Président D'Aegon" SEUL LE PARTENARIAT AVEC LA MONDIALE AVAIT UN SENS "Le géant néerlandais de l'assurance vie Aegon vient de prendre une participation de 20 % dans le capital de la holding de La Mondiale. Le potentiel de développement du marché des fonds de pension en France et en Europe a pouss...

Président D'Aegon

" SEUL LE PARTENARIAT AVEC LA MONDIALE AVAIT UN SENS "

Le géant néerlandais de l'assurance vie Aegon vient de prendre une participation de 20 % dans le capital de la holding de La Mondiale. Le potentiel de développement du marché des fonds de pension en France et en Europe a poussé les deux partenaires à créer un réseau spécialisé en retraite collective. La qualité de la signature financière d'Aegon lui confère un avantage concurrentiel.

L'accord qui vient d'être conclu entre Aegon et La Mondiale a créé la surprise. Que peut apporter un grand groupe américano-néerlandais de dimension internationale à une société de plus petite taille, encore très franco-française ?

D'abord, la possibilité de former ensemble un réseau européen performant dans le domaine des retraites. En France, grâce aux compétences de La Mondiale ; aux Pays-Bas et au Royaume-Uni, grâce à celles du groupe Aegon. Aux États-Unis, nous partagerons nos savoir-faire technologiques et notre expérience dans les domaines de la gestion d'actifs et des services aux clients. Nous leur ferons connaître l'ensemble de nos canaux de distribution.

Et que vous apporte La Mondiale ?

Ses compétences sur le marché européen des retraites. En plus, nous sommes impressionnés par la capacité de La Mondiale partenaire à vendre des contrats d'assurance vie adaptés aux besoins d'une clientèle haut de gamme par l'intermédiaire de gestionnaires de patrimoine et d'institutions financières. Nous pensons que la France offre des opportunités importantes de développement dans le domaine des retraites, compte tenu des prochaines évolutions législatives et de l'existence de besoins de couvertures complémentaires. L'expérience en France nous permettra ensuite de nous développer sur les marchés allemand, italien et, peut-être même, sur d'autres en Europe.

Pourquoi votre choix s'est-il porté sur La Mondiale ?

Nous pensons que cette compagnie est la plus forte sur le marché des retraites. En plus, les équipes s'apprécient beaucoup et nous partageons la même culture. Cela peut paraître étrange de pouvoir faire bien travailler ensemble des Français, des Américains et des Néerlandais. Par exemple, les gens qui entrent à La Mondiale y restent. Il en va de même chez Aegon. C'est très important.

Avez-vous envisagé de créer de toutes pièces une société d'assurance vie ou d'en acheter une qui existait déjà ?

Sur un nouveau marché comme la France, nous avons privilégié des compétences déjà existantes dans nos domaines d'activité principaux que sont l'assurance vie et la retraite. La France est un marché complexe qu'il est difficile de pénétrer par acquisition. Nous avons donc préféré choisir un partenaire compétent qui maîtrise vraiment la culture locale.

Vous avez choisi la voie du partenariat, boudée des grands groupes cotés en Bourse. Comment valorisez-vous ce type d'accord auprès de vos actionnaires ?

Nos actionnaires estiment qu'il est important d'entrer en France en partenariat avec une société déjà bien établie. La participation de 20 % d'Aegon dans la société holding, La Mondiale participations (1), sera profitable.

Un accord de partenariat de ce type, même ambitieux, ne risque-t-il pas d'être plus fragile qu'une acquisition ?

Quand vous achetez une compagnie, des problèmes se posent, de toute façon, si les équipes ne partagent pas la même vision des réalités. Le succès de l'opération peut, dans ce cas, être également compromis. Il est important de satisfaire à la fois les salariés, les actionnaires et les clients. C'est une conception que nous partageons. En plus, 90 % de l'activité du groupe Aegon est centrée sur l'assurance vie, les retraites, la protection et l'accumulation des actifs. Ce sont également les marchés que cible La Mondiale.

Avant l'accord avec La Mondiale, avez-vous examiné d'autres opportunités de développement en France ?

Effectivement, mais aucune solution ne nous paraissait logique. Seul le partenariat avec La Mondiale avait un sens.

Si vous êtes tellement sûr de votre partenariat avec La Mondiale, vous ne vous contenterez pas de 20 % du capital de la holding. Jusqu'où comptez-vous aller ?

Nous ne voulons pas prendre le contrôle. L'objectif est d'abord de monter un réseau européen de retraite.

Quels sont les pays européens où vous souhaitez vous développer avec La Mondiale ?

