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Réassurance - Solvabilité 2 : la fin de l'automatisation

Réassurance - Solvabilité 2 : la fin de l'automatisation

Dans un environnement réglementaire qui complexifie leur pilotage économique et stratégique, les assureurs s’éveillent peu à peu aux nouveaux apports de la réassurance. Un temps d’observation, avant celui de la transformation à venir des politiques d’achat.

Dans un peu moins de cinq mois, au 1er janvier 2016, les assureurs basculeront définitivement d’un pilotage automatique de leur politique de réassurance sous Solvabilité 1 à une reprise en main des commandes sous Solvabilité 2. Entre-temps, le tableau de bord se sera quelque peu sophistiqué. D’abord parce que la réglementation européenne introduit une compréhension et une gestion plus fine des risques. Ensuite, et c’est la conséquence de ce nouveau paradigme, parce que Solvabilité 2 replace la notion de capital – disponible et requis – au coeur du pilotage économique. « Le capital est une denrée rare et chère » , rappelle d’ailleurs Philippe Dabat, directeur général délégué d’AG2R La Mondiale. D’où la nécessité de veiller à son bon usage. Pour faire face à cette révolution copernicienne, les organismes d’assurance pourront, dorénavant, s’appuyer, avec plus de souplesse et de liberté que par le passé, sur la réassurance dont les effets seront mieux pris en compte sous Solvabilité 2. « La réassurance est un outil efficace de pilotage du capital. Elle peut être plus facile à mettre en oeuvre que des emprunts subordonnés et présente l’avantage de prix plus stables dans le temps », souligne Gilles Maret, responsable de marché vie France de Partner Re.

La réassurance est un outil efficace de pilotage du capital. Elle peut être plus facile à mettre en oeuvre que des emprunts subordonnés et présente l’avantage de prix plus stables dans le temps.

Gilles Maret, responsable de marché vie France de Partner Re

Et pour cause : la réglementation autorise à ne retenir dans le calcul des exigences en capital (SCR) que les risques conservés. Or, jusqu’à présent l’impact de la réassurance sur la marge de solvabilité des assureurs était somme toute simpliste. Les traités en quote-part étaient proportionnels et limités à 50 % des primes et 15 % des réserves (en vie principalement) tandis que l’effet des traités non proportionnel était quasi nul en non-vie. Avec le nouveau régime prudentiel, de tels verrous n’existeront plus. La prise en compte de la réassurance dans la réduction du besoin en capital est désormais sans limite, que le calcul procède d’un modèle interne (même partiel) ou de la formule standard. Ou presque. « Solvabilité 2 laisse à la réassurance un champ des possibles beaucoup plus large que sous Solvabilité 1. Avec une limite : lorsqu’on accepte de céder beaucoup de risques, on accepte aussi de céder du résultat futur. Les assureurs doivent garder cet élément à l’esprit lors de la définition de leur programme de réassurance », rappelle Nora Brauch, manager chez Ernst & Young (EY). Et de préciser : « Une quote-part à 50/50 réduit, certes, les besoins en capital à constituer ainsi que la volatilité du bilan et du résultat mais elle cède aussi les pertes et profits futurs. L’appétence au risque de la cédante va entre autres influencer la réassurance souscrite. » Demain les stratégies de réassurance interviendront également sur les effets de diversification sous différents angles : portefeuilles, produits, gammes ou pays. Une aubaine pour les assureurs, en particulier les mutuelles de santé, généralement monobranche, qui misent beaucoup sur la réassurance pour combler ce déficit de diversification.

La réassurance aura un vrai rôle dans le pilotage global du SCR à condition qu’elle accepte d’intervenir sur le SCR Marché.

Arnaud Chevalier, directeur de clientèle réassurance vie, accident et santé chez Aon Benfield

