« Solvabilité 2 : un emballement lié à un surcroît de précautions »

Xynthia, ACP, Solvabilité 2... : le président de Covéa, la Sgam constituée par la GMF, la Maaf et MMA aborde sans détour les questions d'actualité qui font la vie des trois enseignes, ainsi que celles du marché.

Quel est le premier bilan de Xynthia ?

Le coût pour nos trois enseignes est aujourd'hui estimé à 280 ME bruts de réassurance avec 95 000 dossiers. Il est néanmoins difficile de faire un agrégat trop sommaire. Il y a quatre catégories de sinistres : la tempête sur les habitations, les sinistres auto, les inondations dans les maisons et, enfin, les dégâts dus aux inondations dans les entreprises et exploitations agricoles. La Maaf, par exemple, enregistre 20 000 dossiers en tempête dont le coût équivaut aux 2 000 qu'elle a ouverts en inondation. Pour Klaus et Quinten, et même Lothar et Martin, nous n'avions pas de dégâts en inondation, or elles vont représenter près de la moitié du coût de Xynthia.

La succession d'événements naturels conduira-t-elle à une augmentation de tarifs en MRH ?

Avant Klaus, la multirisque habitation était déjà à peine revenue à l'équilibre. En 2009, la grêle a eu aussi des effets et, oui, il y aura une incidence sur les tarifs. La conséquence risque également d'être à l'avenir une plus grande segmentation en habitation. La segmentation est rudimentaire en MRH, alors qu'elle très nette en auto. La structure des habitations, les zones inondables ou non... sont autant d'éléments sur lesquels se pencher. Un vent de 120 km/h en Bretagne ne provoque pas les mêmes dégâts que dans la Beauce. Si, dans des zones déterminées, le risque est certain, c'est qu'il n'y a plus d'aléas. Les assureurs risquent donc de réfléchir à la question, car ils ne sont pas censés financer des risques certains !

L'outil d'anticipation des tempêtes Coventéo a-t-il tenu ses promesses ?

Oui, dès le samedi soir, nous avions déjà des estimations fiables et nous avons gagné entre 24 et 48 heures. Nous avons ainsi pu évaluer le nombre d'expertises, et solliciter nos prestataires dès le dimanche soir. En revanche, nous avons pris la décision de ne pas prévenir les assurés par SMS. Nous ne les aurions sans doute pas tous prévenus, mais seulement ceux pour lesquels notre modèle indiquait un risque important. Or, cette alerte ne nous a pas paru pertinente, car une autre tempête, Wera, avait eu lieu le jeudi. La concomitance des deux événements était une source de confusion.

Que pensez-vous de la remise en cause de la tacite reconduction ?

Cela fait des années que le sujet est évoqué. On décrit souvent les Français comme étant prisonniers de leur assureur. À titre d'exemple, les changements d'assureur auto ont lieu tous les 7 ans... Les Français sont très habitués à la tacite reconduction. Si on la supprime, nous risquons de voir un grand nombre de véhicules en circulation non assurés... Il faut donc bien réfléchir aux conséquences d'une telle notion.

Où en est l'offre santé de la GMF ?

Jusqu'en juin, la GMF continuera de distribuer Santélia, confectionnée par la MG et les mutuelles partenaires pour lesquelles elle n'agit qu'en tant que distributeur. Ensuite, elle lancera sa propre offre avec une coassurance minoritaire des mutuelles partenaires. Comme tous les assureurs, nous avons besoin de croissance et de diversification. La GMF était l'une des seules mutuelles à ne pas développer sa propre offre santé.

Covéa est-elle toujours susceptible d'accueillir une mutuelle santé ou spécialisée en vie ?

Pourquoi pas ? Nous étudions les dossiers. Pour autant, ce n'est pas en soi une finalité. Une adhésion à Covéa ne doit pas entraîner un ralentissement des maisons qui la composent.

En vie, étudiez-vous toujours l'idée d'une usine commune du type Covéa vie ?

Le projet est dans un tiroir. Nous l'avons étudié, n'y avons vu aucun avantage substantiel, en revanche des coûts prohibitifs, notamment en développement informatique.

La création de Sferen vous inquiète-t-elle ?

Sferen est annoncée comme très différente de ce que nous avons bâti pour Covéa. Pour l'heure, une inquiétude serait prématurée.

Quelle est votre stratégie multicanal ?

De même que nous avons réussi à intégrer le téléphone, nous devons intégrer Internet. Mais nous ne faisons pas le choix d'une marque distincte. Le principal est que nos sociétaires puissent arriver chez nous quel que soit le canal. Internet reste marginal, même si la progression est stupéfiante. Ce sont des mécanismes lents, que nous pouvons gérer dans le temps.

Comment expliquez-vous les problèmes de rentabilité des MMA ?

MMA doit mieux sélectionner les risques. Cela mérite des dispositions plus sophistiquées en souscription et une grande rigueur technique. C'est donc totalement à la portée de MMA.

Une réaction à la nomination de Jean-Philippe Thierry à la vice-présidence de l'ACP ?

J'ai été favorable à la candidature de Jean-Philippe Thierry, je ne m'en suis jamais caché. Il est sain et souhaitable qu'accède à ce poste un professionnel de l'assurance qui ait exercé des fonctions à un très haut niveau. Je ne doute pas qu'il saura prendre en considération les mutuelles, car c'est un esprit ouvert.

N'y a-t-il pas risque de moindre proximité de la nouvelle autorité avec les assureurs ?

Christian Noyer a été attentif et curieux des problématiques propres à l'assurance. Je pense que nous ne devrions pas souffrir d'un manque de proximité.

Quelle est votre position au sujet de Solvabilité 2 ?

Nous sommes dans ce qui paraît être un emballement lié à un surcroît de précautions. Ce n'est pas économiquement justifié. Faut-il rappeler la bonne résistance de l'assurance française à la crise ? Ne doit-on pas veiller à la mise en place de mécanismes contracycliques ? Quel rôle de financeur de l'économie entend-on réserver pour le futur aux assureurs ? Quid du contrôle de grands groupes de notre pays ? De l'investissement dans le tissu des PME ? Quel est le prix de la protection en termes de tarifs ? Avec toutes ces incertitudes, nous hésitons toujours entre modèle standard ou modèle interne. Le moyen de faire autrement ?

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