Stress tests : l’Europe de l’assurance est globalement bien capitalisée, mais vulnérable aux taux bas (Eiopa)

Stress tests : l’Europe de l’assurance est globalement bien capitalisée, mais vulnérable aux taux bas (Eiopa)
Girard Cecile D.R. voir les IPTC Gabriel Bernardino, président de l'Eiopa.

Les stress tests 2014 conduits par l’Eiopa à partir des comptes 2013 révèlent que seules 14% des compagnies, représentant 3% du total des actifs, ne couvriraient pas la future exigence de capital cible de Solvabilité 2. Sans grande surprise, l’Eiopa pointe la menace liée à l'environnement actuel de taux d'intérêt. En réalité, les assureurs européens seraient surtout vulnérables en cas de «double choc», mêlant crise sur les marchés et taux très bas.

L’Autorité de supervision européenne des assurances et des pensions professionnelles (Eiopa) a rendu le verdict de ses stress tests assurance, destinés à mesurer le niveau de capitalisation du secteur, ainsi que sa résilience en cas de chocs majeurs, le tout dans un univers Solvabilité 2. Sur le premier point, le constat est rassurant, puisque l’Europe de l’assurance est «globalement suffisamment capitalisée sur la base des critères de Solvabilité 2», note l'Eiopa. Seules 14% des compagnies, représentant 3% du total des actifs, ne passeraient pas le seuil des 100% de capital de solvabilité requis (SCR), sur la base du scénario de base (sans choc), établi à partir des comptes 2013. Inversement, 25% des groupes affichent un SCR supérieur à 200%. Insurance Europe, la super fédération européenne de l'assurance, n'a pas manqué de saluer «la résilience du secteur en amont de l'entrée en vigueur de Solvabilité 2».  En France, «le SCR en situation de base est satisfait par l'ensemble des groupes français», a fait savoir l'ACPR dans un communiqué séparé. Ont notamment participé à l'exercice Axa, BNP Paribas Cardif, CNP Assurances, Groupama, Crédit agricole Assurances et Scor.

Recommandations aux autorités de contrôle nationales

Les autorités de supervision rappellent à toutes fins utiles que l'objectif des stress tests n'était pas de pointer du doigt les besoins individuels de recapitalisation, contrairement à ce qui a été fait pour le secteur bancaire. En revanche, l'exercice a vocation à être suivi d'effets : l'Eiopa a ainsi émis un certain nombre de recommandations à l’égard des superviseurs nationaux pour «résoudre de manière coordonnée les difficultés identifiées». Dans le cadre de la préparation à Solvabilité 2, l’Eiopa invite par ailleurs les autorités de contrôle nationales à «évaluer de manière rigoureuse» le degré de préparation des organismes, «en particulier dans les cas où des augmentations de capital ou des restructurations de bilan seraient nécessaires».

Double choc

Car l’exercice visait surtout à évaluer les zones de faiblesses du secteur. «Il fallait voir le stress test 2014 de l’Eiopa comme un outil préventif de supervision», rappelle Gabriel Bernardino, le président de l’Eiopa. Il s’est aussi révélé concluant sur ce point, en montrant que les assureurs européens seraient avant tout vulnérables s’ils étaient frappés par un scénario de « double choc», mêlant chute de la valeur des actifs et baisse du taux sans risque. Autrement dit, si une crise sur les marchés intervenait en période de taux d’intérêt très bas… L’Eiopa note cependant que dans pareil cas, 56% des compagnies auraient suffisamment de capital pour couvrir leur SCR, même avec les hypothèses les plus sévères. Dans le détail, un scénario de chute des marchés actions de 41%, cumulée avec un élargissement des écarts de taux (spread) sur les obligations souveraines se traduirait pas une perte de fonds propres cumulée de 39% en Europe et de 41% en France. Un second scénario d'élargissement des spreads sur les obligations d'entreprises non financières entraînerait une baisse de fonds propres cumulée de 15% en Europe et de 20% en France.

Menace liée aux taux bas

Sans grande surprise, l’Eiopa pointe la menace liée aux taux très bas actuels, un module spécifique des stress tests ayant été consacré au sujet. Le superviseur européen pointe ainsi qu’en cas de scénario «à la japonaise», avec des taux d’intérêt restant durablement très bas, 24% des compagnies ne couvriraient pas leur SCR. Par ailleurs, en cas de scénario «inverse», caractérisé par une remontée brutale et atypique des taux d’intérêt, 20% ne couvriraient pas leur SCR. «La persistance de l’environnement actuel de taux bas pourrait se traduire, chez certains assureurs, par des difficultés à tenir leurs engagements vis-à-vis des assurés à un horizon de 8 à 11 ans», prévient l'Eiopa. A noter que les pays les plus vulnérables à un environnement de taux bas prolongé sont ceux caractérisés par d'importants écarts de duration (les passifs sont plus longs que les actifs) et / ou  ceux avec des engagements de taux garantis, comme l'Autriche, l'Allemagne, Malte ou la Suède. Sur la question des taux, l'ACPR rappelle suivre de près la situation, et précise que l'approche de l'Eiopa est «une approche exploratoire à l'échelle européenne dont les résultats doivent être interprêtés avec prudence compte tenu des hypothèses retenues».

Participation supérieure à la cible

Avec une couverture de 55% sur la base des primes émises, l ’Eiopa précise que la participation à l’exercice s’est révélée supérieure à sa cible (50% de parts de marché dans chacun des pays). Le module de stress test principal a été effectué par 60 groupes et 107 compagnies : il s’agissait notamment de tester un scénario de crise sur les marchés actions, un scénario de crise sur le marché des obligations d’entreprises, et un certain nombre de chocs purement assurantiels (7 chocs «cat’ nat’», 2 chocs en non vie, 2 chocs de longévité, 2 chocs de mortalité, et 2 situations conduisant à des rachats massifs). A noter que ce sont les scénarios de rachats massifs, de chocs de longévité et de cat’nat’ qui se sont révélés les plus coûteux en capital pour les assureurs. Le module «taux bas», qui comprenait donc un scénario «à la japonaise» et un scénario «inverse», a été testé par 225 organismes solo, soit 60% de part de marché sur la base des provisions techniques.

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