Innovation : les courtiers (aussi) explorent l'intelligence artificielle

Innovation : les courtiers (aussi) explorent l'intelligence artificielle
archy13 PA / Getty Images / iStockphoto

Le courtage s’intéresse aux apports de l’intelligence artificielle pour automatiser certaines tâches. Mais son application n’est pas pour tout de suite.

Après les assureurs, les courtiers d’assurance commencent à s’éveiller doucement mais sûrement aux apports de l’intelligence artificielle (IA). C’est ce que révèlent les conclusions d’un livre blanc intitulé L’intermédiation en assurance, du numérique à l’intelligence artificielle, publié en septembre dernier à l’initiative de l’Institut Intermedius. Ce dernier a été créé en 2016 par la Chambre syndicale des courtiers d’assurances (CSCA) afin de « mutualiser les réflexions de personnalités de différents horizons sur des problématiques qui auront des conséquences directes ou indirectes sur le secteur de l’intermédiation d’assurances, et plus particulièrement sur les métiers du courtage ».

Si cette nouvelle technologie commence à intéresser la profession, sa mise en place ne semble pas pour tout de suite… « Les cabinets de courtage commencent à réfléchir au virage de l’intelligence artificielle, mais ne l’ont pas encore pleinement pris », estiment d’ailleurs les auteurs de ce livre blanc. Les chiffres de cette étude confirment cette idée : sur l’ensem­ble des adhérents de la CSCA, seuls 61 cabinets de courtage ont répondu. Et parmi ces derniers, seuls trois disent avoir déjà mis en place des outils faisant appel à l’intelligence artifi­cielle. Pire, 34 % des répondants envisagent de développer des programmes d’intelligence artificielle dans les années à venir. Et encore, il s’agit à chaque fois d’une intelligence artificielle dite « faible ». Contactés par L’Argus de l’assurance, plusieurs courtiers de proximité indiquent ne pas avoir connaissance d’outils faisant appel à l’intelligence artificiel­le qui seraient utiles pour leur activité.

  • 34 % Le nombre de cabinets de courtage qui envisagent de développer un programme d’intelligence artificielle dans les années à venir.
  • 3 Le nombre de cabinets de courtage ayant recours à l’IA.
    Source : Intermedius

Secteur propice

Néanmoins, ils soulignent qu’ils utilisent ceux mis en place par certains de leurs partenaires, courtiers grossistes et assureurs. « L’un des courtiers grossistes avec lesquels je travaille a mis en place un chatbot pour répondre aux questions les plus fréquentes de ses courtiers partenaires », illustre par exemple Jean-François Cousin, dirigeant d’Assurances Cousin, cabinet de courtage implanté à Audruicq dans les Hauts-de-France et spécialisé dans l’accompagnement des travailleurs non-salariés (320 000 € de CA en 2017, 3 collaborateurs). Une manière pour ce courtier grossiste d’alléger la charge de travail de ses équipes qui n’ont plus à répondre à des questions à la fois simples et récurrentes. Autre avantage : ses courtiers partenaires disposent de réponses instantanées.

Justement, d’une manière générale, l’Institut Intermedius souligne que l’IA représente « une opportunité » pour les intermédiaires en assurances. D’une part, elle peut leur permettre de se décharger de certaines tâches répétitives, par exemple en automatisant la gestion. D’autre part, elle peut leur permettre de mieux cibler les habitudes de leurs clients avant de leur proposer une assurance ou de comparer un grand nombre de tarifs.

Intelligence artificielle, de quoi parle-t-on ?

L’Institut Intermedius définit l’intelligence artificielle (IA) comme « un ensemble de technologies informatiques capables d’accomplir des tâches cognitives ». Ses applications sont, par exemple, la reconnaissance d’images, la reconnaissance vocale, l’aide à la décision... Le livre blanc d’Intermedius porte plus précisément sur l’IA « faible », qui existe déjà et qui consiste à coder un programme apprenant permettant, une fois entraîné, de résoudre avec une grande efficacité des tâches cognitives répétitives ne nécessitant pas de créativité ou d’inventivité. L’IA « faible » s’oppose à la notion d’IA « forte », capable d’intervenir dans des domaines plus variés, même si certains chercheurs doutent aujourd’hui que ce type d’IA ne devienne réalité un jour.

 

Investissement coûteux

Autrement dit, les outils ayant recours à l’IA devraient devenir pour eux incontournables dans le futur. Et ce, d’autant plus que, selon le livre blanc, le secteur de l’assurance est « particulièrement propice » à cette mutation technologique. « Le secteur de l’assurance se caractérise par un grand nombre de processus répétitifs d’une part et par une grande quantité de données disponibles d’autre part », note cette étude. Ainsi, l’enjeu ne serait pas de savoir si des techniques d’intelligence artificielle seront déployées dans le secteur, mais plutôt par qui, dans quel but et à quelle échéance.

Même si cette échéance pourrait être plus tardive que dans d’autres secteurs. « L’assurance étant un marché national et réglementé, les projets menés à l’étranger mettent un peu plus de temps que dans d’autres secteurs à pénétrer le marché français. Cela laisse le temps aux acteurs de proposer leurs propres stratégies et solutions pour disrupter eux-mêmes le secteur », note l’Institut Intermedius.

Pour l’instant, les freins qui empêchent les intermédiaires d’assurance français de prendre ce virage restent importants. Tout d’abord, il y a l’obstacle de l’investissement nécessaire. Intermedius note que, parmi les 34 % de cabinets intéressés pour développer l’IA, « certains attendent que le prix des technologies baisse. »

Et si les 66 % restants ne sont pas intéressés, l’institut précise que cela s’explique par « leur volonté de se concentrer sur la dimension humaine de leur métier », mais aussi par « la petite taille de leur cabinet » ou encore par « leur besoin prioritaire de moderniser les systèmes informatiques… » Autrement dit, avant de relever le chantier de l’intelligence artificielle, la profession doit au préalable régler celui du numérique.

La CSCA envisage d’investir dans un chatbot

En matière d’intelligence artificielle, la CSCA pourrait donner l’exemple. En effet, le syndicat envisage de mettre en place un chatbot afin de répondre aux questions juridiques simples les plus fréquemment posées par ses adhérents. Si le projet se concrétise, ce chatbot puiserait ses réponses dans une liste de 150 questions-réponses élaborée par son service juridique. Une manière pour les équipes de la CSCA de libérer du temps pour d’autres tâches.

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