L’ISR, contrainte ou opportunité ?

L’ISR, contrainte ou opportunité ?
©Andrey Popov

L’Investissement Socialement Responsable (ISR) source d’innovation, de maîtrise des risques et d’identification des entreprises tournées vers l’avenir a toutefois longtemps été associé à des raccourcis : investissements éthiques, peu attractifs en matière de performance et reportings lourds. Au-delà du mythe, l’ISR pourrait-il être un choix gagnant sur le long terme ?

Au-delà d’identifier les risques des entreprises en portefeuille ou des émetteurs et notamment ceux liés aux enjeux du monde de demain, l’ISR peut porter aussi une vocation prospective. Dans un contexte international, l’économie fait face à des défis majeurs : changement démographique, urbanisation, santé, climat, environnement, agriculture et alimentation. En identifiant ces impacts, l’objectif de l’ISR est d’investir dans des sociétés ou des émetteurs qui innovent et apportent des solutions à tous ces chalenges.

Deux façons d’aborder l’ISR

Traditionnellement, les gérants choisissent les valeurs sur lesquelles ils investissent à partir de critères financiers. En intégrant les critères ESG (environnement, société et gouvernance), les gérants obtiennent  un panorama complémentaire, permettant ainsi de mieux évaluer les sociétés en portefeuille. L’ISR sert à identifier les risques extra-financiers de long terme en complément d’une analyse financière classique.

Une autre façon de s’intéresser à l’ISR – plus adaptée aux investisseurs de long terme comme les sociétés d’assurance et les mutuelles – est de raisonner en termes d’opportunités et d’innovations. En cherchant à intégrer et à répondre aux enjeux de notre société (santé, handicap, insertion, emploi…), les émetteurs anticipent mieux l’avenir et adaptent leurs pratiques, ainsi que leurs produits et services.

L’investissement socialement responsable : une prise de conscience collective

Les régulations française et européenne contribuent au développement progressif de l’ISR. Sur le plan national, l’article 173 de la loi relative à la transition écologique et énergétique* a instauré, depuis 2016, des obligations d’information pour les investisseurs institutionnels sur leur gestion des risques liés au climat, et plus largement l’intégration de paramètres environnementaux et sociaux dans leur politique d’investissement. Au niveau européen, un groupe d’experts de la Commission européenne a édicté en février 2018 des recommandations afin que la régulation financière ne constitue plus un obstacle au développement de la finance durable et pour encourager son développement.

D’ailleurs, il existe une littérature académique assez étendue sur l’impact des facteurs ESG en termes de performance financière et de risque. Même s’il n’y a pas de consensus, la plupart des études montrent un effet plutôt positif d’une prise en compte des facteurs ESG.[1] Des études soulignent aussi qu’en cas de crise, les valeurs ESG subissent moins de volatilité, car ces entreprises, mieux gérées, sont plus résistantes aux chocs des marchés financiers.

Enfin, l’ISR permet de donner du sens à l’investissement. Deux tiers des investisseurs particuliers aimeraient investir en ESG, mais regrettent que cette solution ne leur soit pas proposée [2]. Actuellement, les freins se situent donc plus chez les investisseurs que chez les clients finaux, en quête de sens, qui veulent logiquement aligner leur manière d’investir sur leurs convictions personnelles.

L’ISR,  un nouveau paradigme

Par rapport à un investissement sans analyse extra-financière, l’ISR s’envisage sur un horizon de long terme et incite donc les investisseurs à définir leurs allocations et leurs investissements de manière différente.

L’évaluation de la performance se réalise sur un horizon de long terme, décorrélé des performances financières annoncées lors des résultats trimestriels des entreprises et des émetteurs. La deuxième source de différentiation de l’ISR par rapport à la gestion financière est l’importance du reporting, souvent évoqué comme une contrainte et un exercice lourd pour les investisseurs. Or les bénéficiaires demandent des informations simples, lisibles et transparentes pour juger des supports qui apporteront du sens à leur épargne. D’autant qu’il n’est pas nécessaire de présenter des indicateurs sophistiqués, mais d’expliquer simplement le sens de la sélection des valeurs et émetteurs. Par ailleurs, il reste toujours possible de communiquer de façon annuelle tous ses engagements en matière d’ISR [3]

Enfin et surtout l’ISR peut se décliner selon les convictions de chaque investisseur. Si l’offre ISR peut proposer des fonds à conviction modérée et de style plutôt exclusif s’agissant des secteurs controversés, comme le tabac, les armes ou l’alcool… elle peut également proposer des fonds qui proposent une démarche de conviction et qui va plus loin dans la sélection d’entreprises qui apportent des solutions aux grands enjeux.

Dans ce contexte, l’asset manager se place en position de consultant et propose un accompagnement différent et adapté aux profils et contraintes des investisseurs, afin de permettre à tous de bénéficier des opportunités de l’ISR et même à ceux qui ne se sentaient pas encore prêts à se lancer… jusqu’ici !

Lexique

Développement durable : développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre à leurs propres besoins.

Finance verte : Favoriser la thématique environnementale au cœur des investissements à travers deux méthodes : le financement de la Transition Énergétique et Écologique et la maîtrise des risques que le climat fait peser sur les investissements. La finance verte ne peut pas être assimilée à l’ISR dans la mesure où elle est focalisée sur l’environnement. Un fonds thématique environnemental peut néanmoins être considéré comme ISR si les critères sociaux et de gouvernance sont pris en compte dans le process de gestion (même si c’est de façon moindre que l’environnement).

ISR : Investissement socialement responsable. « L'ISR est un placement qui vise à concilier performance économique et impact social et environnemental en finançant les entreprises et les entités publiques qui contribuent au développement durable, quel que soit leur secteur d'activité. En influençant la gouvernance et le comportement des acteurs, l'ISR favorise une économie responsable. » (définition AFG)

ESG : Environnement, Social et Gouvernance. Critères utilisés pour évaluer la qualité extra-financière des entreprises

RSE : Responsabilité sociétale de l’entreprise. Concept dans lequel les entreprises intègrent les préoccupations sociales et environnementales dans leurs activités et dans leurs interactions avec leurs parties prenantes sur une base volontaire

* Loi n°  2015-992 du 17 août 2015relative à la transition énergétique pour la croissance verte, JO du 18 août 2015.

[1] Demystifying Responsible Investment Performance, A review of key academic and broker research on ESG factors. Mercer 2017

[2] Sondage IPSOS pour Vigeo Eiris et FIR, 09/2016

[3] https://www.wwf.fr/vous-informer/actualites/loi-de-transition-energetique-les-assureurs-nont-pas-saisi-lopportunite-dinformer-les-epargnants

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