La priorité est bien sûr la France, puis l'Allemagne, l'Italie et, peut-être, l'Espagne - où Aegon a déjà des activités. Nous avons l'esprit ouvert. Nous pourrions réaliser des acquisitions ensemble, nouer des partenariats avec d'autres entreprises ou démarrer une activité nouvelle. Le premier pays pourrait être l'Allemagne. Un comité, composé d'experts dans le domaine des retraites, représentant La Mondiale, Aegon Pays-Bas, le Royaume-Uni et les États-Unis, examine les opportunités qui peuvent se présenter en France et dans d'autres pays. Nous tenons à conserver nos structures décentralisées, parce que les personnes originaires du pays d'implantation comprennent mieux les mécanismes qui régissent leur propre marché. Je pense également que La Mondiale appréhende mieux que nous les marchés allemand et italien.

L'expérience menée dans le domaine de la vente directe par votre filiale Money-Maxx semble bien fonctionner. En quoi consiste-t-elle et comment comptez-vous transmettre votre savoir-faire à La Mondiale afin qu'elle l'utilise en France ?

En Allemagne, aux Pays-Bas, en Belgique et en Espagne, Money-Maxx vend des produits d'épargne très simples par voie de publicité dans les journaux. C'est une réussite. Si La Mondiale considère que cette méthode peut marcher en France, nous sommes tout à fait disposés à leur transmettre notre savoir-faire.

Comptez-vous exporter dans d'autres pays le type d'activité développé par La Mondiale partenaire auprès d'une clientèle haut de gamme ?

C'est tout à fait possible, car La Mondiale travaille très bien dans ce domaine. Par exemple, aux États-Unis, où Aegon a établi des relations avec la plupart des grandes banques, les produits vendus sont très simples. Par conséquent, nous pensons qu'il serait possible d'avoir recours notamment à des réseaux de gestionnaires de patrimoine.

Quelles difficultés avez-vous rencontrées au cours des discussions avec votre partenaire ?

La plus grande difficulté a sans doute été de mettre par écrit nos projets afin qu'ils répondent à toutes les contraintes juridiques.

Bien que coté en Bourse, vous avez racheté, au Royaume-Uni, Scottish Equitable, que vous avez démutualisé. N'est-t-il pas paradoxal de faire alliance avec une mutuelle, présidée par Patrick Peugeot, qui se déclare hostile à la démutualisation ?

Sans doute parce qu'Aegon a une histoire mutualiste. Ce groupe a été fondé par la fusion d'une mutuelle et d'une société par actions néerlandaises. Mais l'essentiel est ailleurs. La priorité est pour nous de satisfaire à la fois les assurés et les actionnaires et, pour cela, il est important d'aller chercher une grande marque et de trouver les équipes qui nous paraissent les meilleures. Or, il se trouve qu'en France, c'est une mutuelle qui a le mieux répondu à cette double exigence.

En juillet, Aegon a prévu une forte baisse de son résultat 2002 en raison de son exposition aux États-Unis et aux risques de moins-values boursières. Quelles sont les mesures prises pour limiter les dégâts sur vos comptes ?

Les opportunités de gagner de l'argent sur les marchés actions et obligataires ont été exceptionnelles au cours des années quatre-vingt et quatre-vingt-dix. À tel point que les assureurs sont apparus beaucoup plus forts qu'en réalité. Aujourd'hui, la conjugaison de la forte volatilité des titres, du niveau très bas des taux d'intérêt et du taux de défaillance élevé des entreprises nous fait souffrir. Mais les fondamentaux de notre activité restent tout à fait robustes, même si, quand la Bourse faiblit, l'entreprise est moins riche qu'avant. C'est le cas aujourd'hui. Aegon va continuer à enregistrer de bons résultats et la reprise des marchés financiers contribuera à notre réussite. Certes, les difficultés actuelles nous empêchent de réussir comme on le souhaitait. Mais nous sommes dans une activité de long terme. Enfin, c'est la première fois dans notre histoire que nous lançons un avertissement sur les résultats du groupe.

Pensez-vous conserver la bonne note " AA - " délivrée par Standard & Poors, attestant de votre solidité financière ?

On ne peut jamais être sûr avec les agences de notation, mais nous avons l'intention de capitaliser suffisamment le groupe pour rester dans la catégorie " AA ".



(1) NDLR : cette société regroupe les activités non mutualistes de La Mondiale - à savoir La Mondiale entreprises (elle deviendra Arial assurance avec le groupe AG2R), La Mondiale partenaire (comprenant l'ex-Hénin vie) et la société luxembourgeoise.



SA CARRIÈRE

De nationalité américaine, Donald James Shepard est né le 4 octobre 1946, dans l'Iowa, aux États-Unis. Il est diplômé de l'université de Chicago (MBA Degree).

1970-1984 Il est vice-président de Life Investors.

1984-1988 Il devient vice-président et directeur général de Life Investors.

1989-1992 Président et CEO d'Aegon USA.

1992-2002 PDG d'Aegon USA.

Depuis 2002 Président du comité exécutif d'Aegon Hollande.

Parmi ses autres responsabilités, citons ses fonctions de membre du conseil d'administration d'Aegon USA et de " trustee " du réseau de soins de Johns Hopkins et de l'université Johns Hopkins.

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