Assurance Vie : L'épargne handicap sort de l'ombre

Les personnes handicapées peuvent bénéficier de contrats d'assurance vie spécifiques, donnant accès à une réduction d'impôt conséquente. Mais peu d'entre elles connaissent ce produit avantageux, qui, il est vrai, ne leur est pas toujours proposé.

L'épargne handicap commence à intéresser les bancassureurs. Oradéa vie, la filiale de la Société générale dédiée aux conseillers en gestion du patrimoine indépendants (CGPI), serait sur le point de lancer une assurance vie épargne handicap « packagée ». Si ce type de contrats, réservé aux personnes handicapées et qui donne accès à un certain nombre d'avantages - dont une réduction d'impôt sur les cotisations versées -, existe depuis plus de vingt ans, encore très peu d'établissements proposent une offre de ce genre.

Pas rentable

« Le plus souvent, il n'existe pas de formulaire spécifique. Les conseillers financiers ou les agents d'assurances mentionnent au stylo qu'il s'agit d'un contrat d'assurance vie épargne handicap. Ce qui peut provoquer des erreurs par la suite », explique Dominique Delayre, fondatrice du cabinet de CGPI Jurihand, spécialisé dans le conseil en handicap.

Mais encore faut-il que les assureurs et les banquiers pensent à proposer à leurs clients handicapés cette assurance vie dédiée, comme l'exige la loi du 30 décembre 1987. Quand ils ne vont pas jusqu'à refuser de distribuer ce type de produits... « Les gros établissements se placent de plus en plus dans une logique industrielle, constate Frédéric Hild, dirigeant du cabinet de gestion du patrimoine Jiminy conseil, dont 60 % de ses 140 clients présentent un handicap ou sont parents d'enfants handicapés. Or, l'assurance vie épargne handicap génère de faibles volumes, qui exigent, en outre, une gestion lourde et coûteuse, compte tenu de la documentation et de la fiscalité particulières. Sans compter qu'il faut former les conseillers et les agents. Pour la majorité des établissements, tous ces investissements ne sont pas assez rentables. »

Un bonus solidaire

Cela dit, une simple recherche sur Internet montre, heureusement, que des assureurs n'hésitent pas à parler d'épargne handicap sur leur site, comme l'Afer, la Carac, la CNP ou Generali, pour ne citer qu'eux. « Les assureurs commencent à être plus réceptifs et comprennent l'intérêt de proposer l'option épargne handicap », observe Camille de Soras, gérante du cabinet ABC vie, dont la moitié de sa cinquantaine de clients sont touchés peu ou prou par le handicap.

D'où l'apparition, ces derniers temps, d'offres dédiées. Ainsi, April patrimoine a lancé, en mars, Noémi, une solution d'épargne handicap solidaire, conçue par Jiminy conseil. Il s'agit d'un contrat d'assusrance vie, basé sur le fonds en euros Axéria vie, qui bénéficie non seulement du cadre juridique et fiscal de l'épargne handicap, mais qui offre aussi la possibilité de verser 0,1 % des cotisations (abondés du même montant par April patrimoine et par le CGPI) à l'une des quatre (et bientôt dix) associations partenaires (1). Le groupe Azur réfléchirait à distribuer un produit analogue, également avec Jiminy conseil.

Concurrence médiatique

Autre facteur qui concourt au développement de l'épargne handicap : les personnes handicapées commencent elles aussi à découvrir ces produits. « Seul un client sur deux connaît l'assurance vie épargne handicap », note Dominique Delayre, et très peu savent qu'ils peuvent faire requalifier leur contrat d'assurance vie classique en assurance vie épargne handicap s'ils étaient déjà, au moment de la souscription, invalides. Une requalification d'autant plus intéressante financièrement qu'outre la réduction d'impôt, elle permet d'être assujetti à un prélèvement social de seulement 2 % (au lieu de 12,1 %) sur les fonds en euros ou sur le compartiment en euros des contrats multisupports.

Pour faire connaître tous ces avantages, la douzaine de CGPI spécialisés en France dans l'épargne handicap n'hésitent pas à faire la tournée des associations de défense des personnes handicapées pour y tenir (gracieusement) des réunions d'information sur le sujet. Une démarche qui n'est pas totalement désintéressée, les associations constituant d'excellents prescripteurs pour ces CGPI. D'ailleurs, afin d'éviter toute dérive, certains d'entre eux réfléchissent à créer une association professionnelle qui édicterait un code de déontologie.

Reste qu'en dépit de ces efforts, l'épargne handicap n'est pas assurée de se développer. « Le handicap risque d'être noyé dans le débat à venir sur la dépendance, craint Frédéric Hild. Les assureurs pourraient alors être plus intéressés par la maladie d'Alzheimer, qui représente un énorme gisement de marché potentiel. »



1. L'Association de familles de traumatisés crâniens et de personnes cérébrolésées (AFTC) de Savoie, celles de Haute-Savoie et du Languedoc-Roussillon et l'association d'entraide aux déficients mentaux La Merci.

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