en facilitent le financement. Les dirigeants politiques et économiques au plan national et international sont responsables de cette situation, dont le corollaire est l'apparition et le développement du chômage dans les pays industrialisés.

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