Le groupe Malakoff-Médéric radiographie les régions

Pour la troisième édition de son enquête nationale « Santé en entreprise », le groupe de protection sociale a détaillé ses résultats par régions. Elle révèle une dichotomie Nord-Sud, liée à l'activité industrielle et à la répartition des ouvriers en France. Mais l'âge et le genre sont prépondérants.

Après avoir fait de la prévention santé en entreprise l'un de ses axes stratégiques, Malakoff-Médéric a affiné son approche avec une segmentation géographique. La troisième édition de son enquête nationale « Santé en entreprise », réalisée par l'institut Sociovision a été déclinée dans six grandes régions françaises. Le groupe de protection sociale part du constat que les déterminants de la santé au travail ne reposent par uniquement sur l'état de santé du salarié ou sur son hygiène de vie, mais également sur des composantes liées au métier (pénibilité, pression psychologique, etc.) et à l'environnement personnel (état psychologique, difficultés personnelles, etc.).

En la matière, le découpage géographique vient curieusement corroborer certains préjugés sur les régions. Volontiers associés à une certaine idée de la douceur de vivre, les Pays de la Loire semblent ainsi échapper à la pression psychologique (voir le graphique ci-dessous), puisque cet indicateur n'y est cité que par 15% des salariés, contre 18% en moyenne nationale et jusqu'à 22% en Provence-Alpes-Côte-d'Azur. Dans cette région qui se caractérise par une part importante de l'emploi industriel (39% contre 31% en moyenne nationale), le facteur de risque « repli social » apparaît, toutefois, important, puisqu'il concerne 35% des sondés (32% pour toute la France). Autres spécificités de cette région : les seniors. Plus qu'ailleurs, ils n'ont guère confiance en l'avenir et sont davantage victimes de maladies chroniques et de handicaps.

Douceur à l'Ouest, stress au Sud

En Midi-Pyrénées, haut lieu du french paradox, l'hygiène de vie est meilleure quelle que soit la catégorie socioprofessionnelle. Au pays du foie gras, le risque lié à la nutrition est limité à 23%, contre 30% à l'échelon national ! En revanche, l'hygiène de vie apparaît beaucoup plus préoccupante au royaume de la baraque à frites. Les problèmes de nutrition et le manque d'activité physique sont importants dans le Nord-Pas-de-Calais, « ce qui conduit à une dégradation généralisée de l'état de santé (état physique dégradé pour 28%, contre 25% au plan national) », indique l'étude. Elle note que les cadres subissent, dans cette région, un risque routier élevé, puisqu'il est mentionné par 47% d'entre eux (36% au niveau national). Pour autant, ce contexte ne pénalise ni leur engagement (36%) ni leur assiduité au travail (50%), légèrement supérieurs à la moyenne nationale (respectivement 35% et 49%). La région Paca, quant à elle, se distingue par une surconsommation des produits à risque, alcool, tabac et drogues.

Contraste marqué selon le secteur et le genre

En Lorraine, les risques liés au travail restent importants (41 points, contre 36 en moyenne nationale). Dans cette région qui se caractérise par une activité industrielle forte, ce résultat s'explique en grande partie par l'exposition des ouvriers à la pénibilité. En matière de risques « traditionnels » (les risques physiques liés au travail), l'enquête montre d'ailleurs une nette dichotomie Nord-Sud, liée à l'activité industrielle et à la répartition des ouvriers en France. Ces données contrastent avec celles concernant les risques désignés comme « nouveaux » (agression ou insultes par les clients, etc.), beaucoup plus importants dans les régions où les activités de services dominent. En Midi-Pyrénées, par exemple, ces risques sont cités par 38% des sondés (33% en moyenne nationale), tous secteurs confondus, et même par 66% (54%) dans le commerce ! Des chiffres qui sont toutefois, « difficiles à décrypter », reconnaît-on chez Malakoff-Médéric, car il s'agit d'une enquête de perception.

