[DOSSIER] Panorama des assurtech 2018 3/3

Panorama des assurtech 2018 : les 50 start-up qui comptent

Panorama des assurtech 2018 : les 50 start-up qui comptent

Elles sont françaises, anglaises, allemandes, voire espagnoles ou suédoises, parce qu’il est difficile de s’en tenir à l’Hexagone sur ce terrain-là. Certaines ont déjà plusieurs années d’existence alors que d’autres sont toutes récentes. Ce panorama 2018 des assuterch réalisé par L’Argus de l’assurance et le fonds Astorya.vc ne prétend pas à l’exhaustivité. Mais les startupers de l’assurance devraient largement se retrouver dans ce jeu des neuf familles.

Méthodologie

Ce panorama des assurtech a été réalisé à partir de la base de données propriétaire d’Astorya.vc qui compte 1 788 start-up liées à l’assurance en Europe (dont 230 assurtech pures). 515 de ces start-up ont reçu une injection de capital (seed, série A, B ou C), dont 75 dans l’assurtech pure qui ont levé 800 M€. Ce panorama ne couvre pas spécifiquement les start-up blockchain ou intelligence artificielle, mais focalise l’analyse sur celles ayant une composante assurtech forte.

Archétype n° 1 : Le renouveau de l’assurance santé et de l’employee benefits

  • Plusieurs modèles existent, des assureurs proches du modèle d’Oscar (États-Unis), quelques rares acteurs sur l’employee benefits (avantages sociaux et protection sociale collective), ainsi que des entreprises proposant des nouveaux services autour de la prévention, de la télémédecine ou encore de la prise de rendez-vous.
  • Le secteur semble encore faiblement représenté en France et en Europe, au regard des États-Unis, où il concentre 100 % des licornes de l’assurtech (Oscar, CollectiveHealth, Gusto, Zenefits, Clover) ou de l’Asie, avec WeDoctor, valorisé plus de 1 milliard de dollars.

Archétype n° 2 : La transformation de la gestion de sinistres

  • À côté des start-up « partenaires » d’assureurs afin de fournir des solutions intelligentes sur certains segments (principalement en IARD) en associant outil, méthode agile et IA, coexistent des start-up proposant des outils informatiques en « marque blanche » qui se présentent plus comme des sociétés IT .
  • L’avenir appartiendra davantage à ceux qui disposent d’une technologie différenciante, et donc présentent un ticket d’entrée plus important et difficile à copier ainsi qu’un potentiel de valorisation supérieur à une SSII.

Archétype n° 3 : Rencontre du troisième type entre MRH, domotique et assurances de niche

  • Suivant l’exemple d’un Trov ou d’un Lemonade – très médiatisés et capitalisés – de très nombreuses start-up se sont lancées dans la MRH et / ou l’assurance simplifiée des objets du quotidien (téléphone portable, vélo, drones, etc.). Certains couplent aussi assurance et objets connectés en promettant une assurance « plus juste ».
  • Au regard de la pléthore d’acteurs, le tri devrait s’opérer entre, d’un côté, ceux qui proposent une véritable innovation – par exemple une souscription « sans couture » 100 % en ligne –, et de l’autre, de simples courtiers tirant les prix vers le bas et qui seront amenés à se consolider ou disparaître…

Kouros Armandeh, cofondateur Nouga (FRA)
« Algorithme et interaction humaine »

« David Azar et moi sommes associés sur une agence de marketing digital fondée à Miami, Outsmart Labs, spécialisée dans l’acquisition de leads. Quand nous avons lancé notre filiale à Paris, en 2015, et voulu assurer nos équipes, je n’ai trouvé aucune plateforme en ligne indépendante multiproduits : j’ai eu le sentiment qu’on m’imposait des contrats plutôt que je les choisissais. De fil en aiguille est né Nouga, qui veut digitaliser l’expertise du métier de courtier. La plateforme, testée ces derniers mois, sera lancée début 2019 et fonctionnera sur un modèle économique double : en classique BtoC, via une commission, mais aussi en BtoBtoC. Elle est interfacée par API avec nos fournisseurs et notre technologie peut aussi être déportée sur des plateformes de tiers. Si la proposition assurantielle faite par Nouga est algorithmique, nous avons recruté des conseillers en assurance de personnes comme de biens pour les assurés, encore nombreux, qui veulent une interaction humaine dans leur processus de souscription. »

 

Archétype n° 4 : Plateformes collaboratives et Peer to Peer – renaissance ou fin de cycle ?

  • La promesse initiale d’un modèle à la Groupon – proposer de meilleurs prix en regroupant des assurés similaires – est extrêmement difficile à tenir. Ceci explique probablement le faible nombre de projets similaires, alors que le pionnier Bough By Many existe depuis 2012 !
  • La promesse a donc évolué aujourd’hui vers l’exploration d’assurances nouvelles – non ou mal couvertes – en regroupant un nombre suffisant d’assurés afin de pouvoir créer un produit spécifique. Mais la taille de ces marchés sera-t-elle suffisante ?

Archétype n° 5 : Des courtiers d’un nouveau genre ?

