Portrait : L'ÉLITISME OECUMÉNIQUE

Portrait

: L'ÉLITISME OECUMÉNIQUE



La tradition, ça a parfois du bon. Le nouveau président de la FFSA en est la démonstration vivante. Aristocrate, catholique pratiquant et militant paroissial, bon père de famille nombreuse, propriétaire terrien en Anjou, passionné de généalogie... : le profil de Gérard Machet de La Martinière est assez éloigné du bourgeois bohème post-soixante-huitard, modèle très en vogue ces temps-ci. Il en incarne même l'antithèse absolue, représentant qu'il est d'une élite à la française sur laquelle le temps semble glisser. Ses diplômes prestigieux et républicains (X et Ena) font oublier, à ceux qui en auraient besoin, son extraction. Difficile à prendre en défaut, sa culture est mise en valeur par un art de vivre subtil, assorti de bonnes manières et d'une gentillesse désarmantes. Enfin, il mène une carrière réussie de haut fonctionnaire et de dirigeant d'entreprise qui tempère son côté " vieille France ", avec à la clé une aisance financière favorable à la paix de l'esprit. Le tout semble un peu trop parfait. Mais Gérard de La Martinière fait preuve de suffisamment de rondeurs et d'onctuosité pour que ses interlocuteurs se sentent à l'aise et se concentrent sur l'essentiel. Et l'essentiel, pour lui, ce sont d'arides sujets : finances, comptabilité, audit sur un mode international. Autant de matières qu'il possède sur le bout des doigts. Sa formation scientifique l'incite à connaître le pourquoi du comment avant de se prononcer. Du coup, les discussions sont souvent longues et approfondies et les décisions mûrement réfléchies. Chez Axa, où il a passé treize ans et participé à l'aventure des grandes acquisitions, cette disposition d'esprit aurait pu se révéler handicapante, la valeur numéro un du groupe n'étant pas la lenteur... Mais Gérard de La Martinière a réussi à imposer son style. Ce responsable ultime des finances, du contrôle et des dossiers juridiques sensibles a su s'accaparer le rôle du modérateur au sein du comité de direction. N'étant pas homme de pouvoir mais plutôt de dossiers, préférant l'écoute attentive à l'initiative intempestive, il a su dès 1993, de la bouche de Claude Bébéar, qu'il ne serait pas son successeur. Partant, sa position est devenue on ne peut plus claire, et l'homme est apparu d'autant plus sympathique aux prétendants au trône. La carrière de Gérard de La Martinière n'est pas réductible à son parcours chez Axa, bien au contraire. Cet amoureux du classicisme a poussé le raffinement jusqu'à organiser une symétrie totale entre son itinéraire de haut fonctionnaire et celui de cadre dirigeant : dix-sept années dans les deux cas. Le premier l'a mené de l'inspection des finances à la direction de la comptabilité publique au Trésor. Une perspective parfaite, avec vue imprenable sur le système des deniers publics. L'ancien haut fonctionnaire se souvient du sens de l'État qui animait ses équipes, " motivées par l'importance et la dignité de leur tâche ". Mais il se remémore aussi les lourdeurs administratives, la bureaucratie, qu'il qualifie joliment de " prison des procédures ". Laquelle ne fut pourtant pas la raison de son départ. Serviteur de l'État, mais aussi collaborateur de ministres sous Pompidou et Giscard, Gérard de La Martinière subodora en 1981 que l'alternance politique ne favoriserait pas sa carrière, impression confirmée en 1988 avec la réélection de François Mitterrand. Entre les deux, Gérard de La Martinière est passé par le secrétariat général de la Cob et la direction générale de la Société des Bourses françaises, et s'est frotté aux marchés financiers. Un an plus tard, il rejoint Axa, rompant par ce " pantouflage " définitif ses derniers liens avec l'autorité publique. Désormais, il officie à la FFSA. Une manière pour lui de faire la synthèse entre l'État et le privé, tout en quittant le nouvel Axa par la grande porte. Une façon pour la fédération d'utiliser son carnet d'adresses, sa connaissance des dossiers et, surtout, son art du compromis. Aujourd'hui divisée en de multiples chapelles, l'instance a besoin de faire la paix, à l'intérieur comme à l'extérieur. Les excellentes manières de Gérard de La Martinière, qui rappellent celles des ecclésiastiques, devraient contribuer fortement au retour de l'oecuménisme.

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