En définitive, plus que la situation géographique, les différences sont surtout marquées par le genre, l'âge et le secteur d'activité. Ainsi, les femmes estiment subir davantage les risques liés à leur vie personnelle et sociale. Le repli social, c'est-à-dire le risque lié au déficit d'insertion sociale, à un état psychologique fragilisé et à un manque de confiance dans l'avenir est exacerbé chez elles (37%, contre 28% chez les hommes), tout comme les risques imputables à l'environnement personnel (35%, contre 27% chez les hommes). Du côté des hommes, en revanche, ce sont les risques liés à la sphère professionnelle qui dominent, dont en premier lieu la pénibilité (37%, contre 31% chez les femmes).

L'âge a un effet sur la santé, mais pas sur le travail

Enfin, l'âge joue un rôle crucial, mais pas toujours celui que l'on croit. Bien sûr, l'état physique des plus de 50 ans peut apparaître préoccupant sur plusieurs points : 28% déclarent souffrir d'une maladie chronique (18% en moyenne), évoquent des problèmes de vue, même avec des lunettes (38%, 24% dans la population active) ou d'ouïe (32%, contre 21%).

En revanche, à rebours des idées reçues, les seniors veulent s'engager au service de leur entreprise et font preuve d'un état d'esprit professionnel « exemplaire », souligne l'étude. Ils ont aussi « une qualité de présence au travail remarquable » : 66% des plus de 55 ans s'efforcent de faire le maximum dans leur travail (57% en moyenne), et seulement 13% ont envie de prendre un arrêt maladie quoique n'étant pas malade (17% en moyenne, et 19% chez les moins de 30 ans).

Pour le groupe paritaire, l'enjeu est maintenant de tirer un bilan de la masse de données engrangées et d'affiner son approche en matière de santé au travail. À terme, un impact sur les garanties paraît logique, mais il n'est pas question non plus de s'engager dans une segmentation trop poussée. De toute évidence, c'est un sujet complexe qui engage la stratégie et devra être traité au niveau des conseils d'administration. Le délégué général de Malakoff-Médéric, Guillaume Sarkozy, note qu'il n'y a « pas beaucoup d'offres sur le marché, ni d'acteurs nationaux capables d'affronter cette problématique ».

Son groupe a déjà lancé des produits, baptisés Cube Santé Entreprise. Ces « boîtes à outils » permettent aux clients de bâtir des politiques de prévention, par exemple en matière de tabac ou d'hygiène alimentaire. Mais il n'est pas question pour le groupe de s'orienter, sous sa marque, vers le conseil sur ces thématiques, car il serait à la fois « juge et partie », estime Guillaume Sarkozy. Des partenariats avec des sociétés de conseil ou de formation devraient être privilégiés. À ce jour, la réflexion n'est pas aboutie, mais des discussions sont engagées avec plusieurs prestataires.

Méthodologie

L'enquête Santé en entreprise 2010 de Malakoff-Médéric est composée :

- d'une étude nationale quantitative réalisée auprès d'un échantillon de 3 500 salariés représentatifs du secteur privé (sexe, âge, profession, taille d'entreprise et secteur).

- d'une déclinaison régionale réalisée auprès d'un échantillon représentatif de 500 salariés dans 6 régions (Ile-de-France, Lorraine Midi-Pyrénées, Nord-Pas-de-Calais, Pays de la Loire, Provence-Alpes-Côte-d'Azur).


Abonnés

Base des organismes d'assurance

Retrouvez les informations complètes, les risques couverts et les dirigeants de plus de 850 organismes d'assurance

Je consulte la base

Le Magazine

ÉDITION DU 26 novembre 2021

ÉDITION DU 26 novembre 2021 Je consulte

Emploi

CARCO

RESPONSABLE AUDIT INTERNE h/f

Postuler

InterEurope AG European Law Service

Gestionnaire de sinistres bilingue anglais H/F

Postuler

+ de 10 000 postes
vous attendent

Accéder aux offres d'emploi

APPELS D'OFFRES

Achat de carnets de chèques numériques pour la transition numérique des entreprises.

Collectivité Territoriale de Guyane

28 novembre

973 - CAYENNE

Le contrat a pour objet de contractualiser une complémentaire santé pour les agents...

Institut Martiniquais de Formation Professionnelle Pour Adultes Imfpa

28 novembre

972 - FORT DE FRANCE

Proposé par   Marchés Online

Commentaires

Le groupe Malakoff-Médéric radiographie les régions

Merci de confirmer que vous n’êtes pas un robot

Votre e-mail ne sera pas publié