[DOSSIER] Les courtiers des cent premières entreprises françaises 10/15

Publication – Modèles – Risques financiers : pour des méthodes et des outils mieux adaptés

Publication – Modèles – Risques financiers : pour des méthodes et des outils mieux adaptés
GILLES BÉNÉPLANC, ACTUAIRE AGRÉGÉ ET DOCTEUR EN SCIENCES ÉCONOMIQUES © DR

Depuis les débuts de la crise financière et économique, en 2007-2008, économistes et experts ont tenté d'ausculter les raisons de l'effondrement d'un système arrivé à bout. Gilles Bénéplanc, actuaire agrégé et docteur en sciences économiques, et Jean-Charles Rochet, professeur d'économie, proposent des solutions.

Peu de livres parviennent à susciter une réelle adhésion. « Risk Management in turbulent times » (« Le risk-management en période de turbulences »), coécrit par Gilles Bénéplanc (lire son parcours ci-contre) et Jean-Charles Rochet, a pourtant réussi le pari de faire l'unanimité des experts de toute obédience.

Gilles Bénéplanc, actuaire agrégé et docteur en sciences économiques « Il reste beaucoup à faire »

  • Depuis l'analyse que vous avez développée dans votre livre sur la faillite des modèles, avez-vous observé des avancées ?

Le constat reste vrai, mais je pense qu'il y a eu une prise de conscience. Aujourd'hui, il me semble qu'il y a une plus grande prudence par rapport à ces sujets-là. Il existe une volonté d'avoir des modèles de gestion des risques plus robustes dans les entreprises.

  • N'est-ce pas la réglementation qui a poussé les acteurs à se préoccuper de leur gestion des risques, plutôt qu'une vraie prise de conscience ?

Dans l'assurance et le secteur bancaire, les réglementations issues des directives Solvabilité 2 et Bâle 3 contribuent effectivement à ces évolutions vers une meilleure gestion de leurs risques par les entreprises. Mais, plus généralement, comme dans les sociétés commerciales ou industrielles, je pense qu'il y a une réelle volonté des conseils d'administration et des dirigeants pour créer de la valeur ajoutée grâce au risk-management, et non la seule nécessité d'être conforme à une législation. Même s'il reste beaucoup à faire dans ces domaines complexes.

 

Aveuglés par les modèles

Le constat du livre est simple. « Nous avons vécu dans un monde où, derrière une apparente sophistication des choses, nous avions des modèles trop simples, voire simplistes. Et cette croyance aveugle dans les modèles était particulièrement forte, autant chez les patrons d'entreprise que chez les utilisateurs. L'histoire a démontré que des décisions importantes ont été prises sur la base de modèles qui n'étaient pas compris », résume Gilles Bénéplanc. Or, rappelle-t-il, il ne faut pas donner aux modèles plus d'importance qu'ils n'en ont. Le facteur humain restera déterminant, avec toutes les incertitudes et limites inhérentes à la nature humaine.

Si Gilles Bénéplanc observe de réelles avancées en matière de gestion des risques, il souligne que beaucoup reste à faire (lire entretien ci-dessous), notamment pour ce qui est de leur corrélation, et qu'il est indispensable de ne pas s'en tenir aux hypothèses les plus raisonnables.

En outre, la notion même de valeur de l'entreprise doit être revue. « Nous proposons une nouvelle définition et de nouveaux critères pour déterminer ce qui constitue réellement la valeur de l'entreprise. Nous pensons en particulier que la performance d'une entreprise, au-delà de sa stratégie ou de ses résultats comptables et financiers, doit se mesurer également à l'aune de l'environnement et de la conjoncture dans lesquels elle a évolué », explique-t-il.

Le vecteur information

Mais, selon lui, cette évolution prendra du temps, car elle demande davantage d'efforts, même s'il se dit persuadé que le phénomène des « big datas » va accélérer ce type d'approche. « Jusque-là surtout utilisée dans le marketing, cette capacité à traiter et analyser les données va faire évoluer les méthodes de travail dans la gestion des risques. Quand on peut traiter plus d'informations, même parcellaires, on peut avoir une meilleure vision des risques. »

L'une des autres pistes proposées dans le livre est de mettre en regard la liquidité d'une entreprise et sa gestion des risques. Cette dernière pouvant, en limitant les besoins de liquidités, permettre une meilleure valorisation actionnariale.

Globe-trotter des risques

- Ingénieur civil des Mines de Paris et docteur en sciences économiques, Gilles Bénéplanc est membre agrégé de l'Institut des actuaires. Il a d'abord occupé plusieurs postes chez Axa, notamment dans les grands risques et les risques internationaux. Il rejoint Mercer France en 2000 pour travailler dans le domaine de la protection sociale et en devient le président en 2006. De 2009 à 2012, il est responsable de la zone Europe-Afrique-Moyen-Orient. Depuis, il est responsable monde de l'activité retraite pour Mercer. Son livre, « Risk Management in turbulent times », coécrit avec Jean-Charles Rochet, a reçu le prix Risques-FFSA en 2011.

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