Mieux expliquer les choix

Le sujet de l'accès aux données de remboursement est toujours aussi sensible. La récente polémique autour de la Mutualité française montre que les complémentaires devront déployer d'importants efforts de pédagogie avant de tirer partie des expérimentations « Babusiaux ».

Tout est parti d'un article paru le 18 août dans le Parisien, titré « Mutuelles : vers un remboursement des médicaments en fonction de leur efficacité ». L'article est inspiré par le rapport d'activité 2009 de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil), rendu public fin juin. Dans un chapitre consacré aux données de santé, il évoque les expérimentations « Babusiaux » (lire l'encadré).

Le médicament entre gratuité et utilité

Le Parisien replace le sujet dans une perspective grand public, exposant en particulier la problématique du remboursement des quelque cent cinquante médicaments passés au nouveau taux de 15 % en raison de leur efficacité médicale jugée « faible » ou « insuffisante » par la Haute Autorité de santé (HAS). Il cite Jean-Martin Cohen-Solal, directeur général de la Fédération nationale de la mutualité française, qui explique que la FNMF souhaite « pouvoir rembourser ou non un produit en fonction plutôt de son utilité médicale ».

L'AFP reprend le sujet le même jour, citant également la réaction de Christian Saout. Le président du Collectif interassociatif sur la santé (CISS) estimait dans le quotidien que « c'est une avancée vers les couvertures maladie à plusieurs vitesses ». Deux jours plus tard, un communiqué de l'UFC-Que Choisir craint « un dommage certain pour les patients ». La polémique se répand comme une traînée de poudre dans les médias. « Les mutuelles instaurent la santé à la carte », écrit ainsi L'Humanité.

Sur le Web, les réactions des lecteurs montrent que les rouages du système de santé sont devenus opaques pour la majorité des assurés. Hormis les spécialistes, qui sait que la législation sur les contrats responsables (la quasi-totalité de l'offre) n'oblige les opérateurs qu'à prendre en charge les médicaments à 65 % (vignette blanche) ?

Pour beaucoup d'assurés accoutumés au tiers payant, le médicament prescrit est devenu un bien gratuit. Dans ce contexte, que des organismes complémentaires veuillent n'en plus rembourser certains parmi ceux à 15 % (voire à 35 %) tient de l'atteinte à un acquis social ! Et peu importent les raisons et le contexte...

Un système qui devient de plus en plus complexe

« Il y a un vrai sujet de compréhension du système de santé, qui est de plus en plus complexe, et c'est pourquoi nous informons les adhérents sur le médicament, notamment avec Priorité Santé mutualiste », explique Jean-Martin Cohen-Solal à l'Argus de l'assurance. Outre les questions techniques (sécurité de l'anonymisation des données en particulier) et juridiques, la généralisation et la concrétisation des expérimentations « Babusiaux » demandera elle aussi un considérable effort de pédagogie aux complémentaires.

Proposer des garanties innovantes autour des médicaments non remboursés, comme Axa le teste actuellement est une chose. Faire comprendre l'existence de cinq niveaux de remboursement du médicament - ou le fait qu'un même médicament (c'est le cas, par exemple, du populaire Doliprane) puisse être pris en charge à 100 %, 65 % ou pas du tout - en est une autre. Et la coexistence d'offres remboursant des produits d'automédication et d'autres ne prenant en charge que certains médicaments à 15 et 35 % sera certainement aussi difficile à gérer en termes de communication que de concurrence.

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