Risque de contrepartie

Aussi séduisante soit la réassurance sur le papier en termes de pilotage économique, les cédantes auront à conserver dans leur viseur deux autres indicateurs induits par la réglementation : le risque de contrepartie des réassureurs et la volatilité du capital. Sous Solvabilité 1, la note du réassureur n’avait pas d’impact sur la solvabilité de l’assureur. Sous S2, elle pèse désormais sur le SCR. « Une compagnie peut céder 100 % de ses risques sauf qu’il lui faudra conserver une solvabilité correspondant au risque que le réassureur fasse faillite », souligne Romain Durand associé chez Addactis Worldwide (ex-Actuaris). Ce nouvel état de fait pourrait se traduire par des mouvements à venir au sein des pools voire même engendrer une distorsion de marché : « Les très bonnes notations prendront des parts de marché significatives aux dépens des moins bien notés. Et encore, ce ne sera que dans les cas où l’assureur ne sera pas parvenu à placer tout son risque », rappelait un observateur avisé du marché. à moins de mettre en place un collatéral (dépôt chez l’assureur) lors de la signature des traités afin de réduire le risque de contrepartie. Quant à la volatilité du capital, elle est la résultante de la liberté accordée par le cadre prudentiel dans la gestion « en bon père de famille » des actifs par les compagnies. Mais « la contrepartie de cette liberté », selon Romain Durand, « c’est que l’on crée une demande de capital liée à la manière dont on gère ses actifs » : le risque de marché. Or, ce risque pris est loin d’être une quantité négligeable dans le calcul de besoin en capital. En vie, il représente près de 80 % du SCR contre environ 50 % en non-vie. Problème : ces nouveaux risques font actuellement l’objet d’un vrai « trou réassurantiel » en termes de couverture hormis les propositions de quelques acteurs tels Mapfre, HannoverRe ou RGA. « La réassurance aura un vrai rôle dans le pilotage global du SCR à condition qu’elle accepte d’intervenir sur le SCR Marché. Or, les réassureurs sont adverses au risque d’actifs. Quasiment tous rêvent de ne faire que du risque biométrique. Ils sont armés pour la longévité, l’invalidité, le décès mais calculer une volatilité sur des actifs, ils ne le veulent pas », pointe Arnaud Chevalier, directeur de clientèle réassurance vie, accident et santé chez Aon Benfield.

Reste que l’échéance imminente de Solvabilité 2 appelle à la lucidité. à l’aune des nouveaux apports de la réassurance, le grand chambardement des achats n’aura pas lieu au soir du 1er janvier 2016. Au plan de la demande, hormis quelques groupes à dimension européenne, peu d’organismes aujourd’hui utilisent à plein régime ces outils. Le temps est encore au rodage. « Comme pour l’ensemble des compagnies s’occupant de branches longues, nous aurons une interrogation sur le risque de réserve dont le poids ressort dans les modèles. Aujourd’hui, l’offre de réassurance est assez faible pour le couvrir plus efficacement », explique Bruno Costes, directeur de la réassurance d’Allianz France, dont les programmes n’ont pas encore été revus.

L’appétence au risque de la cédante va entre autres influencer la réassurance souscrite.

Nora Brauch, manager chez Ernst & Young

Maîtriser Solvabilité 2

Du côté de l’offre, les réassureurs préféreront se constituer un historique et une compréhension de tous les arcanes de Solvabilité 2 avant de procéder à des arbitrages dans leurs solutions : « La préoccupation première de la plupart des assureurs sera probablement de basculer sans heurt dans l’univers de Solvabilité 2. Le plein essor de l’utilisation de la réassurance interviendra au cours des prochaines années, quand les assureurs maîtriseront parfaitement le cadre conceptuel avec un recours plus fréquent aux modèles internes ou aux USP (paramètres spécifiques à l’entreprise) et que la culture du pilotage du capital se développera », explique Olivier Cabrignac, directeur adjoint du marché français chez Scor Global Life. Et d’évoquer, déjà, le recours à l’écrêtement des sinistres de pointe comme outil de transfert de volatilité des résultats, cette dernière étant très coûteuse en capital. D’autres, observent déjà des adaptations à la marge de programmes historiques dont les renouvellements ne seront, à l’avenir, plus aussi mécaniques : « Les structures de cession n’ont pas énormément changé dans la perspective de Solvabilité 2. Toutefois, depuis quelques mois, nous observons des prises de conscience de la part des cédantes. Les quotes-parts classiques en substitution de capital sont des deals que l’on peut encore conclure en 2015 avec effet immédiat sur le bilan », note Ivo Hux, responsable de Swiss Re pour la France, le Benelux et la Suisse. Une option particulièrement adaptée aux risques long terme comme l’auto, la responsabilité civile (RC), la RC spécialisée, souvent liés à des rentes, et qui pèsent dans le besoin en capital.

