La voiture sans chauffeur va redessiner le paysage assurantiel

La voiture sans chauffeur va redessiner le paysage assurantiel
La voiture autonome permettra à de nouveaux entrants comme Google de fournir de l'assurance automobile

L’autonomisation progressive des véhicules est appelée à réduire considérablement la taille du marché de l’assurance automobile et à en changer les modalités de vente et de tarification. Selon une étude du cabinet KPMG, les assureurs ne sont pas préparés à cette révolution…

De l’actuariat à la gestion de sinistres, l’avènement de la voiture autonome impliquera tous les départements majeurs des assureurs qui doivent donc se préparer à mener bataille - celle du client - avec et surtout contre les constructeurs et les entreprises technologiques.

KPMG estime que huit ingrédients sont d’ores et déjà alignés pour que cette transformation du paysage assurantiel automobile s’opère dans la décennie à venir :

  1. Technologie prête et intégrée
  2. Chantier amorcé chez les constructeurs, Google, Tesla, Apple
  3. Les voitures 2.0. se connectent à une infrastructure urbaine « intelligente »
  4. 16 projets de loi pour fixer des standards liés aux voitures autonomes aux Etats-Unis
  5. Responsabilité légale (qui de l’Homme ou de la voiture ? En cours de clarification!)
  6. Essor des services de mobilité comme l’auto-partage
  7. Structuration de la gestion du big data (intégrité, stockage, analyses, sécurité) dans les entreprises
  8. Plébiscite des consommateurs envers la voiture autonome moyennant pédagogie

De nouveaux fournisseurs d'assurance auto en embuscade

Or, seuls 29 % des dirigeants de compagnies d’assurance interrogés par KPMG déclarent maîtriser le sujet  du véhicule autonome. Résultat : 74 % d’entre eux ne sont pas préparés à ce changement, 39 % craignent l’entrée sur le marché de nouveaux fournisseurs, Google en tête, mais aussi les constructeurs. Dans un cas de renversement du marché, 61 % des sondés s’adapteraient en proposant de nouveaux produits.

Le scénario élaboré par le cabinet est le suivant : la chute de la fréquence des sinistres automobiles entraînera une première baisse soutenue d’activité sur ce segment, puis la mutation des véhicules vers des modèles ultra-connectés en précipitera le déclin.
KMPG calcule que l’assurance auto individuelle pourrait représenter moins de 40 % de sa taille actuelle sur le marché en... 2040.

C’est précisément cette perte des capacités de souscriptions qui rebattra les cartes de ce marché. L’assurance doit commuter de concert avec le produit qu’elle couvre ! « Nous n’avons pas de boule de cristal, mais nous sommes convaincus qu’une période sans précédente de changement débute », argumente Jerry Albright, associé chez KPMG.

D’ici à cette échéance, quatre phases sont identifiées à savoir l’appel à des entreprises technologiques et l’introduction, en 2017, de l’autonomisation partielle des véhicules, l’accélération dès 2020 de la communication entre voitures et de la démocratisation de l’offre puis la généralisation des capacités de conduite autonome des véhicules.

Assurance auto : l'ère du darwinisme...

Ces phases de changement incrémental croisent les huit ingrédients précités de sorte à offrir le tableau prospectif suivant.



C’est ainsi que s’instaure graduellement une forme de darwinisme et de survie des assureurs les plus aptes… « L’essor de la voiture sans chauffeur amène plusieurs effets assurantiels. Nous pensons que l’aspect sécuritaire de la technologie de ces véhicules sera le plus impactant sur le long terme  et sur la réduction de la taille de ce marché », note KPMG dans son rapport.

Jugez plutôt : la fréquence des accidents chuterait de 80 % d’ici 2040. Déjà, les voitures équipées de systèmes de prévention des collisions frontales enregistrent une baisse de è à 15 % de leur fréquence de sinistralité en terme de responsabilité de dommages par rapport à un véhicule standard.

« Il y aura toujours des accidents en raison des conditions de circulation, des animaux errants ou de technologies défaillantes et surtout les conducteurs pourront désactiver l’autonomisation pour reprendre une conduite manuelle », souligne David Zuby, vice-président exécutif de l’institut national de la sécurité routière américaine cité par KPMG.

Il est intéressant d’entrevoir que le niveau de conduite « manuelle » pourrait devenir une composante clé du risque routier pour les assureurs ! Aussi loin, en tout cas, que les décisions de conduite seront prises par le véhicule plutôt que par l’Homme, le nombre d’accidents déclinera.

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