Innovation : la blockchain peine encore à convaincre

Innovation : la blockchain peine encore à convaincre
La start-up Monuma permet de certifier des clichés de bijoux grâce à la blockchain. © SeventyFour PA / Getty Images / iStockphoto

La chaîne de blocs (blockchain), qui permet de tracer et sécuriser les données, tout en les rendant accessibles partout, tout le temps, voit apparaître de premiers cas d’usage. Mais la prudence reste de mise.

« Est-ce que la blockchain va perdurer malgré la chute des cryptomonnaies ? Clairement oui ! », selon Leopold Larios de Piña, head of group risk management chez Mazars, lors des 27e rencontres de l’Amrae. Selon lui, « le bitcoin n’est qu’un cas d’usage, et il y en a plein d’autres ». Lesquels ? L’exemple de la start-up Monuma, fondée par Emmanuel Moyrand, fut mis en avant lors des rencontres. Ce passionné de pierres précieuses, diplômé de l’École du Louvre devenu expert d’assurances en objets de valeur, a cru très tôt dans la blockchain.

En effet, cette technologie permet de transmettre et stocker des informations de manière transparente, sécurisée et sans organe de contrôle centralisé. En l’espèce, un particulier peut prendre des photographies via l’application Patrimonia. Il suffit alors d’envoyer les clichés à Monuma, qui les authentifie et évalue des biens grâce à l’intervention d’un expert juridique.

« Nous apportons désormais un sceau de preuve qui garantit ”quand, où et qui” a pris la photo », précise l’entrepreneur. Ce service simplifie la gestion d’éventuels sinistres en permettant aux assurés d’évaluer et de certifier leurs objets de valeur (art, bijou, mobilier, collection ou même bouteilles de vin), ces informations étant traçables et infalsifiables.

« Outre l’usage évident lors d’un sinistre, cette application peut aussi être utilisée en prévention, précise Emmanuel Moyrand. Beaucoup l’utilisent déjà pour enregistrer la valeur de biens à couvrir en amont et, dans une moindre mesure, pour sécuriser et protéger les biens pendant un transport et un déménagement ». Mais de grandes entreprises de distribution et de logistique pourraient également s’emparer d’une telle solution afin de mieux identifier les dysfonctionnements dans leur chaîne de livraison.

Le transport, terrain d’expérience

C’est d’ailleurs dans le transport qu’a lieu actuellement la plus grande expérimentation de chaîne de blocs. Chez l’armateur Maersk (30,9 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2017), le capitaine d’un porte-conteneurs aura désormais accès à un outil basé sur la blockchain. À l’approche d’une zone maritime dangereuse, la plateforme, appelée Insurewave, lui permettra de savoir si son assurance le couvre et comment. Avec ces données en mains (coût de la surprime, évaluation du risque, nature de la couverture…), il pourra choisir la meilleure option. Insurewave permet aussi d’enregistrer les petites avaries de manière à les transformer automatiquement en déclaration de sinistre. Au total, la plateforme aidera à couvrir le risque de plus de 1 000 navires marchands en gérant pas moins d’un demi-million de transactions.

Cette technologie est-elle sûre ? « Aucune innovation n’est à l’épreuve des cyber-attaques, la blockchain ne fait pas exception, nuance Stéphane Nappo, global head information security de la Société générale. Tous les types d’objets connectés ont déjà été piratés. »

Néanmoins, alors que le sec­teur bancaire cherche à centraliser l’ensemble de ses services sur un seul canal, la chaîne de blocs est étudiée pour sécuriser cette porte d’entrée. « La blockchain peut devenir la colonne vertébrale de la banque de demain sous le credo ”la banque partout, à tout moment et sur n’importe quel support”, poursuit Stéphane Nappo. Mais le responsable sécurité que je suis appelle aussi à énormément de vigilance, car l’interconnexion peut aussi créer de nouveaux risques. »

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