, PRÉSIDENTE DE LA MUTUELLE GÉNÉRALE : " MG SE DEVELOPPE EN COLLECTIVES "Cofondatrice de l'UMR, l'ex-MGPTT a créé une plate-forme santé, Ligne claire, avec deux autres mutuelles de fonctionnaires. La deuxième mutuelle de France est résolument tournée vers l'assurance collective, qu'elle propose à...

, PRÉSIDENTE DE LA MUTUELLE GÉNÉRALE : " MG SE DEVELOPPE EN COLLECTIVES "

Cofondatrice de l'UMR, l'ex-MGPTT a créé une plate-forme santé, Ligne claire, avec deux autres mutuelles de fonctionnaires. La deuxième mutuelle de France est résolument tournée vers l'assurance collective, qu'elle propose à tout le secteur privé.



Pour quelles raisons avez-vous participé au sauvetage du Cref ?

La MG vient en aide au Cref car elle en est partie prenante. Elle le propose à ses adhérents depuis 1987, et ils sont 44 000 à l'avoir souscrit. Elle ne peut donc pas s'en désintéresser. En outre, la retraite est un sujet d'actualité qui prend une grande ampleur, et je pense qu'un complément retraite mutualiste trouve sa place dans ce débat.

Où en est la constitution de l'union qui remplacera la MRFP ?

L'Union mutualiste de retraite [UMR] a été créée le 25 février 2002. Sa première AG a eu lieu et son conseil d'administration a été constitué. Après l'adoption du décret précisant les conditions de fonctionnement du nouveau complément retraite, il ne lui restera plus qu'à obtenir l'agrément administratif et à effectuer le transfert de portefeuille pour fonctionner.

De quel montant sera votre participation financière ?

La MG participera à l'UMR à hauteur de 12,96 M€, montant maximum décidé par notre conseil d'administration. Cette participation est relative à notre poids au sein du Cref, soit environ 10 % des sociétaires. Au total, 230 M€ sont nécessaires pour constituer la marge de solvabilité.

Pourquoi avoir préféré, en 1986, le Cref à la Préfon qui était un régime entièrement provisionné ?

D'abord parce qu'il s'agissait d'une solution mutualiste. En effectuant l'analyse des produits du marché, le principe de la répartition a pesé dans la balance. En fait, au départ, nous souhaitions créer notre propre caisse autonome en retraite. Mais nous nous sommes heurtés au refus de l'organisme de tutelle, qui ne donnait plus aucune autorisation pour fonctionner en répartition. Déjà, les régimes existants bénéficiaient d'un système dérogatoire depuis la mise en place du Code de 1985. La seule solution résidait donc dans un partenariat ; nous l'avons choisi mutualiste.

La MG s'est ouverte à certains métiers du secteur interprofessionnel. Jusqu'où ira-t-elle ?

La démarche trouve ses limites dans celles de nos statuts. En assurance individuelle, la MG s'est ouverte aux professions de la communication, ce qui reste proche de son coeur de métier, les télécommunications. Pour autant, nous n'avons pas l'intention de devenir une mutuelle interprofessionnelle. Sur 700 000 adhérents, seuls 100 000 sont non fonctionnaires. Ils représentent en majorité les conjoints et les enfants de nos adhérents. L'ouverture à de nouvelles populations est un passage obligé : malgré les départs en retraite, le nombre de recrutements ne cesse de diminuer, que ce soit à La Poste ou à France Télécom. En effet, le renouvellement ne s'effectue plus sur le terrain des fonctionnaires, mais parmi les salariés de droit privé. J'ai l'habitude de dire que la MG est un être mutant : elle reste une mutuelle de fonctionnaires, mais suit l'évolution de ces deux entreprises.

Est-ce la raison pour laquelle la MG s'est ouverte aux couvertures collectives ?

