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Pour un partenariat renforcé entre les assureurs et leurs éditeurs de solutions

Au regard des enjeux d’innovation et d’investissement que posent aujourd’hui les technologies, les assureurs ne peuvent plus se contenter d’être des acheteurs de solutions. Ils doivent nouer des partenariats renforcés - pouvant aller jusqu’à l’actionnariat - avec leur éditeur et intégrateur de solutions. C’est la conviction de Christophe Burlot, co-fondateur et directeur général d’Apidata. Il explique pourquoi.

Christophe Burlot_Apidata
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« Un appel d’offres qui n’aboutit pas, c’est trois ou quatre ans et beaucoup d’argent perdus. Pendant ce temps, la concurrence n’attend pas : elle continue à innover, à se développer, à avancer… Notamment les assurtechs qui sont, par nature, contraintes de mettre à jour leur technologie pour répondre aux nouveaux besoins réglementaires, techniques et concurrentiels.

Les anciens systèmes des assureurs tiennent toujours la route, mais les rendent naturellement moins agiles. Ils contraignent surtout ces entreprises à mobiliser beaucoup de capital pour faire évoluer ces outils, les confrontant ainsi aux limites du modèle de croissance de long terme théorisé par les économistes Solow et Romer.

Stimuler l’innovation endogène

Le modèle de croissance endogène de Robert Solow fonde la croissance sur l’accumulation de travail et de capital physique (les infrastructures informatiques, par exemple). Mais à long terme, les gains de productivité générés par une unité de capital supplémentaire se réduisent. Seul le progrès technique exogène permet d’éviter la stagnation : dans le cas présent, il peut s’agir de l’automatisation ou de l’IA.

Pour Paul Romer, en revanche, ce progrès technique doit être produit par l’entreprise elle-même. Car contrairement au capital, la créativité humaine n’a pas de limite dès lors que la recherche et le développement, l’innovation et le capital humain sont valorisés. L’innovation peut donc annuler le rendement décroissant des investissements et soutenir une croissance endogène. Mais elle doit être entretenue et stimulée.

Quel est le modèle adapté à l’assurance ? Les assureurs se trouvent aujourd’hui confrontés au même défi que l’économie européenne : ne pas se contenter de compter sur les progrès techniques exogènes pour capitaliser sur sa créativité, et finalement la stimuler avec l’innovation endogène. Ils semblent hélas faire tout le contraire, s’appuyant sur des acteurs extra-européens qui sont effectivement en capacité de résoudre tous leurs problèmes. Mais à quel prix ? Quel assureur, aujourd’hui, est capable de modéliser très clairement le retour sur investissement sans aucune visibilité sur les tarifs de ces prestataires et sur la façon dont ils utilisent les données ? Comment, in fine, quantifier l’impact stratégique sur leur propre métier ?

Construire ensemble la souveraineté

J’entends de plus en plus souvent parler de souveraineté numérique, mais de façon floue et désincarnée. C’est pourtant une notion essentielle qui doit se construire entre un assureur et son prestataire technologique dans une relation de partenariat. Le modèle des appels d’offres touche à ses limites : il ne permet pas au donneur d’ordres de se projeter réellement dans l’avenir ni au fournisseur d’investir plus sereinement dans des outils répondant à toutes ses problématiques. L’innovation est aujourd’hui transverse et partagée : elle embarque l’architecture des réseaux, le traitement de la data, l’intégration de l’IA, avec des enjeux de réglementation, de RSE, de sécurité des données…

Pour apporter une réponse pertinente à toutes ces problématiques, le prestataire doit comprendre et s’intégrer à la réflexion stratégique de l’assureur : cela va bien au-delà d’une simple relation contractuelle de client à fournisseur.

Ce partenariat pourrait prendre plusieurs formes. Pourquoi pas, par exemple, des partenariats sous la forme de contrats pluriannuels avec engagement de chacun des acteurs sur la pérennité des tarifs et des services. Il s’agirait d’inclure les prestataires dans ses réflexions stratégiques et de capitaliser intelligemment sur les capacités de son prestataire, notamment lorsqu’il est partenaire critique, comme Apidata. Nous croyons sincèrement à ce modèle, et nous efforçons de le mettre en place avec tous nos clients. Bien évidemment, d’autres modèles sont possibles dès lors qu’ils s’inscrivent dans une relation gagnant-gagnant, un horizon temporel et une réflexion stratégique permettant aux deux partenaires de grandir et se développer ensemble. »

Contenu proposé par APIDATA