Santé – Accès aux soins – Vieillissement : les délais plus insupportables que les coûts

Les renoncements aux soins ne sont pas dus aux seuls dépassements d'honoraires, car 59% des patients ont renoncé à consulter un spécialiste en raison de délais trop longs, révèle une étude de Jalma.

Mattias Matallah, président de Jalma pense qu'« on s'est beaucoup focalisé sur les dépassements d'honoraires comme un frein à l'accès aux soins. Le débat médiatique s'est un peu emballé ». Dans son Observatoire de l'accès aux soins, rendu public en décembre, le cabinet de conseil spécialisé dans le secteur de la santé estime que les résultats relatifs à la renonciation aux soins pour des raisons de coût apparaissent « ambigus ».

Ainsi, en 2012, 27% des Français (contre 18% en 2011) déclarent avoir renoncé à des soins chez un généraliste à cause du coût de la consultation. Mais la proportion de généralistes pratiquant des dépassements a diminué de 10% en 2000 à 7% en 2010 et leur taux de dépassement n'a pas augmenté. Sachant que plus de 90% des Français sont couverts par des contrats qui prennent en charge intégralement ces dépassements, ce déclaratif sur les renoncements aux soins est donc « sujet à caution », analyse Jalma.

En revanche, l'étude pointe un problème de délais croissant (voir graphiques), et le mois et demi moyen d'attente pour consulter un spécialiste cache de fortes disparités géographiques, puisque les délais sont près de deux fois plus longs dans les communes rurales qu'en région parisienne. Comme le note Jalma, « les conséquences de la baisse du temps médical disponible (diminution du nombre de médecins et baisse du temps de travail médical) commencent à se faire sentir ». Un phénomène très sensible en ophtalmologie. « Comme un cabinet nécessite un investissement de l'ordre de 1 M€, un praticien ne vit pas en dessous de 34 à 40 € la consultation. Quand il ne peut pas pratiquer ce type de tarifs, il ne s'installe pas », explique Mathias Matallah.

Effet ciseau annoncé

C'est dans les spécialités prenant en charge les maladies chroniques et le vieillissement (rhumatologie, cardiologie) que la dégradation des délais est la plus forte. C'est d'autant plus préoccupant que ces pathologies chroniques deviennent un enjeu de premier plan : concernant 25% de la population, elles pourraient passer à 50% dans les dix prochaines années. Il faut donc s'attendre à des effets de pénurie inquiétants. Et l'hôpital ne sera pas une réponse : l'attente pour un rendez-vous chez un spécialiste y atteint 40 jours.

Jalma a identifié quatre solutions susceptibles d'améliorer l'accès aux soins et le suivi des maladies chroniques : deux sont organisationnelles - délégation de tâches, dépistage organisé - et deux autres sont innovantes - téléconsultation et télésurveillance. Les Français y sont largement favorables, même si le recours aux nouvelles technologies suscite encore quelques réticences. Quant aux professionnels de santé, ils montrent une certaine appétence pour l'e-santé. À condition que ces pratiques soient rémunérées.

UN DÉFI POUR LES COMPLÉMENTAIRES

  • Dans l'édition 2013 de son « Panorama de la santé », Jalma explique que la raréfaction de l'offre de soins est, plus encore que le devenir du régime obligatoire, le vrai défi d'avenir pour les complémentaires. « Il ne sert en effet à rien aux assurés de bénéficier de prestations, quelle que soit leur qualité, s'ils n'en ont pas l'usage, ce qui risque de se produire à brève échéance », analyse le document. Les entreprises pourraient être poussées à s'investir de plus en plus dans la santé de leurs salariés, avec tous les changements que cela suppose pour l'assurance collective - les mutuelles de fonctionnaires y étant assimilées. Les expérimentations menées par des acteurs paritaires, comme Vigisanté, sont des pistes d'avenir. Reste à trouver le modèle économique, et une stratégie pour les retraités.

 

Trois mois pour voir l’ophtalmo

Principales causes de reconciation aux soins (%)

Plus que le coût de la consultation, c’est ladifficulté à obtenir un rendez-vous proche avec un spécialistequi fait renoncer aux soins. 

Délai moyen (jours) pour obtenir un rendez-vous

Le délai s’allonge rapidement, en particulier pour les spécialités liées aux maladies chroniques et du vieillissement.

source : jalma, observatoire de l’accès aux soins 2012

 

 

 

 

 

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