Quand Solvabilité 2 modifie l’apport de la réassurance dans le pilotage économique des assureurs

1. Une nouvelle approche bilancielle

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les assureurs recherchent des leviers d’optimisation de leurs fonds propres, de leur rentabilité et de la qualité de leur gestion. Dans un environnement Solvabilité 2, la réassurance devient dans ce cas un bon outil d’optimisation du ratio de solvabilité à travers trois zones d’intervention au niveau bilanciel :

  • La diminution de l’exigence de capital (SCR) : avec S2, la réassurance est mieux reconnue dans la capacité à alléger les besoins en capital. Tous les instruments de mitigation des risques sont admis sans limite maximale de l’allégement par la réassurance. «Si vous agissez sur le SCR, vous réduisez également le risk margin et générez donc un double effet», rappelle Ivo Hux, responsable de Swiss Re pour la France, le Benelux & la Suisse.
  • La diminution des provisions techniques est possible par le transfert d’une partie du risque au réassureur. C’est une bonne solution pour les branches à déroulement long qui requièrent un provisionnement coûteux.

     
  • L’augmentation du capital et de la liquidité : lorsque les bilans d’assurance ne sont pas consolidés selon un même régime économique, les valeurs de certains actifs tels que les plus-values latentes ne peuvent pas être directement comptabilisées. La réassurance structurée peut venir améliorer le haut de bilan à travers la valorisation en valeur de marché. « Pour l’optimisation du ratio de solvabilité, l’assureur peut agir à la fois sur le dénominateur du ratio (le SCR) et sur le numérateur (les fonds propres disponibles). La réassurance permet d’optimiser le SCR tout en assurant de protéger le résultat futur face à d’éventuels chocs, et de fait les fonds propres disponibles des années à venir », souligne Anne Emily, associée EY. Pour améliorer les ressources en capital, il est important de trouver l’équilibre entre l’amélioration de ces ressources et l’augmentation des coûts associés ou l’abandon de bénéfices futurs.

2. Un levier de diversification : l’exemple de la réassurance centrale

Solvabilité 2 récompense la diversification entre les risques. La mise en place d’une entité centrale de réassurance, souvent portée par une entité déjà existante, est perçue comme un moyen pratique d’augmenter de manière significative la diversification et d’assurer la fongibilité du capital au niveau du groupe.

Le réassureur interne accepte les risques de plusieurs entités d’assurance afin de :

- Matérialiser les effets de diversification au niveau de l’entité de réassurance ;

- Réduire les besoins en capital au niveau des entités d’assurance ;

- Démontrer la fongibilité du capital sous Solvabilité 2 (le capital libéré par l’entité A peut-être utilisé par l’entité B) et augmenter ainsi la flexibilité du capital ;

- Permettre la gestion centrale de la réassurance et des actifs ;

- Permettre de tarifer sur la base des besoins de fonds propres groupe diversifiés.

 

 

 

 

 

 

Cette construction a déjà convaincu quelques groupes. Au Royaume-Uni, Aviva a débuté ce chantier avec une entité vie et non-vie et vise, à terme, un déploiement plus large dans le groupe. Axa a annoncé un projet équivalent avec pour pilote la France, la Belgique et le Royaume-Uni. En France, elle séduit aussi des structures de type Sgam à l’instar d’AG2R La Mondiale : «La réassurance interne est un des véhicules privilégiés pour nouer des liens de solidarité financière entre mutuelles et IP ou entre La Mondiale et ses filiales. C’est un bon moyen de répartir les risques et le besoin en capital. La réassurance centrale fait partie des réflexions que nous menons à moyen terme», souligne Benoît Courmon, directeur risques, solvabilité et conformité.

3. La réassurance, outil clé dans le pilotage de l’Orsa

Au-delà du plan quantitatif (pilier I), l’article 45 de la directive introduit l’Orsa et le positionne au cœur du dispositif de gestion des risques (pilier II). à ce titre, il fait « partie de la stratégie commerciale » et en est « tenu régulièrement compte dans les décisions stratégiques de l’entreprise ». Son approche par scénarios de stress et la projection du besoin global de solvabilité impliquent une réflexion à long terme de la politique de réassurance en tant que remède. Elle a, en effet, vocation à diminuer le risque additionnel induit par une inflexion stratégique. « Nous recevons des demandes d’assureurs cherchant à se protéger contre les situations de stress sur des actifs ou après un gros sinistre. Les discussions portent actuellement sur l’achat de protections en option que la cédante pourra déclencher selon des critères définis au préalable. En cas de survenance de l’événement, le contrat peut prévoir le déclenchement immédiat d’une quote part à 50 % pour substituer le besoin de capital perdu », souligne Ivo Hux de Swiss Re. Et d’ajouter : « Ce sont des solutions qui trouvent de l’intérêt auprès des conseils d’administration et auprès du régulateur car vous anticipez les scénarios catastrophes sans que cela soit trop coûteux pour la cédante. »