  • Cette catégorie regroupe des courtiers traditionnels ayant modernisé leur interface client, des fournisseurs de solutions en marque blanche ou des sites proposant d’évaluer la situation assurancielle du client pour lui proposer de couvrir les « trous » existants. Dernière évolution : des acteurs espagnols proposant de consolider et stocker les contrats existants pour mieux gérer l’ensemble de l’assurance des clients.
  • Comme pour l’archétype n° 3, la différence devrait se faire sur l’innovation et la technologie (IA), qui permettront de créer de nouveaux besoins d’assurance chez le client. Les perspectives paraissent plus faibles pour les modèles à base de questionnaires, qui se révèlent être de simples générateurs de leads pour les assureurs traditionnels.

Archétype n° 6 : Le filon des indépendants, autoentrepreneurs et TPE

  • L’assurance des Très petites entreprises (TPE) et des travailleurs indépendants, Graal des assureurs, pose de véritables défis, notamment en termes de distribution et de fragmentation clients. Dans ce groupe figurent aussi bien des start-up se focalisant sur de nouveaux usages ou populations (ex. assurance on-demand pour freelancers) que des start-up promettant des assurances adaptées pour le bas de segment ou les indépendants.
  • Les gagnants de ce marché en croissance seront ceux qui dépasseront le simple discours marketing et créeront des communautés fortes autour de métiers spécifiques. Cette approche affinitaire devrait être nourrie par des produits véritablement spécifiques.

Charles Alexandre, fondateur Simplis (FRA)
« Devenir leader des autoentrepreneurs »

« Simplis est né en 2016 du constat qu’il existait très peu d’offres d’assurances pour les autoentrepreneurs. Nous voulons devenir leaders sur ce marché, avec le soutien du groupe April, en proposant des offres auxquelles on peut souscrire en trois clics. Notre premier produit a été une RC Pro, avec April comme gestionnaire et Generali en porteur de risques : nous comptabilisons déjà plus de 7 000 contrats en 18 mois. Notre levée de fonds de 2 M€ nous a permis de lancer une assurance décennale pour les indépendants du BTP, que Simplis veut digitaliser au maximum. Notre ambition est d’équiper aussi les entrepreneurs avec des options très personnalisées. Nous réfléchissons à deux futures offres : une assurance perte d’activité (chômage) et une garantie locative. »

 

Archétype n° 7 : Le PAY -as-you-drive rattrapé par les telematics et le parametric

  • Le pay-as-you-drive continue uniquement de stimuler des start-up anglaises, couvrant notamment des populations spécifiques. Mais cette catégorie intègre également l’émergence de sociétés utilisant des technologies similaires (IoT, smartphones) pour des assurances paramétriques, qu’elles concernent les inondations ou l’assurance voyage.
  • Le pay-as-you-drive existe depuis longtemps chez les assureurs traditionnels et il est difficile à un nouvel acteur de proposer des tarifs compétitifs. Au-delà de l’assurance météorologique, premier cas d’usage chez certains grands assureurs, des technologies telle la blockchain et les smart contracts ont permis à des start-up de proposer des produits d’assurance paramétriques sur d’autres verticales encore limitées (retard d’avion, assurance vie en déshérence, par exemple).

Archétype n° 8 : Des grands risques, so british

  • Quelques assurtech visent à innover dans le domaine des grands risques, soit en tant qu’assureur / courtier ou comme fournisseurs de solutions technologiques pour l’expertise et l’évaluation des sinistres.
  • Seul le marché anglais semble pour l’instant concerné, probablement du fait d’un positionnement plus complexe pour une start-up (expertise, segment BtoB).

Archétype n° 9 : Vie et épargne, le parent pauvre du secteur ?

  • Au-delà des nouveaux courtiers, les start-up sont peu nombreuses en assurance vie, prévoyance et épargne. On note d’ailleurs une orientation très IARD des projets d’innovation des compagnies traditionnelles. La faute à la réglementation ? Au conservatisme des épargnants face aux nouveaux supports ? Aux consommateurs qui n’ont pas conscience du besoin de couverture ?
  • L’innovation dans la banque s’accélère et de nombreuses start-up émergent aux États-Unis et en Asie, avec des produits plus simples et moins chers et des offres mixtes épargne et protection à destination des publics non couverts. De plus en plus d’acteurs se positionnent autour des wearables où l’analyse de données permet une meilleure souscription en vie et défrichent les domaines de la prévention et la promotion de modes de vie plus sains.

David Vanek, cofondateur d’Anorak (GBR)
« Estimer les besoins de l’assuré »

« A norak est un courtier à l’origine de la première plateforme automatisée de conseils en prévoyance au monde, lancée en 2016 avec le soutien de Kamet, l’incubateur d’Axa. Nous avons mené deux levées de fonds en 2016 et 2018, pour un total de 9 M£ (10,5 M€). Outre-Manche, le risque prévoyance est surtout couvert à titre individuel : près de 9 millions de personnes ne sont pas assurées. Les jeunes ne souscriront pas auprès d’un conseiller physique et les comparateurs en ligne ne peuvent leur permettre de savoir ce dont ils ont réellement besoin ! Notre technologie facilite le début du processus de souscription et estime les besoins de l’assuré pour lui recommander l’assurance optimale. Nous touchons une commission sur chaque vente et nous allons bientôt commercialiser notre technologie auprès d’importants distributeurs. »

 

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