Oui. Notre mutuelle s'est développée en collectif pour répondre à la demande des nombreuses filiales de La Poste et de France Télécom. Nous avons aussi décroché le contrat prévoyance de Natexis Banque populaire, qui représente près de 5 000 têtes. Cette ouverture ajoute des cordes à notre arc. Mais les contraintes sont fortes : nous pouvons à tout moment être mis en concurrence, et les marges techniques sont moins bonnes qu'en individuel. En outre, il n'y a plus de solidarité vis-à-vis des retraités. Il faut donc prévoir une offre pour les couvrir, notamment en décès et en dépendance, la couverture santé étant prévue par la loi Évin. Le collectif se développera dans le monde mutualiste, c'est inéluctable.

L'accord avec Azur-GMF devrait également vous amener de nouveaux adhérents ?

En tout cas, c'est l'objectif. Grâce à l'accord croisé avec la GMF, la MG continuera de proposer des garanties IARD à ses membres. Réciproquement, la GMF offrira un produit santé MG à ses adhérents non fonctionnaires, qui deviendront membres participants de notre mutuelle à travers un contrat groupe ouvert. Ce partenariat devrait nous apporter du sang neuf. D'ici à cinq ans, nous espérons voir notre portefeuille croître de 50 000 personnes. Bien sûr, tout dépendra du produit que nous mettrons en place. Mutualiste, il comportera quelques innovations, notamment le remboursement du vaccin contre la grippe. Je pense d'ailleurs que les mutuelles devraient élargir leurs garanties, dans la limite de ce que les adhérents sont prêts à payer, bien entendu.

La création de votre plate-forme, Ligne claire, avec la MNH et la MNT suit-elle cette logique de partenariat ?

En effet. La MG, la Mutuelle nationale des hospitaliers et la Mutuelle nationale territoriale se sont rapprochées car elles se retrouvent toutes sur un secteur concurrentiel : la MG sur le collectif, la MNH et la MNT sur leur domaine professionnel. Nous sommes les rares mutuelles de fonctionnaires confrontées aux exigences de ce marché. C'est pourquoi notre analyse diffère de celle des autres, qui restent centrées sur leur secteur et s'opposent à toute concurrence. Nous avons donc créé une union d'économie sociale, qui rend les trois structures copropriétaires de la plate-forme. Celle-ci, opérationnelle en Rhône-Alpes et en Aquitaine, est généralisée à tout le territoire, hors départements d'outre-mer. Elle couvrira 3 millions de personnes, et donnera l'occasion de développer des relations avec les professionnels de santé.

Comment expliquez-vous les déficits que la MG a connus, à travers ses caisses autonomes décès et incapacité-invalidité ?

Il faut d'abord comprendre une chose : contrairement à la plupart des mutuelles, la MG est l'assureur de ses contrats prévoyance. Porteuse du risque, elle doit constituer des provisions et une marge de solvabilité plus importantes. Notre garantie décès, viagère, fonctionnait en répartition, comme dans beaucoup de mutuelles. Il n'existait aucune provision pour risque futur. Or, le nombre de retraités va augmenter et celui des fonctionnaires diminuer. Un provisionnement de plus d'un milliard d'euros aurait été nécessaire pour faire face aux engagements futurs. C'est pourquoi nous avons modifié notre offre prévoyance. Désormais, les garanties décès cesseront à 65 ans. Nous expliquons à nos adhérents cette offre qui comprend dorénavant des produits obsèques et dépendance pour tous, et leur donnons la possibilité de refuser ces nouvelles garanties. Ils disposent d'un an pour se décider, sinon un choix par défaut leur sera appliqué. Cette réforme est difficile, mais indispensable pour obtenir l'agrément en décès et respecter les exigences du nouveau Code de la mutualité.

Vous avez également augmenté vos cotisations en prévoyance. Comment vos adhérents ont-ils réagi ?

En effet, nous avons augmenté les cotisations sur la garantie incapacité-invalidité pour équilibrer ce risque, qui se détériore de 8 % à 9 % par an. Quant à la garantie décès actuelle, la cotisation a été portée à 1 % de la pension au 1er juillet 2001 pour les plus de 65 ans qui souhaitent en bénéficier. Il y a eu quelques réclamations, mais elles restent minimes. En revanche, les adhérents posent beaucoup de questions sur notre nouvelle offre.

