Trois impacts de l’Internet des objets sur les assureurs

Trois impacts de l’Internet des objets sur les assureurs
L'Internet des objets force les assureurs à redéfinir leur proposition de valeur

La rupture viendra de l’IoT (Internet of things). C’est l’avis du cabinet Oliver Wyman qui publie un rapport sur la manière dont les objets connectés bouleverseront le modèle économique des groupes d’assurance.


Pour David Giblas, associé chez Oliver Wyman en charge de l’assurance, la disruption du secteur viendra de l’Internet des objets. Pourquoi ? L’assurance est une industrie qui repose sur la compréhension et l’analyse des risques via la collecte de données et leur observation dans le temps. Jusqu’à présent, l’exercice consistait donc à trouver des corrélations entre, d’une part, la fréquence et la gravité des sinistres survenus, et d’autre part, les données relatives à la matière assurable.

De ce travail découlaient des modèles de sélection, de tarification des risques et de pilotage de portefeuille. « Ces données, dites froides, couvraient essentiellement la description statique de l’objet du risque comme une voiture, par exemple, et de l’environnement pouvant influencer ce risque comme le profil et la manière de conduire du chauffeur. L’internet des objets impacte en profondeur le métier en permettant aux assureurs d’accéder à des nouvelles données dites chaudes car dynamiques  qui vont modifier en profondeur ses modèles de sélection, de tarification et de pilotage », explique l’expert qui a participé à l’étude fraîchement publiée par le cabinet sur les conséquences économiques de l’IoT.

Réintermédiation et/ou désintermédiation !

L’argus a recensé les 3 impacts clés pour le secteur de l’assurance :

. Bouleversement de la manière dont l’assurance dommage est tarifée, distribuée et gérée…

Automobile, habitation santé : l’Iot (télématique auto, thermostats ou bracelets fitness) commence déjà à changer la donne. Les corrélations risques-comportement des assurés se traduit par le souhait de plus en plus évident des assureurs de segmenter très finement le risque, automobile par exemple. Le pay 'how you drive' basé sur des dongles pluggés dans un tableau de bord, un smartphone ou un boîtier en témoigne. Aux Etats-Unis, le « pay how you behave » de John Hancock (manulife) prouve que cette déclinaison en santé existe et fonctionne. A la maison, autre bastion, les gens paieront aussi bientôt « how (they) live ».

A preuve, Axa France qui  proposera, en octobre 2015, dans le cadre de ses contrats d’assurance habitation, des services de prévention et d’assistance reposant sur des objets connectés. Caméras, détecteurs de fumée, détecteurs d’intrusion, ampoules intelligentes et demain détecteurs de fuite : les objets connectés émanant de différents partenaires de l’assureur seront pilotés depuis l’application Monaxa.

Les entreprises aussi, n’y échapperont pas avec l’avènement d’offres du type « pay how you manufacture ». Les assurances agricole, construction et TPE/PME sont, à ce titre, appelées à évoluer rapidement avec l’Iot. Mais au-delà des simples accords et tests actuels, de nombreuses interrogations demeurent sur les modes opératoires :

  • va-t-on vers une plateforme unique et ouverte par écosystème ?
  • Plusieurs plateformes propriétaires par écosystème ?
  • Une plateforme multi-écosystèmes ?
  • Des plateformes open-Data ?

« Les assureurs ne gagneront pas seuls la bataille des données et devront coopérer avec d’autres acteurs verticaux ou transversaux. Il leur faudra préempter les meilleurs partenariats possibles », affirme David Giblas.

D’assureur « régleur » à « assureur protecteur »

Mais l’IoT va aussi permettre de créer de la valeur grâce au suivi en temps réel à travers de nouveaux services liés à la prévention, au coaching, au monitoring, au conseil, à la maintenance prédictive, à l’assistance (les assureurs qui disposent d’une filiale d’assistance sont donc mieux armés selon Oliver Wyman qui imagine que l’assurance sera peut-être vendue à terme avec l’assistance et non l’inverse), etc.

Ils permettront aux assureurs de transformer l’expérience – aujourd’hui cristallisée sur la seule intervention en cas de sinistres, tous les 4 ans en moyenne… – qu’ils offrent à leurs clients. Les assureurs auront un mode relationnel plus interactif.  « La transition d’assureur régleur à assureur protecteur constitue un changement  fondamental de positionnement », souligne ainsi David Giblas.

A la clé : une nouvelle source de revenus, une réduction de la sinistralité et un renouvellement en profondeur de son image. Quant au phénomène d’anti-sélection et la sanction des profils à hauts risques mieux identifiés.

« L’Iot ouvre la voie à une nano, voire pico-segmentation de la clientèle, mais les pouvoirs publics qui devront cadrer ces nouveaux modèles ne laisseront sûrement pas faire une telle démutualisation et la possibilité d’une non-assurabilité d’une partie de la population», confie le consultant qui table plutôt sur une « démoyennisation » des tarifs.

L’Iot comme menace concurrentielle

Face à une nouvelle catégorie d’acteurs, les agrégateurs, à même de consolider les données multi-écosystèmes pour proposer également de nouveaux services, les assureurs dont face, à cause des objets connectés, à un vrai risque de désintermédiation.

Il y aura, en fait,  un bouquet de services autour de ces capteurs divers et nul ne sait comment les assureurs y intègreront leur offre. De là à garantir qu’ils en soient le distributeur… Les cartes se rebattront. Ainsi,  GAFA (Google, Amazon, Facebook, Apple), concentrateurs de données, acteurs du big data ( SAS…), opérateurs de télécommunications (Orange…) et ‘bigtech’ (IBM…) jusqu’aux fabricants de matériel Iot (Tom Tom, Nest…), constructeurs automobiles ou fournisseurs d’énergie sont déjà en embuscade. "Les assureurs ne vendront bientôt plus en direct l'assurance de la voiture. Le constructeur s'en chargera" , certifie déjà David Giblas.

L’Iot provoque un phénomène d’aplatissement des chaînes de valeur. Les acteurs de différentes industries peuvent avec l’hyper-connectivité et l’afflux de données, étendre leur périmètre d’activité pour attaquer le marché de la distribution de l’assurance. Certains challengers ne préempteront qu’un type de service. « Il y aura un phénomène de démodularisation de l’offre », assure David Giblas qui ne serait pas étonné de voir Uber se lancer dans l’assistance

Baisse de la sinistralité

L’Internet des objets se traduira, selon les estimations du cabinet, par une baisse de la sinistralité et donc des primes d’assurances de l’ordre de 20 % et par une nette amélioration des ratios combinés du fait de la sophistication des modèles de sélection, de tarification et de pilotage. Un manque à gagner à compenser par les services de préventions énoncés, mais aussi une couverture des cyber-risques et l’assurance de cette nouvelle intelligence Iot !

LIRE AUSSI LE DERNIER DOSSIER COMPLET DEL'ARGUS DE L'ASSURANCE SUR LES OBJETS CONNECTES ("Wait and see", décembre 2014)





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