Les humanistes, nouveaux phénix des entreprises

L'opération Phénix, lancée par dix compagnies, propose un recrutement en CDI à des étudiants issus de masters en sciences humaines et sociales. Deux mondes qui semblaient s'ignorer se découvrent...

À les écouter, ils ont trouvé la pépite des candidats, le vivier du xxie siècle. L'enthousiasme de Coca-Cola, PriceWaterhouse Coopers, Renault et Siemens pour les profils littéraires à l'issue de l'opération Phénix est sans retenue. Même engouement du côté des banques et des assurances : la Société générale, HSBC et Axa se félicitent de l'opération à la suite de laquelle ils ont embauché des étudiants issus de filières en sciences humaines et sociales.

Du sport à la Société générale

Ces sept entreprises ont fait le pari, avec dix universités d'Île-de-France, d'amener à elles des étudiants littéraires, traditionnellement orientés vers l'enseignement ou la recherche. Véritable opération de séduction, Phénix a ainsi permis de recruter 35 d'entre eux en contrat à durée indéterminée. Ils sont en poste depuis janvier, après avoir reçu une formation de gestion de 325 heures.

« Si j'avais essayé d'impulser ce genre d'initiative dans la fonction publique, on serait encore autour d'une table en train de réfléchir, et de s'entendre dire qu'on ne peut rien changer » affirme Bernard Deforge, coordinateur de Phénix et ancien doyen de l'université de lettres de Caen, ex-professeur de langues et de littérature ancienne. Engagé depuis vingt ans en parallèle dans le monde privé, et aujourd'hui chez PriceWaterhouse Coopers, il regrette « la mauvaise manie française de spécialiser les individus ». Le projet, précise-t-il, n'est pas de professionnaliser l'université, mais de mettre en avant les compétences et la personnalité des jeunes juste après leurs études.

Pour le deuxième opus de Phénix, les entreprises rejointes par l'Oréal, Randstad et Thalès n'ont pas annoncé le nombre de postes à pourvoir. Prudentes, échaudées par les désistements de l'an dernier qui n'avaient permis de pourvoir que la moitié des postes proposés, elles préfèrent parler de « métiers » ouverts.

Sur le forum, Céline, 25 ans, qui venait de décrocher son diplôme de professeur de sport, est aujourd'hui chargée de compte en middle-office à la Société générale. « Il a fallu que je m'investisse fortement pour maîtriser tout le jargon de la banque et, aujourd'hui, j'apprécie le travail en équipe » confie-t-elle.

Dépoussiérer l'université, valoriser les compagnies

Alléchés par la perspective d'un CDI, les nouveaux cadres seraient rémunérés sur les grilles de salaires classiques. Même si, « bien sûr, on ne s'aligne pas sur ceux des étudiants sortis de grandes écoles de commerce », nuance une conseillère en recrutement.

L'opération Phénix vient dépoussiérer l'image figée d'universités prestigieuses, où « des étudiants qui ne sont pas faits pour enseigner se retrouvent avec des bourses de thésards qui ne conduisent à rien », selon Maurice Quenet, le recteur de l'Académie de Paris, bien décidé à changer les mentalités. Côté entreprises, l'opération tombe à point nommé pour valoriser - avec des élites - la « diversité » chère aux RH.

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