Les mesures prises vous permettront-elles d'atteindre l'équilibre pour 2001 ?

Je ne pense pas, car les décisions prises n'ont pas eu d'effet sur une année pleine et la nouvelle offre n'entre en application qu'au 1er juillet 2002. Notre objectif, à terme, est de reconstituer nos fonds propres, en arrivant à des ratios prestations sur cotisations de 0,85 en santé et de 0,90 en prévoyance. Nous pourrions, pour arriver à ces ratios, revoir nos garanties au lieu d'augmenter nos cotisations, mais ce sont des mesures difficiles à faire voter par l'AG et à expliquer aux adhérents. C'est toute la différence entre une société d'assurances et une mutuelle.

La différence entre les mutuelles de fonctionnaires et les mutuelles interprofessionnelles a-t-elle toujours une signification ?

Les mutuelles de fonctionnaires conservent deux spécificités fondamentales. Elles sont gestionnaires du régime obligatoire, et peuvent développer des garanties prévoyance solidaires que ne peuvent mettre en place les mutuelles interprofessionnelles, qui sont dans un système individuel et doivent faire de la sélection. C'est pourquoi je ne crois pas trop à la concurrence entre les mutuelles de fonctionnaires. Elles sont sur un marché encore captif, et tentent de répondre aux besoins de leurs propres agents. Les " interpro ", elles, opèrent sur des marchés beaucoup plus concurrentiels, et ont dû mettre en place des tarifications par tranches d'âges, qui choquent parfois les mutuelles de fonctionnaires. Mais celles-ci commencent à se poser des questions, lorsqu'elles constatent que les jeunes fonctionnaires vont voir ailleurs. et Delphine Plisson



SA CARRIÈRE

1970 Jacqueline Jougla commence sa carrière comme contrôleur aux chèques postaux de Paris.

1975 Elle devient inspecteur au bureau de poste de Paris 13, jusqu'en 1983.

1977 Elle est élue pour la première fois dans un des comités de section de la MGPTT puis, en 1979, à la commission de contrôle nationale.

1983 Mutée à la direction départementale de La Poste de la Seine-Saint-Denis, en tant qu'inspecteur du service social, elle est parallèlement élue au conseil d'administration de la MGPTT.

1984 Elle devient responsable des services financiers, de la production et du contentieux des bureaux de Seine-Saint-Deni, en tant qu'inspecteur principal.

1985 Elle entre au bureau national de la MGPTT en tant que trésorière adjointe.

1986 Mise à disposition de la mutuelle, elle est chargée de la mise en place du partenariat avec l'Unmrifen FP afin de proposer le Cref aux adhérents de la MGPTT.

1991 Elle est élue trésorière générale de la mutuelle.

1995 Elle en devient la vice-présidente générale.

1999 Elle est nommée présidente générale de la MG.

Testez L'Argus de l'assurance en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Le Magazine

ÉDITION DU 28 février 2020

ÉDITION DU 28 février 2020 Je consulte

Emploi

GROUPAMA OCEAN INDIEN

Responsable du pôle courtage professionnel entreprises et collectivités H/F

Postuler

Assurances Saint Germain

Rédacteur Production Sinistres H/F

Postuler

+ de 10 000 postes
vous attendent

Accéder aux offres d'emploi

APPELS D'OFFRES

Proposé par   Marchés Online

Commentaires

, PRÉSIDENTE DE LA MUTUELLE GÉNÉRALE : " MG SE DEVELOPPE EN COLLECTIVES "Cofondatrice de l'UMR, l'ex-MGPTT a créé une plate-forme santé, Ligne claire, avec deux autres mutuelles de fonctionnaires. La deuxième mutuelle de France est résolument tournée vers l'assurance collective, qu'elle propose à...

Merci de confirmer que vous n’êtes pas un robot

Votre e-mail ne sera pas publié