4. Le pilotage de haut de bilan : la réassurance structurée

En ce qu’elle étend le partage de sort entre la cédante et le réassureur, la réassurance structurée constitue à la fois un bon rempart de protection des bilans des assureurs et un outil permettant de tenir les objectifs de solvabilité, de protection du capital et de réduction de la volatilité du résultat. « Derrière ce terme différentes réalités peuvent se cacher. Cela peut notamment concerner des solutions de financement. Dans ce cas, nous amortissons les coûts de première année avec les profits futurs » précise Gilles Maret de PartnerRe. Ces montages sont encore rares en Europe continentale, moins de 10 % des capacités en non-vie, beaucoup moins en vie, selon des sources de marché.

Benoit Courmont, directeur risques, solvabilité et conformité d’AG2R La Mondiale « Avec Solvabilité 2, de nouveaux deals basés sur l’optimisation du capital émergeront »
  • Que va modifier Solvabilité 2 dans la politique de réassurance d’AG2R La Mondiale ?

Solvabilité 2 impose un nouveau jeu de contraintes. En revanche, s’il y a bien un point positif à inscrire à l’actif de la directive, c’est la meilleure prise en compte de la réassurance dans le calcul du besoin de capital et la reconnaissance de la diversification des risques. Depuis un an et demi, AG2R La Mondiale a entrepris une révision de ses programmes historiques de cessions externes de réassurance – XS Tête, XS Cat... – encouragées à la fois par les mutations du groupe, le rapprochement avec Réunica et l’arrivée de Solvabilité 2. Dans un groupe qui affiche un bilan de 100 Md€, nous veillerons à ce que la réassurance intervienne principalement pour maîtriser la volatilité du résultat. En interne, nous avons également révisé nos programmes de réassurance en matière de garanties offertes d’une entité à l’autre, de niveaux de rétentions, de commissions ainsi que la structure même des traités. L’objectif recherché est d’améliorer les effets de diversification.

  • L’offre actuelle de réassurance est-elle de nature à répondre à vos besoins de pilotage économique ?

La meilleure reconnaissance de la réassurance sous Solvabilité 2, notamment sur le calcul de besoin en capital dans le cadre de la formule standard, devrait faire émerger de nouveaux deals basés sur l’optimisation du capital. On peut par exemple citer le risque de rachat en vie. Honnêtement, depuis un an et demi, l’offre de marché est encore limitée. Aujourd’hui, quelques réassureurs commencent à l’évoquer en particulier sur les risques longévité et mortalité tandis que les courtiers en réassurance développent des idées. Il faut probablement que les réassureurs disposent de plus de recul sur ces nouveaux types de couverture pour identifier les possibilités de marché et proposer des tarifs acceptables. Mais je suis persuadé que ces solutions seront la norme dans cinq ans.

  • Quelle place occupe la réassurance dans la mise en oeuvre de l’Orsa ?

Dans le cadre de l’Orsa, nous réalisons des stress tests sévères et identifions les solutions de protection ou d’améliorations des résultats. Dans ces pistes que nous avons présentées fin 2014 au conseil d’administration, figurait le changement des règles de réassurance interne et externe. Le cadre de l’Orsa impose désormais formellement d’intégrer la réassurance dans le pilotage stratégique et opérationnel des risques à court et long termes. Là où nous n’abordions la politique de réassurance en moyenne qu’une fois par an dans un conseil d’administration, elle fait désormais l’objet d’une discussion spécifique dans chacun des trois comités des risques annuels.

De la réassurance non proportionnelle à proportionnelle ?

Solvabilité 2 sonnera-t-elle le glas de la réassurance non proportionnelle, cette exception réassurantielle française ? Mal appréhendée par la directive, cette forme de réassurance n’est prise en compte que de manière forfaitaire et limitée à trois branches dans la formule standard : l’incendie, la RC générale et la RC auto. Sans compter que sa couverture annuelle n’est pas toujours adaptée aux engagements de long terme des assureurs. « Le fait que Solva 2 ne soit pas pertinente pour la réassurance non proportionnelle pourrait inciter à revenir à des outils classiques de type proportionnels dans certains cas. On pourrait avoir un mouvement de marché, d’autant que la France est le marché non-vie le plus non proportionnel en Europe, devant le Royaume-Uni et l’Allemagne », évoque François Vilnet, président de l’Apref.

Glossaire réassurance

  • Réassurance proportionnelle : un réassureur prend en charge une proportion d’un risque moyennant une proportion identique de la prime payée par l’assuré, et paie, en cas de réalisation du risque, le sinistre dans la même proportion.
  • Réassurance non proportionnelle : engagement du réassureur de participer aux sinistres pour un montant maximum, préalablement arrêté, au-delà de la somme conservée par l’assureur (priorité) et moyennant une prime calculée globalement par le réassureur pour l’ensemble du portefeuille couvert.
  • Réassurance structurée ou finite : solution de réassurance qui pilote le haut du bilan et permet de lisser le résultat sur une période déterminée à l’avance.
  • Quote-part : le réassureur prend en charge, sur tous les risques du portefeuille, une proportion constante de ceux-ci.
  • Stop loss ou excédent de perte : le réassureur s’engage à protéger, à concurrence d’un montant maximum, le montant dépassant le seuil financier au-delà duquel l’assureur est obligatoirement en situation de perte.

Glossaire Solvabilité 2

  • Appétence au risque : c’est le niveau de risque agrégé qu’un organisme accepte de prendre en vue de la poursuite de son activité et de son développement, en respect des contraintes liées à ses engagements.
  • Best estimate : dans le référentiel de calcul Solvabilité 2, les provisions ne sont plus calculées sur une base prudente mais sur la base de la meilleure estimation possible.
  • Orsa (own risk and solvency assessment) : prévue à l’article 45 de la directive Solvabilité 2, l’évaluation interne des risques et de la solvabilité a pour objectif de prendre en compte les risques dans le pilotage de l’entreprise.
  • SCR : le capital de solvabilité requis est le niveau de capital cible nécessaire pour que la probabilité de faillite de l’organisme d’assurance soit inférieure à 0,5 % à l’horizon d’un an.
  • Risk margin ou marge pour risque : les provisions techniques sont évaluées à la valeur de transfert du portefeuille d’assurance, c’est-à-dire au montant qu’un assureur s’attend à recevoir en contrepartie de la reprise du portefeuille d’assurance.

Quand les réassureurs se rêvent (capital) risk managers

Au plan quantitatif, la réassurance, dans le cadre de Solvabilité 2, devient, plus qu’auparavant, un puissant outil de capital management pour les organismes d’assurance. Mais le travail actuel de mise en œuvre des piliers II et III pourrait bien conférer un nouveau grade au réassureur, lequel passe de prêteur de bilan à capital risk manager. « Les managements des cédantes vont être amenés à réfléchir à la gradation de leurs actions et prévoir les délégations de compétences correspondantes. Cela commence par la réorientation de la politique de souscription, de la gestion d’actifs, de la réassurance jusqu’à des décisions plus lourdes telle que l’élaboration d’un plan de recapitalisation », souligne Vincent Foucart de Scor Global P&C, qui évoque des contacts pris avec des directeurs généraux. Encore balbutiante, la demande d’accompagnement en risk management des assureurs devrait éclore dans les cinq ans, prédit le marché. Une expertise que les courtiers en réassurance espèreraient ravir à terme.

Face-à-face

  • "La forme de réassurance dépendra de plusieurs facteurs", Gilles Maret, responsable de marché vie France de Partner Re

« La forme de réassurance choisie va dépendre de nombreux facteurs. Un acteur, pouvant avoir des fonds propres importants, mais avec un portefeuille présentant une grande hétérogénéité des capitaux assurés, donc susceptible de générer des à-coups importants sur ses résultats, se dirigera naturellement vers des solutions non proportionnelles de type excédent de sinistre par tête (XS tête), qui absorbent bien cette volatilité. Cela peut notamment concerner les acteurs de l’assurance collective à l’image d’institutions de prévoyance ou de certaines mutuelles. »

  • "La réassurance proportionnelle produit des économies en capital requis", Vincent Foucart, directeur d’Alternative Solutions chez Scor Global P&C

« Hormis quelques cas isolés, les cédantes n’ont pas un besoin impérieux de capital mais se préoccupent de leur capacité à absorber des chocs de solvabilité lorsqu’ils surviendront. Dès lors, les dispositifs proportionnels sur les primes ou les réserves (provisions mathématiques) constituent les schémas de réassurance les plus efficaces pour produire rapidement une économie en capital requis. Cette orientation va un peu à l’encontre de la tendance des dernières années qui a conduit à une réduction de la réassurance proportionnelle. Certaines cédantes réfléchissent actuellement à s’équiper de solutions proportionnelles flexibles pour adopter une gestion dynamique de leur solvabilité. »

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